15/04/2026
ACTUALITENATIONAL

Investissement : 67 milliards de dollars de projets enregistrés par l’AAPI

À fin mars 2026, l’Agence Algérienne de Promotion de l’Investissement (AAPI) a recensé 21 087 projets d’investissement, pour un montant global de 8 945,8 milliards de dinars, soit près de 67 milliards de dollars, avec un potentiel de plus de 520 000 emplois. Au-delà de leur ampleur, ces chiffres traduisent une dynamique de fond : l’intérêt croissant des investisseurs, notamment étrangers, et la montée en puissance de nouvelles approches visant à mieux structurer et orienter les flux d’investissement.

Cette évolution confirme le regain d’attractivité de l’économie nationale. Entre réformes du foncier, simplification des procédures et amélioration du climat des affaires, l’Algérie semble amorcer un nouveau cycle, avec l’ambition de transformer ce potentiel en réalisations concrètes. Dans un entretien accordé au quotidien nationale “Eco Times”, le directeur général de l’AAPI, Omar Rekkache, a souligné cette tendance : « Nous enregistrons une progression soutenue qui traduit un intérêt réel pour le marché algérien». Il met en avant une transformation progressive de l’environnement des affaires, fondée sur « plus de transparence, de lisibilité et de simplification des procédures ».

L’investissement étranger constitue l’un des marqueurs les plus significatifs de cette dynamique. À fin mars, 337 projets impliquant des partenaires internationaux ont été recensés, pour un montant de 1 385 milliards de dinars, soit plus de 10 milliards de dollars, avec près de 45 000 emplois directs attendus. Majoritairement orientés vers l’industrie, ces projets confirment le repositionnement de l’Algérie comme destination crédible pour les capitaux internationaux, notamment dans les segments à forte valeur ajoutée.

Pour Omar Rekkache, cette évolution répond à une stratégie assumée : « Nous avons adopté une nouvelle approche pour structurer le flux des investissements et mieux les orienter vers les priorités nationales », en privilégiant les projets à fort impact en matière de substitution aux importations, d’intégration industrielle et de transfert de technologie.

Toutefois, cette dynamique se heurte encore à des contraintes structurelles, au premier rang desquelles figure la question du foncier économique. Dans plusieurs wilayas à forte attractivité, telles qu’Alger, Tipaza, Blida ou Boumerdès, la disponibilité des terrains constitue un véritable frein. « Dans certaines régions, l’offre foncière est quasi inexistante », a reconnu le responsable, soulignant l’impact de cette contrainte sur la concrétisation des projets. Face à cette situation, les pouvoirs publics ont engagé une réorganisation de la gestion du foncier, fondée sur une distinction entre l’aménagement des zones et leur attribution, avec la création d’agences spécialisées.

Une réforme jugée essentielle par Omar Rekkache pour « rationaliser l’accès au foncier et garantir une allocation conforme aux priorités économiques de l’État ». Parallèlement, l’AAPI s’emploie à rééquilibrer la carte de l’investissement en orientant les projets vers des wilayas disposant de réserves foncières, à l’image de Oran, Mostaganem, Ouargla ou Tamanrasset.

Outre le foncier, d’autres contraintes persistent, notamment en matière de financement et de procédures administratives. Les opérateurs évoquent les délais de traitement des crédits, leur coût et la complexité des autorisations. « Un travail important reste à mener pour simplifier les démarches, en particulier celles liées aux agréments et aux autorisations », a admis le DG de l’AAPI.

Dans ce contexte, la mise en place prochaine du guichet unique de l’investissement devrait constituer un tournant, en centralisant les procédures et en réduisant les délais. Plus qu’un simple indicateur quantitatif, les 21 087 projets enregistrés traduisent ainsi une mutation progressive du modèle économique national, où l’investissement, notamment international, est appelé à jouer un rôle moteur. Comme l’a résumé Omar Rekkache : « L’Algérie est engagée dans une dynamique de transformation visant à bâtir une économie plus diversifiée, compétitive et ouverte sur le monde».

Par S. R.

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