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La perturbation des approvisionnements qataris en GNL a contraint l’Union européenne à réorganiser ses flux gaziers en 2026. Parmi les fournisseurs mobilisés pour compenser ce déficit, l’Algérie occupe une place significative, avec une hausse de 1,1 milliard de mètres cubes de ses livraisons à l’UE durant les huit premiers mois de l’année. Cette progression intervient alors que le marché européen reste fortement dépendant des importations de gaz.

Le déficit provoqué par la chute des approvisionnements qataris n’a toutefois pas entraîné, à ce stade, de recul global des importations européennes de gaz. Selon un rapport publié par la plateforme spécialisée « Attaqa.net », les importations de gaz naturel de l’Union européenne, combinant GNL et gaz acheminé par gazoduc, sont restées globalement stables, autour de 200 milliards de m³, entre janvier et août 2026. Cette stabilité masque cependant une recomposition importante des flux : sur les huit premiers mois de l’année, les importations européennes de GNL ont diminué de 3,5 %, tandis que les volumes acheminés par gazoducs ont progressé de 2,5 %. Cette évolution traduit notamment la recherche de solutions alternatives après la forte contraction des volumes qataris.

Le recul des approvisionnements en provenance du Qatar constitue précisément l’un des principaux changements intervenus sur le marché européen. Entre janvier et août, les livraisons de GNL qatari à destination de l’UE ont diminué de 5,1 milliards de m³ sur un an. À cette baisse s’est ajoutée une contraction de 0,7 milliard de m³ des volumes acheminés par gazoducs via la Turquie. Pour compenser ces pertes, plusieurs fournisseurs ont augmenté leurs livraisons : la Norvège arrive en tête avec 3,2 milliards de m³ supplémentaires, suivie des États-Unis avec 1,8 milliard, de la Russie avec 1,5 milliard, de l’Algérie avec 1,1 milliard, du Royaume-Uni avec 1 milliard et du Nigeria avec 0,5 milliard de m³.

Dans ce rééquilibrage, l’Algérie apparaît ainsi comme le quatrième contributeur à la compensation du déficit identifié par l’étude. Sa progression de 1,1 milliard de m³ englobe à la fois les livraisons de GNL et les volumes expédiés par gazoduc, ce qui confirme la capacité du dispositif gazier algérien à mobiliser ses deux principales voies d’acheminement vers le marché européen. Cette évolution revêt une importance particulière pour l’Algérie, dont la proximité géographique avec l’Europe et l’existence de plusieurs infrastructures de transport permettent d’alimenter directement le marché européen par gazoducs, tout en conservant une capacité d’expédition de GNL par voie maritime.

La recomposition des approvisionnements européens reste néanmoins largement dominée par les États-Unis. Selon le rapport, le GNL américain a représenté 60 % des importations européennes de GNL durant les huit premiers mois de 2026, une proportion qui a atteint 70 % au mois d’août, période durant laquelle les importations européennes de GNL ont fortement rebondi, avec une progression de 43 % par rapport à juillet.

Par Selma R.

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