Baladna Algérie: Une véritable plateforme agro-industrielle intégrée
Le projet Baladna Algérie, fruit d’un partenariat stratégique entre le groupe qatari Baladna et le Fonds national d’investissement (FNI), s’impose comme l’un des plus grands investissements agroalimentaires jamais lancés en Algérie. Installé dans la wilaya d’Adrar, ce complexe intégré, doté d’un investissement de 3,5 milliards de dollars, constitue l’un des principaux leviers de la stratégie nationale visant à renforcer la sécurité alimentaire, développer la production locale et réduire durablement les importations de lait en poudre.
Dans un entretien accordé au magazine “Investment.dz” de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), le président du conseil d’administration de Baladna Algérie, Ali Al Ali, a exposé la vision ce projet structurant, ses ambitions industrielles et agricoles ainsi que son impact attendu sur l’économie nationale.
Selon l’intervenant, Baladna Algérie ne constitue pas un simple projet de production laitière, mais une véritable plateforme agro-industrielle intégrée. Sa particularité réside dans un modèle économique où toutes les composantes de la chaîne de valeur sont réunies au sein d’un même écosystème. Le projet repose sur trois piliers fondamentaux : la production agricole, l’élevage laitier et l’industrie de transformation. Concrètement, les vastes superficies agricoles seront consacrées à la culture des céréales et surtout des fourrages destinés exclusivement à l’alimentation du cheptel bovin. Cette intégration permettra de sécuriser l’approvisionnement en aliments pour bétail, tout en améliorant les rendements et en maîtrisant les coûts de production.
Le lait frais produit sera ensuite transformé localement dans des unités industrielles modernes afin de fabriquer principalement du lait en poudre destiné au marché national, mais également d’autres produits laitiers répondant aux normes internationales. Il a rappelé que le complexe s’étendra sur 117 000 hectares et comprendra quatre grandes fermes d’élevage bovin ; deux unités industrielles de transformation ; environ 23 000 vaches laitières ; plus de 1 420 pivots d’irrigation destinés à la production des fourrages et des exploitations agricoles spécialisées dans la culture des céréales et des aliments pour bétail.
À pleine capacité, le projet produira 1,7 milliard de litres de lait frais par an ainsi que 198 000 tonnes de lait en poudre, ce qui en fera l’un des plus importants complexes laitiers intégrés d’Afrique et du Moyen-Orient.
Réduire la dépendance aux importations
Pour Ali Al Ali, la vocation première du projet demeure le renforcement de la souveraineté alimentaire de l’Algérie. Dans un premier temps, Baladna Algérie devrait couvrir près de 50 % des besoins nationaux en lait en poudre, avant de contribuer progressivement à réduire totalement les importations de cette matière stratégique.
L’objectif est également de protéger le marché algérien contre les fortes fluctuations des prix internationaux qui affectent régulièrement les marchés mondiaux des produits laitiers.
Le responsable a souligné que le projet participera aussi à la production de viande rouge, ce qui permettra de diminuer les importations dans cette filière et de créer davantage de valeur ajoutée au sein d’une chaîne de production nationale intégrée.
La technologie au cœur du projet
Le président de Baladna Algérie a insisté également sur la dimension technologique du complexe. Toutes les exploitations seront équipées des technologies les plus avancées en matière de gestion numérique des exploitations agricoles ; de suivi informatisé des troupeaux ; d’automatisation des unités industrielles ; de contrôle sanitaire et de traçabilité de la production.
Cette digitalisation permettra d’améliorer les performances techniques, d’optimiser les rendements et de garantir des produits répondant aux standards internationaux de qualité et de sécurité alimentaire.
Le dirigeant a estimé que Baladna Algérie constitue l’une des illustrations les plus concrètes de la qualité des relations économiques entre l’Algérie et le Qatar. Il a rappelé que Baladna représente le bras opérationnel des investissements agroalimentaires de l’État du Qatar, tandis que le Fonds national d’investissement joue un rôle similaire côté algérien.
Cette complémentarité permet, selon lui, de bâtir un partenariat de long terme fondé sur le transfert de technologies, le partage d’expertise et la réalisation de projets structurants. À plus long terme, le président de Baladna Algérie estime que le pays dispose de tous les atouts pour devenir un véritable pôle régional des industries agroalimentaires.
Grâce à ses importantes ressources naturelles, à son vaste marché intérieur, à son positionnement géographique et à la volonté politique affichée de soutenir les investissements productifs, l’Algérie pourrait, selon lui, dépasser la satisfaction de la demande locale pour se tourner progressivement vers les marchés africains et régionaux.
Le projet Baladna constitue, à ses yeux, une première étape vers cette ambition en favorisant l’intégration industrielle, le développement des chaînes de valeur locales et le transfert de savoir-faire. En conclusion, Ali Al Ali adresse un message aux investisseurs étrangers en affirmant que l’Algérie représente aujourd’hui une destination d’investissement prometteuse, particulièrement dans les secteurs stratégiques tels que l’agriculture et les industries agroalimentaires. Selon lui, investir en Algérie ne consiste plus seulement à accéder à un marché, mais à participer à la construction d’un modèle économique fondé sur la production, la technologie et la création durable de valeur.
Synthèse S R.
