14/04/2026
ACTUALITEINDUSTRIE

Approvisionnement en produits pharmaceutiques: L’État adopte des mesures proactives

Face aux tensions géopolitiques qui secouent actuellement la région du Moyen-Orient et aux risques de perturbation des chaînes d’approvisionnement internationales, le ministère de l’Industrie pharmaceutique a adressé une note à l’ensemble des établissements pharmaceutiques du pays.

L’objectif : garantir la disponibilité des produits pharmaceutiques sur le marché national dans les prochaines semaines et éviter toute rupture de stock. Selon la note du ministère, tous les établissements actifs dans la fabrication, l’importation ou la distribution de produits pharmaceutiques sont tenus de suivre avec la plus grande rigueur l’évolution de leurs approvisionnements et de signaler immédiatement toute difficulté pouvant compromettre l’exécution de leurs programmes. Cette directive, indique le ministère, s’appuie sur les dispositions législatives et réglementaires en vigueur, notamment l’article 162 de la loi n° 25-17 du 14 décembre 2025 portant loi de finances pour 2026.

Elle impose notamment aux établissements de déclarer les stocks de produits pharmaceutiques via la plateforme numérique du ministère ; d’assurer la disponibilité des produits conformément aux programmes de fabrication ou d’importation approuvés, et de signaler toute difficulté susceptible d’entraîner le non-respect de ces programmes, sous peine de sanctions. Le ministère insiste sur l’importance de l’application immédiate de ces mesures afin de maintenir la stabilité de l’approvisionnement national.

Dans une déclaration à la presse, Dr Reda Belkacemi, conseiller au ministère de l’Industrie pharmaceutique, a précisé que le ministère a adopté une approche proactive pour sécuriser l’approvisionnement en médicaments et en matières premières sur le marché national. « Nous agissons aujourd’hui de manière proactive pour éviter toute situation critique. Nous coordonnons avec les établissements pharmaceutiques impliqués dans l’importation, la fabrication et la distribution en gros, et nous exploitons les outils mis en place par le ministère de l’Industrie pharmaceutique pour renforcer leur efficacité », a-t-il dit, en expliquant que tous les établissements pharmaceutiques sont désormais tenus de surveiller rigoureusement leurs stocks et approvisionnements et de signaler immédiatement toute difficulté via une adresse électronique dédiée (approvisionnements@miph.gov.dz).

Un dispositif de veille et de coordination a été mis en place, impliquant producteurs, distributeurs et institutions publiques, afin de prévoir les problèmes potentiels et d’apporter des solutions rapides. Le Dr Belkacemi a également souligné que le ministère mène une étude sur les médicaments susceptibles d’être en rupture et s’appuie sur des outils numériques pour faciliter le suivi et la prise de décision. Cette démarche vise à assurer la continuité de l’approvisionnement, protéger la santé publique et responsabiliser les acteurs du secteur pharmaceutique face à un contexte international incertain.

Commercialisation obligatoire avant lundi

Par ailleurs, et dans une autre note, le ministère a ordonné aux établissements pharmaceutiques d’entamer immédiatement la commercialisation des stocks de certains produits signalés en tension ou en pénurie dans les pharmacies. « Après étude et vérification des données fournies par les services compétents, il est apparu que certains produits pharmaceutiques, signalés par les membres du dispositif de surveillance et de veille comme étant en situation de tension ou de pénurie au niveau des pharmacies, demeurent néanmoins disponibles dans les stocks détenus par des établissements pharmaceutiques d’importation, de fabrication ou de distribution en gros », indique le ministère dans sa note, en affirmant que les stocks doivent être mis à disposition dans un délai maximum allant de 48 heures à cinq jours, soit avant lundi prochain.

« Les établissements pharmaceutiques impliqués dans la chaîne d’approvisionnement en médicaments sont tenus d’entamer la commercialisation des stocks dont ils disposent, conformément aux dispositions réglementaires en vigueur, afin de répondre aux demandes des pharmacies à travers l’ensemble du territoire national, dans un délai allant de 48 heures à cinq (5) jours au maximum », ajoute la même source.

Les services compétents du ministère seront chargés de missions d’inspection en vue de s’assurer de l’application stricte des dispositions de cette instruction, souligne la note, précisant que « tout manquement constaté est susceptible d’exposer l’établissement pharmaceutique concerné aux sanctions prévues par la réglementation en vigueur, pouvant aller jusqu’au retrait de l’agrément ».

Cette initiative traduit la volonté des pouvoirs publics de préserver la continuité de l’approvisionnement en médicaments et de protéger la santé publique, tout en responsabilisant les acteurs du secteur pharmaceutique dans un contexte mondial incertain.

Par Zahir R.

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