Production du pois chiche: L’Algérie enregistre des performances croissantes
Dans un contexte mondial marqué par une forte demande en légumineuses, l’Algérie confirme son ancrage dans la filière, en particulier dans la production de pois chiche. Le pays se positionne aujourd’hui comme le deuxième producteur arabe derrière le Soudan, avec une production estimée à 40 000 tonnes.

Apprécié depuis des millénaires dans les cuisines du bassin méditerranéen et du Moyen-Orient, le pois chiche connaît une importance croissante en raison de ses qualités nutritionnelles et de son rôle clé dans les systèmes agricoles durables. Si l’Inde domine largement le marché mondial avec plus de 12 millions de tonnes produites en 2023, plusieurs pays arabes conservent une place notable dans cette filière, parmi lesquels l’Algérie se distingue par ses résultats en progression constante.
Selon les dernières données de la FAO, cette performance intervient dans un marché mondial en pleine expansion. Le volume global du secteur a atteint 21,5 millions de tonnes en 2024 et devrait dépasser 32 millions de tonnes à l’horizon 2033. Cette croissance est portée par la demande accrue en protéines végétales, une meilleure prise de conscience nutritionnelle et l’essor des aliments prêts à consommer. Dans ce contexte, le pois chiche s’impose comme un produit stratégique, tant sur le plan économique que nutritionnel.
En Algérie, la culture du pois chiche bénéficie des conditions agro-climatiques favorables des hautes plaines et de certaines zones semi-arides, où cette légumineuse trouve un terrain particulièrement adapté. Sa résistance à la sécheresse, son faible besoin en intrants et sa capacité à enrichir le sol grâce à la fixation de l’azote en font un véritable atout pour l’agriculture nationale, notamment dans les stratégies visant à restaurer la fertilité des sols et à développer des cultures résilientes. Au-delà de ses avantages agronomiques, le pois chiche occupe une place centrale dans l’alimentation algérienne. Présent dans de nombreuses recettes traditionnelles, des chorbas aux plats mijotés, il reste très demandé, ce qui renforce la nécessité d’accroître la production locale dans un contexte où plusieurs pays du Moyen-Orient dépendent fortement des importations pour répondre à leurs besoins.
Si le Soudan domine le marché arabe avec près de 100 000 tonnes produites, l’Algérie et le Yémen, suivis de la Syrie et du Maroc, composent un pôle agricole important au Maghreb et au Moyen-Orient. Cette dynamique régionale s’inscrit dans un marché mondial de plus en plus compétitif, marqué par l’émergence de nouveaux exportateurs comme la Turquie, l’Australie ou encore le Mexique.En consolidant sa production, l’Algérie pourrait non seulement renforcer sa souveraineté alimentaire, mais également réduire sa dépendance vis-à-vis des marchés internationaux et saisir les opportunités offertes par la demande mondiale croissante en protéines végétales. Culture ancienne mais plus que jamais stratégique, le pois chiche pourrait ainsi contribuer davantage à la diversification agricole recherchée par le pays.
Par M. A.
