Gouvernance des données: Cap sur l’unification des systèmes et la qualité des services numériques
Le lancement du dispositif national de gouvernance des données marque une nouvelle étape dans la transformation numérique de l’administration. L’objectif affiché est d’unifier, de centraliser et de sécuriser les données publiques afin d’accélérer la digitalisation des services destinés aux citoyens, aux entreprises et aux institutions.
À travers ce dispositif, les autorités entendent poser les fondations d’un environnement numérique unifié, plus efficace et plus sûr, capable de soutenir à la fois la qualité du service public et la dynamique économique.
Le dispositif s’appuie sur une stratégie nationale de collecte, d’organisation et de sécurisation des données pour les rendre facilement exploitables dans la digitalisation des services. L’enjeu principal consiste à dépasser la fragmentation actuelle des systèmes d’information. « Jusqu’ici, chaque secteur s’est organisé à sa manière. Désormais, il est question d’uniformiser les formats et d’appliquer les mêmes normes de gestion », a souligné Younes Grar, consultant et expert en technologies de la communication, lors de son intervention sur la « Chaîne III » de la radio nationale. Concrètement, la démarche vise à centraliser les données dans des centres dédiés, à harmoniser les formats et à mettre en place des règles communes de classification, de traitement et de protection.
« Il s’agit de rendre les données à la fois accessibles, exploitables et sécurisées », a précisé M. Grar, rappelant que la gouvernance des données couvre l’ensemble des règles, des processus et des outils garantissant la fiabilité et l’usage responsable de l’information publique. Selon lui, la réussite de la numérisation passe aussi par une meilleure interconnexion des bases existantes. « Chaque secteur dispose de ses propres données sans accès à celles des autres. La gouvernance des données est une condition indispensable pour offrir de vrais services numériques intégrés au citoyen », a-t-il ajouté.
De son côté, Mohamed Louail, directeur de la gouvernance numérique et de la coordination de la numérisation du secteur public au Haut-Commissariat à la numérisation, a indiqué que l’architecture juridique et technique du projet est en cours de consolidation. Il a révélé sur les ondes de la « Chaîne I » que « le projet de loi relatif à la numérisation se trouve à un stade avancé d’examen au niveau du Secrétariat général du gouvernement et qu’il doit encadrer l’ensemble de l’écosystème numérique, à savoir la gouvernance des données, les infrastructures, les services numériques, mais aussi l’économie et la société digitales ».
Selon lui, la mise en service du système national de gouvernance des données constitue « une étape stratégique pour maîtriser, organiser, protéger et orienter l’exploitation des données », devenues un levier central de la décision publique et de la souveraineté numérique. Le dispositif s’inscrit dans la stratégie nationale de transformation numérique 2025 à 2030 « Algérie numérique 2030 » et s’appuie sur des bases réglementaires récentes, notamment le décret présidentiel publié fin décembre 2025 qui en fixe le cadre.
Par S R.
