Hydrogène vert à l’horizon 2030: L’Algérie parmi les pays africains les plus compétitifs
L’Algérie dispose de solides atouts pour s’imposer parmi les principaux producteurs africains d’hydrogène vert à l’horizon 2030. L’Afrique possède un potentiel technique de plus de 1 000 térawatts d’énergie solaire et éolienne, soit une capacité théorique permettant de produire plus de 45 milliards de tonnes d’hydrogène vert par an.
L’Algérie concentre, à elle seule, 14 % de ce potentiel régional, confirmant sa position parmi les acteurs les mieux placés pour développer cette filière stratégique.
L’hydrogène vert offre à l’Algérie d’importantes perspectives en tant que levier de diversification économique, de valorisation des ressources renouvelables et de consolidation de la position du pays sur les marchés énergétiques de demain. Selon un récent rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), relayé par la plateforme spécialisée « Attaqa.net », le pays dispose d’un potentiel considérable grâce à l’abondance de ses ressources en énergies renouvelables et à des coûts de production appelés à figurer parmi les plus compétitifs du continent.
L’étude souligne que 80 % des opportunités de production d’hydrogène vert en Algérie se situent sous le seuil de 4,5 dollars par kilogramme d’ici à 2030. Cette compétitivité devrait permettre au pays de figurer parmi les producteurs africains les moins coûteux, renforçant ainsi son attractivité auprès des investisseurs et son positionnement sur les futurs marchés internationaux de l’hydrogène.
Cette perspective repose notamment sur les importantes ressources solaires dont dispose le pays, particulièrement dans les régions sahariennes, ainsi que sur son potentiel éolien. Ces atouts naturels offrent les conditions nécessaires au développement de grands projets de production d’électricité renouvelable destinée à alimenter les électrolyseurs pour la fabrication d’hydrogène vert. Le rapport relève toutefois que le principal défi auquel sont confrontés les pays africains, y compris l’Algérie, demeure le coût du financement. Le niveau relativement élevé du coût du capital continue de peser sur la rentabilité des projets d’énergies renouvelables et d’hydrogène vert, limitant leur compétitivité par rapport aux économies développées, où les conditions de financement sont nettement plus favorables.
L’Agence internationale de l’énergie estime néanmoins que le coût du capital constitue un facteur plus déterminant que les dépenses d’investissement ou les performances techniques des installations dans le calcul du coût final de production de l’hydrogène vert. Une amélioration de l’environnement de financement pourrait ainsi accélérer le développement de cette industrie et renforcer encore la compétitivité de l’Algérie.
Ces perspectives interviennent alors que l’Algérie multiplie les initiatives pour développer une économie de l’hydrogène. Le pays mise sur ses ressources renouvelables, son expertise dans le secteur énergétique et ses infrastructures de transport pour devenir un fournisseur de référence, notamment à destination du marché européen engagé dans sa transition énergétique. Malgré l’immense potentiel du continent, la production africaine d’hydrogène à faibles émissions demeure encore embryonnaire. Selon les données de l’AIE, elle ne dépasse pas actuellement 6 000 tonnes par an, un niveau très éloigné des capacités théoriques disponibles. Ce constat met en évidence l’importance des investissements, du transfert de technologies et de l’amélioration des conditions de financement pour favoriser l’émergence d’une véritable industrie de l’hydrogène vert en Afrique.
Par S. R.
