Enclenchée à travers le projet de Kafra, la dynamique de partenariat énergétique entre l’Algérie et le Niger prend une nouvelle ampleur. Un accord vient d’être formalisé entre le ministère algérien des Hydrocarbures et les autorités nigériennes, confirmant l’intensification des relations bilatérales dans le secteur pétrolier. Sonatrach s’apprête ainsi à réexaminer l’étude de faisabilité du bloc pétrolier de Bilma, un périmètre situé dans les régions de Diffa et d’Agadez, au Niger, avec l’objectif de développer un gisement stratégique pouvant produire plus de 20 000 barils par jour.

Cette démarche s’inscrit dans la continuité des travaux déjà menés sur le bloc de Kafra, où la compagnie nationale est engagée aux côtés de son homologue nigérienne. Elle confirme ainsi la volonté d’Alger de consolider son ancrage et de devenir un partenaire technique central pour Niamey dans le développement de ses ressources en hydrocarbures, a indiqué la plateforme spécialisée « Attaqa.net ».
Le bloc de Bilma couvre précisément ce périmètre stratégique qui s’étend de Diffa à Agadez. Selon les estimations préliminaires, ce gisement pourrait afficher une production supérieure à 20 000 barils par jour, sur une durée d’exploitation estimée à 20 ans, ce qui en fait un projet de premier plan pour le secteur énergétique nigérien.
Le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a d’ailleurs confirmé que Sonatrach mettra son expertise technique au service de la société nationale nigérienne des pétroles, la Sonidep, en l’accompagnant dans la préparation et la mise en œuvre du plan de développement. Ce plan sera élaboré à l’issue de la révision de l’étude de faisabilité, une fois les conclusions techniques établies.
Le rapprochement avec Bilma ne se comprend d’ailleurs pleinement qu’à la lumière du précédent de Kafra. Les deux parties ont en effet fait le point sur l’avancement des travaux menés sur ce bloc, auquel Sonatrach participe déjà, et ont convenu de renforcer leur coordination afin d’en accélérer les activités. Ce lien entre les deux dossiers illustre une méthode bien rodée : le savoir-faire technique acquis sur Kafra sert désormais de socle pour aborder ce nouveau gisement. En dupliquant cet effort d’exploration, Sonatrach cherche à s’inscrire dans la durée et à consolider son positionnement dans la région du Sahel, où la compagnie entend assurer une présence industrielle stable et durable.
Le développement conjoint des gisements de Kafra et de Bilma s’accompagne par ailleurs d’un volet commercial et logistique déjà opérationnel, qui témoigne de la diversification des axes de coopération entre les deux pays. Depuis le 14 août dernier, Sonatrach exporte ainsi du carburant d’aviation Jet A1 vers le Niger depuis la raffinerie d’Adrar, afin d’approvisionner régulièrement le marché nigérien. Parallèlement, les deux compagnies ont procédé au chargement et à la commercialisation conjointe d’une première cargaison de pétrole brut nigérien, le « Meleck », depuis le terminal pétrolier de Sèmè, au Bénin.
Cette coopération s’étend également à la formation, avec l’organisation prochaine d’une session dédiée à la maintenance des installations de raffinage, au profit de cadres nigériens en Algérie. À cela s’ajoute l’étude de la création d’un centre d’approvisionnement en bitume à Zinder, ainsi que l’examen des capacités d’approvisionnement continu en carburant aviation.
Par S. R.



