Le Président Tebboune insiste sur la poursuite de cette dynamique : La diversification de l’économie, une réalité
Dans un contexte de transformation économique accélérée, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a réaffirmé la stratégie de l’Algérie visant à consolider la diversification de l’économie et à renforcer les exportations hors hydrocarbures. Lors de son entrevue périodique avec les médias nationaux, diffusée samedi soir, il a détaillé les grands axes de cette mutation, fondée sur la valorisation des ressources nationales, la modernisation industrielle et la lutte contre les pratiques économiques illicites.

Le Président a estimé que l’Algérie a atteint « un niveau de développement irréversible », soutenu par des indicateurs économiques positifs et une dynamique de transformation structurelle. Lors de son entrevue diffusée samedi soir sur les chaînes de Télévision et de Radio nationales sur les chaînes nationales, il a insisté sur la nécessité de poursuivre les réformes afin de consolider cette trajectoire. « Il est important de poursuivre cette dynamique à travers la diversification de l’économie et le renforcement des exportations hors hydrocarbures », a-t-il affirmé.
Le Président Tebboune a indiqué que la prochaine étape repose sur une refonte profonde du modèle économique. « La prochaine étape repose sur l’instauration d’une véritable transformation économique fondée sur la valorisation des ressources nationales hors hydrocarbures », a-t-il expliqué, citant notamment le développement des industries de transformation et la création de valeur ajoutée. Selon lui, cette orientation permet de rompre avec un modèle longtemps dépendant des hydrocarbures. « La diversification de l’économie est devenue aujourd’hui une réalité, après avoir été pendant des décennies un simple slogan », a-t-il souligné.
Exportations et montée en puissance industrielle
Le président Tebboune a mis en avant la progression des exportations hors hydrocarbures, estimées entre 8 et 9 milliards de dollars annuellement, portées par des secteurs industriels en expansion.
« L’Algérie est aujourd’hui plus concurrentielle que certains pays européens dans des domaines comme l’électroménager », a-t-il déclaré, soulignant également que le pays est passé d’importateur à exportateur dans certaines filières, notamment le rond à béton.
Dans ce cadre, il a évoqué les performances de l’industrie automobile, avec notamment une intégration progressive de la production locale. L’usine Fiat en Algérie devrait atteindre « un taux d’intégration de 40 % avec une orientation vers l’exportation », selon ses précisions.
Le Président a insisté sur la nécessité de transformer localement les ressources naturelles. «L’un des principes fondamentaux adoptés est de ne pas exporter les matières premières minières à l’état brut, mais de les transformer localement », a-t-il affirmé.
Il a cité le phosphate, le fer et le zinc comme ressources stratégiques devant être intégrées dans une chaîne de production nationale. « Il faut exploiter le phosphate, non seulement pour les revenus qu’il génère, mais aussi pour son impact sur l’économie nationale », a-t-il ajouté. Le projet du phosphate intégré de Bled El Hadba illustre cette vision. Tebboune a indiqué que ce projet permettra, dès le début de 2027, de produire de l’acide phosphorique, des engrais, de l’ammoniac et de l’urée, tout en générant « un nombre important d’emplois».
Vers une économie de l’emploi et de l’initiative
Le président a également insisté sur l’intégration des jeunes diplômés dans le tissu économique. « Il s’agit d’une synergie générale visant à intégrer les 250.000 diplômés universitaires annuellement », a-t-il expliqué. Dans cette optique, il a rappelé que l’Algérie dispose d’autres gisements miniers qui seront exploités progressivement. « L’objectif est de faire de l’Algérie un pays créateur d’emplois hors hydrocarbures », a-t-il souligné.
Sur le plan financier, Abdelmadjid Tebboune a salué les progrès reconnus par le Groupe d’action financière (GAFI), évoquant une amélioration notable du système national de conformité. Concernant la numérisation, il a précisé que la transition vers le paiement électronique se fera de manière progressive. « Il n’est pas possible de passer rapidement du paiement en espèces au paiement électronique », a-t-il expliqué.
Il a également mis en garde contre les risques liés aux transactions en espèces, évoquant l’introduction de fausse monnaie dans certaines opérations économiques.
Dans le domaine des exportations, il a révélé des cas de sous-facturation ayant entraîné un manque à rapatrier estimé à 350 millions de dollars. « Nous nous sommes débarrassés de la ‘issaba’ de la surfacturation, mais nous faisons face à d’autres formes de fraude », a-t-il déploré.
Vision territoriale et grands projets
Sur le plan des infrastructures, le président a mis en avant les projets ferroviaires et miniers vers le Sud. « Les projets miniers et les lignes ferroviaires vers le Sud s’inscrivent dans une vision nationale », a-t-il indiqué. Il a évoqué notamment la dorsale ferroviaire reliant les Hauts Plateaux au Grand Sud, destinée à favoriser l’émergence de nouveaux pôles économiques. « L’Algérie est appelée à devenir un pays de 200 millions d’habitants en projection économique », a-t-il déclaré, soulignant la nécessité de développer les infrastructures dans les régions intérieures. En conclusion, Abdelmadjid Tebboune a réaffirmé une stratégie économique fondée sur la diversification, la transformation locale des ressources et l’accélération des exportations hors hydrocarbures, dans un contexte de réformes structurelles et de modernisation du modèle productif national.
Par Selma R.
