15/04/2026
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Géants mondiaux du zinc et du plomb: L’Algérie s’incruste dans le top 10

Le paysage minier mondial est en pleine recomposition, porté par l’essor de la transition énergétique et la montée en puissance des métaux dits critiques. Dans ce contexte, Algérie franchit un cap stratégique en intégrant le cercle restreint des grands producteurs mondiaux de zinc et de plomb. L’entrée en exploitation du gisement de Tala Hamza, situé dans la région d’Oued Amizour, près de Béjaïa, marque un tournant majeur dans l’histoire minière nationale.

Ce projet d’envergure propulse directement le pays dans le top 10 mondial, avec une capacité de production annuelle estimée à 170 000 tonnes. Une performance qui place ce site au septième rang mondial, au même niveau que des références internationales comme le gisement de Tara, selon la plateforme spécialisée « Attaqa.net ». Désormais, la carte mondiale du secteur, longtemps dominée par des géants tels que Rampura Agucha ou Red Dog, doit compter avec l’irruption de l’Algérie. Le gisement de Tala Hamza est estimé à 54 millions de tonnes, dont 34 millions immédiatement exploitables, ce qui hisse l’Algérie parmi les trois premières nations mondiales en termes de réserves de zinc. La qualité du minerai, composé à 78 % de zinc et à 22 % de plomb, confère au projet une viabilité économique solide et durable, renforçant sa compétitivité sur le marché international.

Cette percée repose également sur un nouveau modèle de partenariat. Le projet est développé par une société mixte associant le groupe public Sonarem et l’entreprise Terramin Australia. L’investissement global atteint 471 millions de dollars, avec une participation majoritaire de 51 % détenue par la partie algérienne, garantissant ainsi la souveraineté nationale sur les ressources tout en bénéficiant d’un transfert de savoir-faire technique. Les retombées attendues ne se limitent pas aux performances financières, estimées à près de 60 millions de dollars de revenus annuels. Le projet devrait également générer un impact socio-économique significatif dans la région de Béjaïa, en créant de l’emploi et en stimulant l’activité industrielle locale. Il s’inscrit, de ce fait, dans la stratégie nationale visant à diversifier l’économie et à réduire la dépendance aux hydrocarbures.

Au niveau mondial, l’enjeu dépasse largement le cadre national. La demande mondiale de zinc, notamment pour les technologies de stockage d’énergie, devrait connaître une croissance exponentielle d’ici 2030, avec des besoins appelés à être multipliés par dix pour dépasser les 130 000 tonnes par an. Dans cette dynamique, l’Algérie se positionne désormais comme un fournisseur clé de matières premières indispensables à la transition bas-carbone. Avec le lancement du projet de Tala Hamza, l’Algérie ne se contente plus de son statut traditionnel d’exportateur d’hydrocarbures. Elle s’affirme désormais comme un acteur de premier plan dans la nouvelle géographie mondiale des ressources minières, participant activement à la recomposition stratégique des chaînes d’approvisionnement liées aux énergies propres.

Par S. R.

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