18/05/2026
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Paiement électronique: En finir avec le cash et consolider l’inclusion financière

Longtemps dominée par l’usage du cash, l’économie algérienne amorce aujourd’hui un tournant décisif en matière de paiements électroniques. Grâce à la transformation numérique et aux réformes engagées ces dernières années, les transactions dématérialisées gagnent progressivement du terrain, soutenues par l’évolution des usages, le cadre réglementaire et l’implication croissante des acteurs bancaires et technologiques.

L’Algérie n’est plus dans une phase d’expérimentation, mais dans une phase de consolidation du paiement électronique. Cette évolution s’inscrit dans une dynamique de long terme. Les cartes de paiement, locales et internationales, sont présentes en Algérie depuis plus de trois décennies. Le véritable tournant est toutefois intervenu avec la structuration du paiement en ligne à partir de 2016, après la promulgation de la loi relative au commerce électronique. « Ce cadre juridique a permis l’émergence d’un véritable écosystème de vente en ligne, soutenu notamment par les startups », a souligné Aïssa Toufik, directeur du pôle homologation et certification au sein du GIE Monétique, rappelant que l’usage du paiement électronique a progressivement gagné des couches plus larges de la société.

Aujourd’hui, l’Algérie aborde une nouvelle étape avec le développement du paiement mobile. Le smartphone, devenu un outil omniprésent dans la vie quotidienne, s’impose comme un support naturel pour les transactions financières. Dans ce contexte, la solution « DZ Mob Pay » a été lancée, présentée comme une expérience entièrement algérienne. « Il s’agit d’un outil simple, sécurisé et interopérable, qui permet aussi bien les transferts entre particuliers que les paiements chez les commerçants », a expliqué le responsable du GIE Monétique à la télévision algérienne. Le principe est clair : payer sans espèces ni carte, directement via le téléphone, quel que soit l’établissement bancaire du client ou du commerçant.

Sur le plan technique, les avancées sont réelles. Selon Aïssa Toufik, près de 95 à 96 % des transactions électroniques en Algérie se déroulent aujourd’hui de manière fluide et conforme aux standards internationaux. « Les plateformes déployées par les banques, Algérie Poste et les opérateurs monétiques nationaux répondent aux normes mondiales en matière de sécurité et de fiabilité », a-t-il affirmé, tout en précisant que l’amélioration continue reste indispensable pour renforcer davantage la confiance des citoyens. La question de la confiance demeure en effet centrale.

Le responsable a rappelé que les systèmes de paiement internationaux, tels que Visa ou Mastercard, ont bénéficié de plusieurs décennies d’évolution pour s’imposer. « En Algérie, nous avons rattrapé une grande partie de ce retard technologique en un temps relativement court », a-t-il estimé, soulignant que la sécurisation des transactions constitue désormais un acquis, même si la pédagogie reste nécessaire pour lever les réticences d’une partie de la population. Au-delà de l’aspect technologique, le paiement électronique est un levier structurant de l’inclusion financière.

« Toutes les catégories sociales sont aujourd’hui concernées par le numérique, qu’il s’agisse de l’éducation, des services publics ou du commerce », a insisté Aïssa Toufik. Selon lui, le développement des paiements dématérialisés permet d’intégrer progressivement les catégories à revenus modestes et intermédiaires dans le circuit financier formel, condition essentielle pour un développement économique plus équilibré.

L’enjeu est également économique. Tant que le paiement électronique se limite aux recharges téléphoniques ou aux transferts ponctuels, son impact reste limité. « Le véritable saut qualitatif réside dans la généralisation des paiements électroniques au niveau des transactions commerciales », a affirmé Aïssa Toufik. Cette dynamique est appelée à soutenir les petites et moyennes entreprises, les startups et le commerce de proximité, en accélérant les flux financiers, en améliorant la traçabilité et en stimulant la productivité.

Alors, où en est l’Algérie aujourd’hui ? Le pays a incontestablement franchi des étapes structurantes et dispose désormais des infrastructures essentielles. Le défi n’est plus tant technologique que culturel et économique. « Nous sommes dans une phase où il faut accélérer l’adoption, élargir les usages et inscrire durablement le paiement électronique dans le quotidien des citoyens et des entreprises », a conclu Aïssa Toufik. Une condition incontournable pour réussir la transition vers une économie plus moderne, plus inclusive et moins dépendante du cash.

Par M. A.

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