Filière tomate: Des mesures pour soutenir les professionnels
La filière tomate, considérée comme l’un des piliers de l’agriculture nationale, était au cœur d’une rencontre nationale de grande envergure coprésidée par Amal Abdelatif, ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché, et Yacine Oualid, ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche. Organisée en présence de cadres des deux secteurs, cette réunion a également rassemblé des producteurs et des transformateurs représentant 31 wilayas, ainsi que le président de la Chambre nationale d’agriculture, traduisant l’importance stratégique accordée à cette filière.

Dès l’ouverture des travaux, le ministre de l’Agriculture a mis en avant les avancées significatives réalisées ces dernières années. Il a souligné que l’Algérie a franchi un cap important en parvenant à réduire, voire éliminer, le recours aux importations, notamment dans le segment de la tomate industrielle. Une performance attribuée au soutien de l’État et à l’engagement des producteurs, qui ont su capitaliser une expérience notable. Toutefois, il a insisté sur la nécessité de consolider ces acquis, en veillant à maintenir un niveau de production suffisant pour garantir la disponibilité du produit et la stabilité des prix sur le marché national.
Pour sa part, la ministre du Commerce intérieur a rappelé le caractère stratégique de cette filière dans l’équilibre du marché alimentaire. Elle a plaidé pour un renforcement des mécanismes de régulation, une meilleure organisation des circuits de distribution et une intensification de la lutte contre les pratiques spéculatives et illégales. L’objectif, selon elle, est d’assurer une fluidité optimale des produits agricoles, du champ jusqu’au consommateur, tout en préservant le pouvoir d’achat des citoyens.
Les échanges ont été marqués par un débat ouvert et constructif, offrant aux professionnels de la filière l’opportunité d’exposer leurs préoccupations. Les difficultés liées au foncier agricole, à l’accès à l’eau d’irrigation, aux mécanismes de financement et d’assurance, ainsi qu’à la transformation industrielle ont été largement évoquées. À cela s’ajoutent les défis liés au manque de main-d’œuvre, aux impacts des changements climatiques, aux contraintes de commercialisation et à la dépendance vis-à-vis de certains intrants importés. Face à ces enjeux, les participants ont formulé plusieurs propositions concrètes visant à améliorer la performance globale de la filière.
En réponse, le ministre de l’Agriculture a annoncé une série de mesures en cours d’élaboration. Parmi elles figure un nouveau décret exécutif destiné à faciliter l’obtention de la carte d’agriculteur, dans le but d’élargir la base des investisseurs. Il a également évoqué l’encouragement à la création de coopératives agricoles pour renforcer les capacités de commercialisation, ainsi que le développement de la production locale de semences hybrides afin de réduire les coûts. D’autres initiatives concernent l’adaptation des dispositifs de financement et d’assurance aux spécificités de la filière, ainsi que la mise en place de zones industrielles dédiées à la transformation des produits agricoles.
Au terme de cette rencontre, les deux ministres ont souligné l’importance d’une approche concertée entre les différents acteurs. Ils ont réaffirmé que cette dynamique s’inscrit dans une stratégie globale visant à renforcer la sécurité alimentaire nationale, à garantir la disponibilité des produits et à stabiliser durablement les prix sur le marché.
Par R Hadi
