16/04/2024
AUTOMOBILE

NOUVELLE TOYOTA PRIUS (2023): Que vaut-elle en plug-in hybride ?

Plateforme, moteurs, design : la Prius 2023 change tout. De philosophie, surtout ! À la sobriété légendaire, elle promet d’ajouter dorénavant le plaisir et les performances. Promesses tenues ? En attendant sa commercialisation, prévue pour juin 2023, l’Auto-Journal est allé chercher des réponses au volant d’un exemplaire de pré-série…

Il aura fallu un quart de siècle à la Prius pour se débarrasser de son apparence disons… singulière, devenue le symbole d’une forme d’écologisme aussi enthousiasmante, pour les “bagnolards”, qu’un steak de soja dans l’assiette d’un amateur de viande rouge.

Cela ne l’a pas empêchée de rencontrer un succès phénoménal sur notre planète surchauffée : 6 millions d’exemplaires depuis 1997. Respect! Mais depuis quelque temps, elle n’est plus la seule à mixer pétrole et électricité.

L’offre s’est suffisamment étoffée, ces dernières années (y compris chez Toyota d’ailleurs, avec la Corolla “h”), pour que l’automobiliste soucieux de réduire ses émissions de gaz à effet de serre ne soit plus obligé de s’afficher au volant d’une berline aussi ostensiblement “militante”.

Les ventes de la Prius fléchissent depuis 2016. D’où l’urgence pour Toyota de revoir sa copie. Nouvelle plateforme, nouvelle motorisation (hybride rechargeable, uniquement, pour le marché européen) et nouveau look : Toyota est cette fois reparti d’une feuille blanche…

Autrefois raillée pour son physique, la plus célèbre des hybrides peut désormais prétendre au titre de la plus belle voiture de l’année… Exit la lourdaude berline tricorps actuelle : la Prius 2023 prend des allures de coupé, avec son pare-brise ultra-incliné, ses poignées de porte arrière camouflées, ses porte-à-faux réduits et ses ailes délicieusement gonflées (+ 2,2  cm).

Un dessin empreint de dynamisme, la nippone perdant en hauteur (1,42 m) comme en longueur (4,60 m) ce qu’elle gagne en empattement (2,75 m), c’est-à-dire 5 cm. Ces nouveaux canons ne sont évidemment pas sans conséquences sur le volume habitable.

Aspects pratiques sacrifiés sur l’autel du style

Sans surprise, avec davantage d’espace entre les essieux, les genoux des passagers installés sur la banquette restent à bonne distance des sièges avant. Pas besoin de jouer des coudes, même si la place centrale ne convient guère à un adulte  Gare en revanche à la hauteur sous plafond !

Courbage d’échine obligatoire pour les personnes mesurant plus de 1,80 m, à cause du pavillon surbaissé. Autre point faible pour une voiture à vocation familiale, le coffre de 284 dm3. Un volume inférieur à celui de la plupart des citadines.

Et pas le moindre rangement sous le plancher pour y glisser ne seraitce qu’une trousse de toilette. Ses concepteurs ne s’en cachent pas : les aspects pratiques ont été sacrifiés sur l’autel du style. Pas sûr que les taxis, gros consommateurs de Prius, restent sur la même longueur d’onde !

 

101 CH DE PLUS AU MENU

Difficile également de ne pas faire la moue en découvrant l’habitacle, nettement moins sexy que l’extérieur. D’autant que l’aspect des plastiques n’est pas franchement flatteur. C’est dur et ça sonne creux ! Seule la partie supérieure du tableau de bord profite d’un revêtement tendre.

Un peu “just” de la part d’une voiture que Toyota nous vend à présent comme une gravure de mode aux accents premium. Fort heureusement, la grande tablette centrale de 12,3 pouces confère une touche de modernité à l’ensemble, avec des interfaces agréables, réactives et intuitives.

Bon point aussi aux commandes de climatisation autonomes, faciles d’accès. La Prius 5 fait aussi sa révolution mécanique. 101 ch de plus au menu : elle ne boxe plus dans la même catégorie. L’actuelle Prius hybride rechargeable se contente de 122 ch.

A la chasse des VW hybrides rechargeables ?

La nouveauté, qui prendra sa place au mois de juin, double quasiment la mise grâce à un inédit 4 cylindres de 148 ch, associé à un moteur synchrone de 163 ch, alimenté par une batterie lithium-ion de 13,6 kWh de capacité brute (8,8 kWh auparavant). Puissance combinée : 223 ch.

De quoi enquiquiner les compactes hybrides rechargeables des groupes Volkswagen (Audi A3, Seat Leon, Skoda Octavia, VW Golf : 204 ch) et Stellantis (DS 4, Peugeot 308, Opel Astra : 225 ch), avec des performances qui n’ont plus rien à voir avec celles de ses neurasthéniques aînées…

En témoigne son excellent chrono annoncé (6,7 s) sur l’épreuve du 0 à 100 km/h, digne d’une Renault Clio R.S. Reprises vigoureuses, freinage facile à doser, direction plus directe, train avant accrocheur (jusqu’à certaines limites tout de même, cette berline tutoyant les 1 600 kg), mouvements de caisse maîtrisés et amortissement douillet, malgré des roues de 19 pouces sur notre voiture de présérie : la nouvelle Prius nous a servi son lot de bonnes surprises lors de cette première prise en main.

L’instrumentation numérique exige des yeux de Lynx

Réjouissant, après tant d’années de conduite soporifique… Il n’en reste pas moins quelques défauts héréditaires : la boîte eCVT est toujours aussi pressée d’envoyer le moteur se dégourdir les bielles dans les tours, lorsqu’on presse un peu trop vigoureusement la pédale d’accélérateur.

Ce phénomène d’emballement est, heureusement, moins incommodant que jadis. Mais le conducteur peste surtout contre le manque de simplicité de certaines commandes qui l’oblige à jongler longuement avec les boutons au volant pour intervenir sur les aides à la conduite ou moduler l’intensité du freinage régénératif (3 niveaux).

L’instrumentation numérique, qui s’affiche sur un petit écran de 7 pouces éloigné du conducteur, exige des yeux de lynx, quand elle ne disparaît pas en partie derrière le volant, selon la taille du conducteur et sa position de conduite.

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