04/08/2026
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Fusion de l’APRUE et du CEREFE: Un nouvel élan pour la transition énergétique

L’Algérie engage une nouvelle étape dans la modernisation de sa gouvernance énergétique. En application du décret exécutif n° 26-268 du 23 juillet 2026, publié au Journal officiel n°56, les pouvoirs publics ont décidé de regrouper l’Agence nationale pour la promotion et la rationalisation de l’utilisation de l’énergie (APRUE) et le Commissariat aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique (CEREFE) au sein d’une nouvelle structure baptisée «Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie et l’efficacité énergétique ».

Cette réforme institutionnelle s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer la coordination des politiques publiques, améliorer l’efficacité des programmes énergétiques et accompagner la transition vers un modèle de développement plus sobre et durable.

La création de cette agence répond à la nécessité de disposer d’un interlocuteur unique chargé de piloter les politiques nationales relatives à la maîtrise de l’énergie, à l’efficacité énergétique et au développement des énergies renouvelables. Alors que la consommation énergétique nationale connaît une progression continue sous l’effet de la croissance économique, de l’urbanisation et de l’augmentation de la demande en électricité, les autorités entendent rationaliser les moyens humains, techniques et financiers afin d’améliorer les performances des différents programmes engagés.

Placée sous la tutelle du ministère de l’Énergie et des Énergies renouvelables, la nouvelle agence prendra la forme d’un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC), doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière. Son siège sera établi à Alger, avec la possibilité d’ouvrir des annexes régionales afin d’assurer une meilleure couverture territoriale des actions de sensibilisation, d’accompagnement technique et de suivi des projets.

En effet, cette nouvelle structure devient l’outil central de mise en œuvre de la politique nationale dans les domaines des énergies renouvelables, de l’efficacité énergétique et de la maîtrise de l’énergie. Elle sera notamment chargée de participer à l’élaboration de la stratégie énergétique nationale, de concevoir et de mettre en œuvre le Programme national de maîtrise de l’énergie (PNME), tout en assurant son suivi et son évaluation.

Parmi ses missions figurent également la promotion des technologies propres, l’accompagnement des collectivités locales, des entreprises et des porteurs de projets dans l’intégration des solutions énergétiques innovantes, ainsi que la réalisation d’études technico-économiques destinées à orienter les investissements dans le secteur.

L’agence jouera également un rôle majeur dans l’amélioration de la performance énergétique des bâtiments et de l’industrie. Elle sera habilitée à réaliser des audits énergétiques, à agréer les bureaux d’études spécialisés, à développer des programmes de formation destinés aux professionnels et à constituer des bases de données nationales sur la consommation énergétique.

Autre nouveauté importante, elle assurera l’élaboration de bilans énergétiques et de bilans carbone sectoriels, devenus des outils indispensables pour mesurer les progrès réalisés dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre et l’amélioration de l’efficacité énergétique.

Le décret confère également à l’agence des prérogatives élargies lui permettant de conclure des marchés, des conventions et des partenariats, de créer des filiales ou encore de développer des coopérations avec des organismes internationaux spécialisés. Elle pourra également assurer, pour le compte de l’État, des missions de maîtrise d’ouvrage déléguée dans le cadre des grands programmes nationaux liés à l’énergie.

Cette nouvelle organisation constitue l’un des principaux leviers de mise en œuvre de la Stratégie nationale de maîtrise de l’énergie à l’horizon 2035, qui ambitionne de réduire durablement la consommation énergétique tout en accélérant le développement des énergies renouvelables. L’objectif est double : préserver les ressources nationales en hydrocarbures, qui demeurent la principale source de revenus du pays, tout en réduisant les émissions de carbone et en améliorant la compétitivité de l’économie grâce à une utilisation plus rationnelle de l’énergie.

Les secteurs du bâtiment, des transports, de l’industrie et de l’agriculture figurent parmi les principaux domaines ciblés par cette stratégie. L’amélioration de l’efficacité énergétique dans ces secteurs devrait permettre de réaliser des économies substantielles de gaz naturel et de produits pétroliers, lesquels pourront être davantage orientés vers les exportations ou vers des activités industrielles à plus forte valeur ajoutée.

Afin d’assurer une transition sans rupture, le décret prévoit des dispositions transitoires garantissant la continuité des missions actuellement assurées par l’APRUE et le CEREFE. Les deux organismes continueront ainsi à fonctionner normalement jusqu’à l’installation effective de la nouvelle agence, attendue avant la fin de l’année 2026. Ils poursuivront leurs relations avec leurs partenaires et honoreront l’ensemble de leurs engagements contractuels et institutionnels. Le texte prévoit également que la nouvelle agence reprendra automatiquement l’ensemble des droits, obligations, biens et personnels des deux établissements dissous. Les opérations de transfert devront être finalisées dans un délai maximal de six mois après la publication du décret au Journal officiel.

À travers cette réforme, les pouvoirs publics affichent leur volonté de renforcer la cohérence de la politique énergétique nationale et de doter le pays d’un outil institutionnel plus performant pour relever les défis de la transition énergétique.

Par Réda Hadi

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