Zones industrielles : Un levier stratégique pour relancer l’investissement
Dans un contexte de mutation économique marqué par la volonté de réduire la dépendance aux hydrocarbures, l’Algérie place la réhabilitation et le développement des zones industrielles au cœur de sa stratégie de relance. En visite de travail à Sidi Bel-Abbès, le ministre de l’Industrie, Yahia Bachir, a réaffirmé l’importance de renforcer l’attractivité de ces espaces productifs, considérés comme des leviers essentiels pour stimuler l’investissement, diversifier l’économie et générer des emplois durables.

Accompagné des autorités locales, le ministre a inspecté le projet d’extension de la zone industrielle de Sidi Bel-Abbès, une initiative qui s’inscrit dans une politique nationale plus large visant à moderniser le foncier industriel et à corriger les déséquilibres hérités du passé. Sur le terrain, Yahia Bachir a insisté sur la nécessité d’accélérer l’aménagement et l’exploitation effective des zones industrielles, en les dotant de toutes les infrastructures nécessaires, notamment les réseaux d’électricité, de gaz, d’eau et de fibre optique.
Cette orientation traduit une évolution notable dans la politique industrielle du pays. Longtemps confrontées à des contraintes liées à la bureaucratie, au manque d’aménagement ou à l’inactivité de nombreux lots attribués, les zones industrielles font désormais l’objet d’une refonte structurelle. L’objectif est clair : transformer ces espaces en véritables pôles de compétitivité capables d’attirer les investisseurs nationaux et étrangers.
Le ministre a également mis en avant la nécessité de soutenir l’investissement productif et de promouvoir la diversification des activités industrielles. Dans ce cadre, il a appelé à encourager les projets liés à la sous-traitance, à la fabrication de pièces de rechange pour véhicules, ainsi qu’au développement de l’industrie électronique. Des filières jugées stratégiques, notamment en raison de leur potentiel d’intégration locale et de création de valeur ajoutée.

Le projet d’extension de la zone industrielle de Sidi Bel-Abbès illustre cette dynamique. S’étendant sur une superficie de 54 hectares, il comprend 88 lots, dont 46 dédiés à l’investissement. Une enveloppe financière de plus de 1,5 milliard de dinars a été mobilisée pour son aménagement, témoignant de l’engagement de l’État à créer un environnement favorable à l’initiative économique.
Au-delà des infrastructures, la politique des zones industrielles repose également sur une meilleure gouvernance et une rationalisation de la gestion du foncier. Les autorités s’orientent vers une logique de transparence et d’efficacité, avec pour objectif de lutter contre la spéculation et de récupérer les terrains non exploités. Cette approche vise à garantir que les zones industrielles bénéficient réellement aux porteurs de projets sérieux et créateurs de richesse.
La visite du ministre a également été l’occasion de mettre en lumière certaines expériences industrielles locales. À l’entreprise privée « Famag Sonalika », spécialisée dans le montage de tracteurs agricoles, Yahia Bachir a encouragé le renforcement des capacités de production et la coordination avec les services du ministère. Avec une capacité annuelle de 5.000 tracteurs, cette unité représente un exemple concret de développement industriel orienté vers le soutien au secteur agricole.
Dans le secteur public, l’entreprise nationale des industries électroniques (ENIE) a également retenu l’attention du ministre. Leader national dans la fabrication d’équipements électroniques, l’ENIE est appelée à renforcer sa compétitivité à travers des partenariats efficaces et une montée en gamme de ses produits. Le développement de la recherche et de l’innovation constitue, à cet égard, un axe prioritaire, comme en témoigne l’existence d’un laboratoire de recherche doté de compétences hautement qualifiées.
Par ailleurs, la visite à l’entreprise nationale de production d’engins de récolte a permis de souligner l’importance de la formation dans la réussite de la politique industrielle. Le ministre a insisté sur la nécessité de former des conducteurs capables de maîtriser les équipements modernes, afin d’optimiser leur utilisation et de prolonger leur durée de vie.
Au final, la stratégie des zones industrielles en Algérie s’inscrit dans une vision globale de transformation économique. Elle repose sur plusieurs piliers : modernisation des infrastructures, amélioration du climat des affaires, promotion de l’investissement productif et développement du capital humain. Si des défis persistent, notamment en matière de gouvernance et de financement, les efforts engagés traduisent une volonté claire des pouvoirs publics de faire de l’industrie un moteur central de la croissance. Dans cette perspective, les zones industrielles ne sont plus de simples espaces d’implantation, mais de véritables outils de politique économique, appelés à jouer un rôle structurant dans la construction d’un tissu industriel diversifié et compétitif.
Par Réda Hadi
