15/04/2026
ACTUALITENATIONAL

La nouvelle architecture de l’investissement prend forme : Le climat des affaires fait sa grande mue

Le passage vers une économie diversifiée et compétitive constitue désormais la priorité de la nouvelle vision économique portée par le président Abdelmadjid Tebboune. En plaçant l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI) au sommet de l’édifice institutionnel, l’Algérie se dote des outils nécessaires pour concrétiser sa sortie de la dépendance énergétique. Cette transformation vise à bâtir un modèle fondé sur l’initiative et la production nationale afin de garantir une croissance solide et pérenne.

Cette nouvelle architecture pose les bases d’un environnement plus lisible et transparent. Si la mue n’est pas totalement achevée, les indicateurs convergent vers une tendance claire : celle d’un climat des affaires en pleine recomposition où la confiance commence à se reconstruire. Dans cette trajectoire, l’enjeu dépasse la seule attractivité pour viser une redéfinition profonde du modèle de développement national.  Lors d’une intervention à la télévision algérienne, le directeur général de l’AAPI, Omar Rekkache, a souligné le caractère stratégique de ces réformes. « L’amélioration du climat de l’investissement constitue aujourd’hui une priorité de la gestion économique nationale », a-t-il affirmé, précisant que cette évolution a conduit à une reconfiguration complète de la gouvernance. Dans ce nouveau schéma, l’AAPI assume un rôle de pivot central, combinant la promotion, l’accompagnement des porteurs de projets et la gestion directe du foncier économique.

Ce redéploiement se traduit déjà par une progression chiffrée remarquable. Rien qu’au premier trimestre 2026, plus de 2 100 projets ont été enregistrés pour un volume de 629 milliards de dinars. Depuis 2023, le bilan consolidé dépasse les 21 000 projets, représentant 9 000 milliards de dinars. Pour Omar Rekkache, ces résultats sont « un indicateur tangible de la confiance retrouvée des investisseurs ». Toutefois, l’accent est désormais mis sur l’exécution réelle : plus de la moitié des projets sont en cours de réalisation et 1 300 unités sont déjà opérationnelles. « Nous ne nous contentons pas d’enregistrer des intentions. Ce qui compte, c’est ce qui se concrétise sur le terrain », a-t-il martelé.

Cette volonté de rupture avec les méthodes du passé s’appuie largement sur la numérisation. Le responsable a souligné que la nouvelle plateforme de gestion du foncier garantit désormais « une transparence totale », permettant à chaque opérateur de suivre les attributions en temps réel. Cette approche pragmatique s’étend à la simplification des démarches au sein du guichet unique, afin que « l’investisseur doit pouvoir obtenir ses autorisations directement, sans multiplication des interlocuteurs ». Sur la question cruciale du financement, le patron de l’AAPI a rappelé la responsabilité des porteurs de projets. Il a expliqué que « le financement obéit à des règles de rentabilité » et qu’en conséquence, « un projet viable trouve toujours un accompagnement ». La crédibilité du système est par ailleurs renforcée par les mécanismes de recours placés sous l’égide de la Présidence, qu’il qualifie de « garantie forte d’équité et de crédibilité ».

Malgré ces avancées, Omar Rekkache ne nie pas les obstacles persistants, souvent liés à des études insuffisamment mûries ou à des montages financiers fragiles. Selon lui, la transition vers une économie productive exige avant tout un changement de culture. « L’investissement ne peut plus être perçu comme une opportunité opportuniste, mais comme un engagement structuré et durable », a-t-il prévenu, concluant ainsi sur la nécessité de maintenir cette rigueur pour inscrire l’Algérie parmi les économies émergentes.

Par Selma R.

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