18/05/2026
ACTUALITENATIONAL

Barrages : Le taux de remplissage atteint 33,82 %

Alors que les premières pluies hivernales font leur retour sur plusieurs régions du pays, la question du remplissage des barrages et de la sécurité hydrique revient au cœur du débat public. Invitée de la «Chaîne III» de la Radio algérienne, Mme Nadia Ouchard, directrice centrale de l’Agence nationale des barrages et des transferts (ANBT), a dressé un état des lieux détaillé des ressources en eau, tout en exposant les perspectives et les grands chantiers du secteur à l’horizon 2030.

Selon les chiffres communiqués, le taux national de remplissage des barrages s’établit, début janvier 2026, à 33,82 %, soit une réserve globale estimée à 2,6 milliards de mètres cubes d’eau. Un niveau légèrement inférieur à celui enregistré à la même période de l’année précédente (34,8 %), mais qui ne suscite pas d’inquiétude majeure, assure la responsable. « La saison hivernale vient à peine de commencer. Les apports significatifs sont généralement observés au printemps, lorsque les pluies s’inscrivent dans la durée », a-t-elle expliqué.

Mme Ouchard a souligné que les pluies récentes constituent un signal encourageant, tout en rappelant que l’efficacité hydrique dépend de la persistance des précipitations, notamment dans les bassins versants des barrages. En milieu urbain, le ruissellement rapide limite l’absorption, contrairement aux zones naturelles où l’eau contribue progressivement à l’alimentation des retenues et des nappes souterraines.

Par ailleurs, dit-elle, l’Algérie dispose actuellement de 81 barrages en exploitation, un réseau appelé à se renforcer avec la mise en service de cinq nouveaux ouvrages dans les prochains mois. Ces infrastructures, situées notamment dans les wilayas de Skikda, Tizi Ouzou, Khenchela et Annaba, permettront d’augmenter la capacité nationale de stockage de près de 300 millions de mètres cubes. Un barrage écrêteur de crues est également prévu à Annaba afin de renforcer la protection contre les inondations.

L’interconnexion, un pilier de l’équilibre régional

Au-delà de ces projets immédiats, le secteur de l’hydraulique dispose d’un portefeuille d’environ 40 études de nouveaux barrages, susceptibles d’ajouter, à terme, plus d’un milliard de mètres cubes à la capacité nationale, sous réserve de la mobilisation des financements nécessaires.

Face à une pluviométrie inégalement répartie et aggravée par le changement climatique, l’interconnexion des barrages s’impose comme une solution stratégique. Plusieurs systèmes sont déjà opérationnels, notamment à l’Est du pays, reliant des barrages de Jijel à Batna, ou encore ceux destinés à alimenter les Hauts Plateaux en eau potable et à soutenir l’agriculture.

Ces transferts permettent de réduire les déséquilibres régionaux et d’assurer une plus grande flexibilité dans la gestion de la ressource, notamment entre le Nord, les Hauts Plateaux et certaines régions déficitaires.

Dessalement et gestion intégrée de l’eau

Le développement du dessalement de l’eau de mer constitue un autre pilier majeur de la stratégie nationale. L’objectif affiché est de couvrir 60 % des besoins en eau potable d’ici 2030. Cette ressource non conventionnelle permettra de soulager les barrages et les nappes souterraines, favorisant leur reconstitution et leur utilisation rationnelle.

« Le dessalement vise d’abord à sécuriser l’alimentation en eau potable, tout en laissant aux barrages leur rôle stratégique dans les transferts vers les Hauts Plateaux et le soutien à l’agriculture », a précisé Mme Ouchard, rappelant que les barrages demeurent indispensables en cas d’arrêts techniques des stations de dessalement.

Parmi les défis structurels, l’envasement des barrages reste une préoccupation majeure, notamment dans les régions semi-arides. Phénomène naturel lié à l’érosion des sols, il fait l’objet de chasses périodiques et d’un suivi technique rigoureux afin de préserver les volumes utiles.

L’ANBT s’inscrit également dans la numérisation de ses activités, un levier essentiel pour améliorer le suivi des projets et la gestion des ouvrages. Parallèlement, l’agence explore des solutions innovantes dans le cadre de la transition énergétique, à l’image des projets pilotes de photovoltaïque flottant sur les retenues de barrages, susceptibles de produire de l’énergie tout en réduisant l’évaporation.

À travers ces orientations, l’Algérie confirme sa volonté de bâtir une gestion intégrée, durable et résiliente de l’eau, adaptée aux contraintes climatiques et aux besoins croissants des citoyens, de l’agriculture et de l’industrie.

Par Réda Hadi

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