Algeria Bid Round 2026: 70 compagnies ont consulté l’appel d’offres
L’appel à concurrence « Algeria Bid Round 2026 » suscite un intérêt notable de la part des investisseurs internationaux, avec pas moins de 70 compagnies ayant déjà consulté les données mises à disposition. Ce chiffre témoigne de l’attractivité renouvelée du domaine minier algérien dans un contexte énergétique mondial en mutation.

Doté de ressources estimées à près de 2 milliards de barils équivalent pétrole et porté par un cadre modernisé, ce nouveau cycle d’appel d’offres s’impose comme un levier stratégique pour mobiliser des investissements internationaux et consolider la place de l’Algérie sur la scène énergétique mondiale. Intervenant dans l’émission « L’invité du jour » sur la « Chaîne III » de la Radio nationale, Samir Bekhti, président d’ALNAFT, a détaillé les contours de cette nouvelle édition, qui porte sur sept périmètres jugés parmi les plus prometteurs.
« L’appel à la concurrence, c’est ALNAFT qui offre à l’industrie Oil and Gas mondiale et nationale des opportunités d’investir », a-t-il expliqué, rappelant qu’une première expérience avait été menée en 2024.
Le processus s’appuie sur une méthodologie structurée, issue d’un « Nomination Process » lancé fin 2025. À cette occasion, 24 projets ont été présentés aux opérateurs internationaux, permettant de recueillir leurs observations et d’affiner la sélection finale. « Le nombre de compagnies qui ont consulté a atteint les 70 compagnies », a-t-il indiqué, soulignant que ce retour du marché a permis de retenir sept périmètres stratégiques : El Menzel, Ahara, Reggane II, Touggourt Sud, Berkine Est, Gourara et Illizi Ouest. Ces blocs, répartis sur différentes zones géologiques, offrent des profils variés, allant de l’exploration pure à l’optimisation de gisements existants, et reposent sur un potentiel énergétique conséquent.
« On cumule, pour l’ensemble des périmètres, environ 1,8 milliard de barils de ressources », a précisé le responsable. À ces volumes s’ajoutent « 8,63 milliards de mètres cubes de gaz en ressources », ainsi que « 239 millions de barils et 19 milliards de mètres cubes de gaz en réserves déjà découvertes », constituant une base solide pour l’élaboration des programmes d’investissement.
L’évaluation des offres reposera principalement sur des critères techniques. « L’évaluation des offres se basera sur le nombre de puits, les superficies sismiques et les études proposées », a-t-il expliqué. L’objectif est d’encourager des engagements concrets et mesurables, tout en favorisant des partenariats durables. « On vise des partenariats solides, de long terme », a-t-il insisté, précisant que les opérateurs devront passer par une phase de préqualification technique et financière afin de garantir leur capacité à mener à bien les projets. Dans cette même logique, les autorités entendent diversifier les partenaires étrangers présents en Algérie.
« Nous voudrions diversifier la présence du partenariat étranger en Algérie », a-t-il indiqué, évoquant l’intérêt déjà manifesté par des compagnies issues d’Amérique latine, d’Asie, d’Europe et d’Afrique. Le dispositif demeure ainsi ouvert à un large éventail d’acteurs, incluant également le secteur privé national.
Sur le plan contractuel, six des sept périmètres seront attribués sous forme de contrats de partage de production, tandis qu’un seul sera exploité sous forme de participation. « Il faudrait que ce soit gagnant-gagnant », a-t-il affirmé, mettant en avant la nécessité d’un équilibre économique garantissant la viabilité des investissements. Le calendrier du processus a, par ailleurs, été clairement établi. Lancé officiellement le 19 avril 2026, il comprend une phase d’inscription et de préqualification qui s’étendra jusqu’au 1er juin. Les compagnies retenues auront ensuite accès au « data package », regroupant l’ensemble des données géologiques et géophysiques nécessaires.
« La clôture du processus est prévue pour le 26 novembre 2026, avec une séance publique d’ouverture et d’attribution des offres », a précisé Samir Bekhti. L’une des principales innovations de cette édition réside dans la digitalisation complète du processus. « Tout a été digitalisé », a-t-il souligné, précisant que l’inscription se fait via une plateforme en ligne et que les sessions de « data room » se dérouleront en mode virtuel, permettant un accès simplifié aux données sans contrainte de déplacement.
Enfin, le responsable a tenu à replacer cette initiative dans une vision de long terme. « On a commencé à préparer ce cycle depuis août 2025 », a-t-il rappelé, insistant sur le fait que cette démarche s’inscrit dans une stratégie structurelle visant à renforcer l’attractivité du secteur des hydrocarbures, indépendamment des fluctuations conjoncturelles.
Par Réda Hadi
