Exploration pétrolière et gazière: Alnaft veut attirer des majors pétroliers
Au-delà de la simple exploitation des ressources, Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures déploie une vision de long terme fondée sur le partenariat international et le partage des risques. Pour Samir Bekhti, l’objectif est clairement affiché : dynamiser l’exploration afin de garantir durablement la sécurité énergétique du pays.

L’Algérie ne se limite plus à mettre en avant son potentiel souterrain ; elle s’attache désormais à structurer son attractivité autour d’une approche partenariale renouvelée. Avec un domaine minier estimé à 1,7 million de kilomètres carrés, incluant les zones offshore, l’ampleur des défis techniques et financiers impose une ouverture stratégique vers les grandes compagnies internationales et les entreprises de taille intermédiaire.
Dans ce contexte, la recherche de nouveaux gisements demeure, par nature, une activité à fort risque capitalistique. Pour le président d’Alnaft, la multiplication des partenariats constitue la réponse la plus adaptée à cette contrainte.
« Il est bénéfique d’avoir des partenariats pour partager les bénéfices, mais aussi pour partager les risques, voire transférer certains risques vers le partenaire étranger », a expliqué Samir Bekhti lors de son intervention sur « Chaîne I » de la Radio Algérienne. Une telle démarche permet d’éviter que l’effort d’investissement ne repose exclusivement sur Sonatrach. « Il est impossible de demander à une seule institution, Sonatrach, malgré toutes ses compétences et ses capacités, de couvrir un domaine aussi vaste et étendu », a-t-il précisé, mettant en avant le rôle déterminant de la coopération internationale dans l’exploration des zones encore vierges ou techniquement complexes.
La stratégie d’Alnaft ne se limite toutefois pas à la signature de contrats. Elle ambitionne également d’intégrer un véritable transfert de savoir-faire technologique et de contribuer au développement d’un tissu industriel local. Samir Bekhti insiste, à ce titre, sur l’effet d’entraînement généré par l’arrivée de nouveaux acteurs : « Lorsqu’il y a un partenariat, cela crée une grande dynamique. L’arrivée de sociétés étrangères génère des emplois directs et indirects, favorise la création de l’entreprise algérienne autour de cette activité et permet un transfert technologique vers les cadres algériens ».
L’intérêt croissant de majors telles que Chevron ou ExxonMobil, ainsi que la présence consolidée d’acteurs historiques comme Eni ou BP, vient conforter cette orientation stratégique. Le président d’Alnaft a d’ailleurs exprimé sa volonté de voir ces partenariats évoluer vers des phases plus avancées. Évoquant notamment le cas de BP, il a déclaré : « Nous espérons que, après cette première étape de licence d’exploration de deux ans, la société BP obtiendra un projet d’investissement dans l’exploration via cet appel d’offres 2026 ».
Par S. R.
