Le secteur de l’hydraulique prévoit de consacrer une enveloppe de 44 milliards de dinars, en 2027, au renouvellement des réseaux d’alimentation en eau potable (AEP) à travers les différentes wilayas du pays.
Cette opération s’inscrit dans le cadre du renforcement de la sécurité hydrique et de l’amélioration du service public de l’eau, notamment à travers la réduction des pertes sur les réseaux et la modernisation des infrastructures de distribution.
L’annonce a été faite lundi à Tlemcen par le ministre de l’Hydraulique, Lounès Bouzegza, qui a indiqué qu’un programme de renouvellement des anciennes canalisations sera engagé progressivement, en accordant une attention particulière aux vieux quartiers. L’objectif est de remédier aux fuites, de mettre fin aux raccordements anarchiques et de corriger les dysfonctionnements affectant les réseaux. Selon le ministre, 15 wilayas ont déjà bénéficié d’opérations similaires. Ce programme de renouvellement vise notamment à réduire les fuites et améliorer la distribution de l’eau potable. Dans cette perspective, le ministre a insisté sur la formation des ressources humaines afin d’accompagner la modernisation du secteur, notamment en matière de gestion intelligente des installations et de contrôle à distance des équipements.
Parallèlement à la rénovation des réseaux, le département de l’Hydraulique entend renforcer les capacités nationales de stockage. À ce titre, Lounès Bouzegza a fait état de plusieurs projets de réalisation de barrages, ainsi que de l’inscription de 30 nouvelles études en vue de la construction de nouveaux ouvrages. L’Algérie dispose actuellement de 83 barrages, dont la capacité annuelle de stockage est estimée à 8,6 milliards de mètres cubes.
Le développement des transferts d’eau figure également parmi les axes de cette stratégie. Le ministre a ainsi annoncé le lancement prochain d’un projet de transfert depuis la station de dessalement de l’eau de mer de Cap Djinet 2, dans la wilaya de Boumerdès, vers le barrage de Koudiat Acerdoune, à Bouira. Supervisée par l’Algérienne des eaux (ADE), cette opération permettra de renforcer l’approvisionnement de plusieurs wilayas, notamment Bouira, Médéa, M’Sila et une partie de Tizi Ouzou.
Un projet structurant pour Sétif
Cette dynamique de renforcement des infrastructures hydrauliques s’est également illustrée mardi à Sétif, où le ministre a donné le coup d’envoi des travaux du projet d’alimentation en eau potable de la ville d’El Eulma et de 15 autres communes du nord-est de la wilaya, à partir du barrage de Draâ Eddis.
Mobilisant un investissement public de 18 milliards de dinars, ce projet prévoit la distribution d’environ 166.000 mètres cubes d’eau par jour. Il permettra de répondre aux besoins de près de 600.000 habitants, un nombre appelé à atteindre environ 750.000 à l’horizon 2040.
Selon Lounès Bouzegza, les travaux devront être achevés dans un délai inférieur à 15 mois. Il a précisé que les mesures préliminaires, notamment la sélection des entreprises chargées de la réalisation, ont été finalisées, insistant sur la nécessité d’assurer un suivi permanent du chantier afin de respecter les délais fixés.
Le projet vise à combler le déficit enregistré dans l’approvisionnement en eau potable dans la partie nord-est de la wilaya et à améliorer la continuité du service public. Il s’inscrit dans une stratégie reposant sur la diversification des sources d’approvisionnement, avec le recours à l’eau dessalée pour renforcer la partie nord de la wilaya et aux forages pour répondre aux besoins de la partie sud.
Synthèse Z R.



