Modernisation du marché du travail: Le gouvernement engage de nouvelles orientations
Pour bâtir un marché du travail moderne, organisé et capable d’absorber les transformations économiques que connaît le pays, l’Algérie mise désormais sur une stratégie transversale où la formation, l’entrepreneuriat, la modernisation de l’emploi et la montée en gamme du tissu économique avancent de manière complémentaire. Construire un marché du travail performant, c’est aussi préparer les bases d’une économie nationale solide et diversifiée. Une vision partagée par trois ministères clés, qui considèrent que la jeunesse, lorsqu’elle est soutenue par des dispositifs adaptés et des opportunités concrètes, constitue le moteur essentiel de la transformation économique en cours.
Le Centre familial de Ben Aknoun a ainsi accueilli, lundi, la première Journée nationale sur l’emploi, la gestion de la prime de chômage et la médiation pour l’accès au travail, un rendez-vous qui a réuni plusieurs membres du gouvernement. Les ministres Abdelhak Saihi, en charge du Travail, Nassima Arhab, responsable de la Formation et de l’Enseignement professionnels, et Amel Abdellatif, en charge du Commerce intérieur, ont exposé une vision commune fondée sur l’accompagnement des jeunes, la formation qualifiante et la dynamisation de l’économie nationale.

Dès l’ouverture des travaux, le ministre du Travail, de l’emploi et de la sécurité sociale, Abdelhak Saihi, a rappelé la place stratégique de la question de l’emploi dans les priorités nationales. « L’emploi n’est pas simplement un dossier social, c’est une condition de stabilité et une clé du développement », a-t-il souligné, précisant que, sous l’impulsion du président de la République, l’État a engagé « des réformes profondes pour orienter les jeunes vers des emplois durables et productifs ». Le ministre a mis en avant les axes structurants de cette modernisation du marché du travail : numérisation de la médiation, transparence des offres d’emploi, lutte contre les formes précaires, amélioration des compétences et renforcement du lien entre entreprises et demandeurs d’emploi. « Nous sommes déterminés à bâtir un marché du travail efficace, organisé et capable de répondre aux aspirations de la jeunesse », a-t-il insisté.
Il a également rappelé le rôle structurant de l’allocation chômage, qui constitue selon lui « un mécanisme de protection sociale, mais aussi une passerelle sécurisée vers l’emploi grâce à la formation et à l’accompagnement ». À cet égard, le ministre a mentionné que l’État a alloué plus de 420 milliards de dinars (DZD) pour la seule allocation chômage, en plus d’une enveloppe budgétaire conséquente pour accompagner la récente augmentation de la prime, passée de 15 000 DZD à 18 000 DZD. Cette mobilisation de moyens financiers reflète l’engagement continu de l’État à maintenir son caractère social et à garantir la stabilité des différentes catégories de la société.
La formation professionnelle, pilier essentiel de l’insertion
La ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, Nassima Arhab, a ensuite mis en lumière la contribution déterminante de son secteur dans la construction d’un marché de l’emploi robuste. Elle a rappelé que son département dispose d’un réseau de plus de 1 100 établissements et de 16 centres d’excellence accueillant plus de 460 000 apprenants en 2025. La réforme engagée vise à adapter l’offre de formation aux besoins réels de l’économie. « Notre mission est de former des compétences capables de s’insérer durablement dans le monde du travail et de s’orienter vers l’entrepreneuriat », a-t-elle déclaré, en soulignant l’intégration croissante des technologies modernes, des compétences numériques et des métiers d’avenir.
Les résultats obtenus témoignent de l’efficacité de cette orientation : 295 073 diplômés ont été insérés dans le marché du travail au cours des cinq dernières années, et le taux d’insertion des nouveaux diplômés atteint désormais 62 %. De plus, l’offre de formation s’est enrichie de 500 spécialités réparties sur 23 filières, dont 32 nouvelles liées à l’intelligence artificielle, à l’économie verte et aux énergies renouvelables. Pour la ministre, la priorité est de renforcer les partenariats avec les entreprises.
Le commerce intérieur, moteur émergent de création d’emplois
La ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national, Amel Abdellatif, a pour sa part souligné la contribution croissante de son secteur à la dynamique de l’emploi. Elle a rappelé que l’essor des espaces commerciaux, des réseaux de distribution, de la logistique et du commerce électronique fait aujourd’hui de ce secteur « un véritable réservoir d’emplois pour les jeunes ». Les chiffres confirment cette tendance : plus de 230 000 nouveaux registres de commerce ont été délivrés aux personnes physiques depuis 2020, portant à 606 824 le nombre d’entreprises dirigées par des jeunes âgés de 18 à 38 ans. Chez les personnes morales, plus de 60 000 nouvelles sociétés ont été créées depuis 2020, dont 79 480 pilotées par cette même tranche d’âge.
« Les jeunes sont aujourd’hui la force motrice du dynamisme commercial et de l’initiative économique », a affirmé la ministre, tout en soulignant que la transition numérique ouvre devant eux des opportunités inédites, notamment dans le commerce électronique. Elle a également annoncé la réhabilitation de plus de 200 marchés de proximité, en partenariat avec les collectivités locales, afin de lutter contre le commerce informel et de créer un environnement structuré et porteur d’emplois. Cette démarche est appuyée par l’organisation de 47 salons commerciaux cette année, dont 40 internationaux, qui ont constitué des plateformes essentielles pour les jeunes entrepreneurs en quête de visibilité et de partenariats.
Par Adem A.
