13/05/2026
ACTUALITENATIONAL

La coopération algéro-angolaise renforcée

La visite d’État qu’effectue en Algérie le président de la République d’Angola, João Lourenço, ouvre une nouvelle étape stratégique dans les relations algéro-angolaises. À l’issue des entretiens ayant réuni lundi le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, et son homologue angolais au siège de la Présidence de la République, les deux chefs d’État ont coprésidé la cérémonie de signature de plusieurs accords et mémorandums d’entente couvrant des secteurs stratégiques, traduisant la volonté commune de hisser la coopération bilatérale au rang de partenariat stratégique global.

Les accords signés portent notamment sur les hydrocarbures, l’investissement, la formation professionnelle, les ressources en eau, les télécommunications, l’enseignement supérieur, la recherche scientifique, l’industrie pharmaceutique, les mines, le transport aérien ainsi que la santé animale. Un mémorandum d’entente a également été conclu entre l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI) et l’Agence angolaise de promotion des investissements privés et des exportations (AIPEX). Les deux pays ont, en outre, procédé à la signature d’un accord portant création d’un Conseil d’affaires conjoint destiné à encourager les partenariats entre les opérateurs économiques algériens et angolais.

Dans une déclaration conjointe à la presse, le président Abdelmadjid Tebboune a indiqué que cette visite avait permis de « passer en revue l’état de la coopération bilatérale entre les deux pays et les perspectives de son développement », soulignant que les entretiens ont été « riches » et ont permis de réaffirmer « la volonté politique de poser les bases d’un partenariat stratégique global ».

Le président de la République a rappelé que les relations entre Alger et Luanda reposent sur « des relations historiques remontant à la lutte commune pour se libérer du colonialisme », affirmant que cette mémoire partagée continue de nourrir une convergence politique et économique entre les deux pays.Abdelmadjid Tebboune a également mis l’accent sur les secteurs prioritaires appelés à structurer cette nouvelle dynamique de coopération.

« Il a été convenu d’intensifier la coopération dans les secteurs des hydrocarbures, de l’agriculture, de l’industrie pharmaceutique, de la numérisation, des énergies renouvelables, de la santé et de la formation », a-t-il déclaré, précisant que les deux parties ont convenu de développer les échanges d’experts à travers la commission mixte bilatérale et le nouveau Conseil d’affaires conjoint.

Selon le président de la République, ce Conseil d’affaires devra constituer « un espace permanent d’encouragement du partenariat entre les acteurs économiques », dans un contexte marqué par la volonté des deux pays de renforcer les échanges intra-africains et de soutenir l’intégration économique continentale. Le chef de l’État a, par ailleurs, réaffirmé « la disposition de l’Algérie à soutenir les efforts de développement en Angola, notamment en matière de formation des cadres », rappelant l’importance accordée par Alger à la coopération Sud-Sud et au transfert de compétences au profit des pays africains.

Alger et Luanda misent sur un partenariat énergétique renforcé

De son côté, le président angolais João Lourenço a souligné que l’Algérie et l’Angola disposent d’atouts leur permettant de contribuer « de manière significative » au développement du continent africain. « Nous souhaitons explorer toutes les opportunités qu’offrent nos deux pays, sans exception aucune », a-t-il affirmé, estimant que les deux États peuvent jouer un rôle majeur « notamment dans les secteurs de l’énergie, de l’industrie et des infrastructures ». Le président angolais a relevé que les discussions avec son homologue algérien ont porté sur « les différents aspects de la coopération bilatérale » et ont été sanctionnées par la signature de « 11 accords de coopération qui aiguilleront notre trajectoire à l’avenir ».

João Lourenço a également tenu à rappeler le soutien apporté par l’Algérie à son pays dès les premières années de l’indépendance angolaise. « Nous nous souvenons encore que les premiers ingénieurs et cadres du secteur de l’énergie ont été formés ici, en Algérie », a-t-il déclaré, précisant que plusieurs d’entre eux occupent encore aujourd’hui des postes de responsabilité au sein de la compagnie nationale angolaise Sonangol.

Le chef de l’État angolais a insisté sur l’importance stratégique de la coopération énergétique entre Alger et Luanda, mettant en avant les échanges d’expertise entre Sonangol et Sonatrach.  Dans son discours prononcé mardi devant les deux chambres du Parlement réunies en session extraordinaire au Palais des Nations, il a d’ailleurs affirmé que « grâce au soutien de l’Algérie, l’Angola a développé ses capacités dans le domaine des hydrocarbures ».         

João Lourenço a également plaidé pour une coopération africaine fondée sur la valorisation locale des ressources naturelles et l’industrialisation du continent. « L’Afrique doit compter sur ses propres ressources pour assurer son industrialisation et son développement », a-t-il soutenu, appelant à renforcer les mécanismes économiques africains, notamment à travers la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Par Selma R.

Publicité

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *