Tourisme saharien: Cap sur 1,5 million de visiteurs à l’horizon 2028
Le ministère du Tourisme et de l’Artisanat a tenu une rencontre nationale consacrée à l’évaluation de la saison du tourisme saharien 2025-2026, dans un contexte marqué par une dynamique jugée positive dans les régions du Grand Sud. Présidée par la ministre, Houria Meddahi, cette réunion a permis de dresser un bilan détaillé de la saison écoulée et de tracer les perspectives de développement d’un segment stratégique pour la diversification de l’économie nationale.

Dès l’ouverture des travaux, plusieurs présentations ont mis en lumière l’évolution de l’activité touristique dans les trois grands pôles sahariens du pays : Sud-Est, Sud-Ouest et Sud-Centre. Les représentants des directions locales du tourisme et de l’artisanat ont livré une analyse globale des indicateurs enregistrés à travers les wilayas du Sud, mettant en avant une progression de la fréquentation ainsi qu’une amélioration relative des performances sur le terrain. En parallèle, l’état des lieux de l’artisanat a été abordé à travers plusieurs communications, soulignant les efforts engagés pour valoriser ce secteur étroitement lié à l’attractivité touristique.
La question de l’investissement a occupé une place centrale dans les échanges. Les responsables du ministère ont détaillé les opportunités offertes aux porteurs de projets ainsi que les mécanismes d’accompagnement existants. L’accent a été mis sur la nécessité d’accélérer la concrétisation des projets afin de renforcer les capacités d’hébergement, encore jugées insuffisantes dans certaines zones à fort potentiel. Dans le même sillage, les représentants du groupe public « Hôtellerie, Tourisme et Thermalisme » ont évoqué les perspectives de modernisation du parc hôtelier public, avec pour objectif d’améliorer la qualité des prestations et de répondre aux standards internationaux.
Au-delà des infrastructures, la professionnalisation des métiers du tourisme a également été au cœur des débats. Une vision prospective du système de guidage touristique en Algérie a été présentée par l’expert Zouheir Mekdad, qui a plaidé pour une transition vers un modèle plus structuré et institutionnalisé. Selon lui, la montée en compétence des guides constitue un levier essentiel pour améliorer l’expérience des visiteurs et valoriser les richesses culturelles et naturelles du Sahara.
La numérisation s’impose par ailleurs comme un axe stratégique incontournable. Les responsables du ministère ont souligné l’apport croissant des outils digitaux dans la gestion des établissements touristiques, la collecte des données statistiques et la promotion des destinations. Dans ce cadre, la startup Discover Ghardaia a présenté une expérience innovante axée sur le tourisme réceptif dans les wilayas du Sud, illustrant le potentiel des solutions numériques pour renforcer la visibilité de la destination saharienne, notamment auprès des clientèles étrangères.

Les discussions ont également permis de mettre en exergue le rôle clé de l’artisanat dans l’écosystème touristique. Les intervenants ont insisté sur la nécessité de mieux intégrer les produits artisanaux dans les circuits touristiques, en valorisant leur authenticité et en soutenant les artisans locaux. Cette synergie entre tourisme et artisanat est perçue comme un facteur déterminant pour renforcer l’attractivité des territoires sahariens.
Dans son allocution, la ministre a rappelé que le secteur s’inscrit désormais dans une nouvelle phase, encadrée par le plan d’action triennal 2026-2028. L’objectif affiché est ambitieux : atteindre 1,5 million de touristes dans les régions du Sud à l’horizon 2028. Pour y parvenir, elle a insisté sur la nécessité de diversifier l’offre touristique, notamment à travers le développement de nouveaux circuits reliant le littoral, les villes culturelles et les espaces sahariens.
Elle a également mis en avant le potentiel de destinations phares telles que Tamanrasset, Djanet et Illizi, qui concentrent l’essentiel des flux touristiques grâce à leurs paysages exceptionnels et leur forte identité culturelle. Ces régions sont appelées à jouer un rôle moteur dans la stratégie nationale de développement du tourisme saharien. La ministre a par ailleurs insisté sur l’importance de la formation pour accompagner la montée en gamme du secteur. Le renforcement des compétences des ressources humaines, l’amélioration de la qualité des services et la professionnalisation des acteurs sont autant de conditions nécessaires pour répondre aux attentes d’une clientèle de plus en plus exigeante.
Enfin, la réussite de cette stratégie repose sur une meilleure coordination Entre les différents acteurs, tant au niveau de l’administration centrale que locale, ainsi qu’avec les opérateurs économiques, notamment les agences de voyages, les établissements hôteliers et les organisations professionnelles.
À l’issue de la rencontre, plusieurs recommandations ont été formulées, portant notamment sur le soutien à l’investissement, l’amélioration des services et le renforcement de la gouvernance sectorielle. En clôture, Houria Meddahi a appelé à mobiliser l’ensemble des acteurs dès à présent pour préparer la prochaine saison touristique saharienne, dans une logique de continuité et d’amélioration. Elle a salué les efforts consentis par les différents intervenants, tout en soulignant que le défi reste de consolider la place du Sahara algérien comme une destination touristique de référence, à l’échelle nationale et internationale.
Par Réda Hadi
