21/02/2024
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Industrie automobile: L’Algérie à la recherche de «constructeurs solides» 

L’Algérie veut asseoir une véritable industrie automobile. Dans sa feuille de route, le ministère de l’Industrie et de la production pharmaceutique a fixé l’objectif d’avoir au moins entre 4 à 8 constructeurs solide.

En effet, l’ouverture du marché automobile à l’importation n’est qu’une première étape et une procédure d’urgence pour répondre à la forte demande et réduire le déficit sur le marché après trois années de rupture, en attendant l’entrée en production des usines automobiles. Donc, la démarche du ministère est claire, dira le Directeur de l’intelligence économique au ministère de l’Industrie, président du secrétariat technique pour le suivi du dossier des véhicules, Mokdad Aggoune.

«C’est d’aller résolument vers  une véritable industrie automobile créatrice de richesse, de valeur ajoutée et d’emplois», souligne-t-il. D’abord une usine est déjà opérationnelle. Il s’agit de celle de Fiat implantée à Oran. D’autres usines seront réalisées au courant de 2024. Faisant savoir que 30 dossiers dans le domaine de la construction automobile sont en cours du traitement, le représentant du ministère de l’industrie a énuméré au moins quatre marques d’auto qui vont s’implanter en Algérie. Il s’agit de la marque chinoise Cherry qui réalisera une usine à Bordj Bou Arreridj, la marque JAC à Ain Témouchent, Geely à Médéa et également l’engagement de Hyundai pour la réalisation d’une usine en Algérie.

Et d’ajouter : «On ne compte pas aller vers le montage. Notre objectif est d’avoir au moins entre 4 à 8 de constructeurs automobile solide».  Concernant les taux d’intégration, le même responsable a rappelé que les constructeurs sont appelées à atteindre un taux de 10% à fin de la deuxième année du lancement de son usine, à 20% à la troisième année et 30% à partir de la cinquième année.

Des avantages fiscaux et parafiscaux seront accordés à ces concessionnaires conformément à la réglementation en vigueur, assure Mokdad lors de son passage au Forum d’El Moudjahid, en soulignant que le ministère accompagnera les PME activant dans les domaines en lien avec l’industrie automobile pour la création d’un tissu de la sous-traitance autours de ces usines.  Sur ce point, l’expert en économie, en l’occurrence Abderrahmane Hadef, estime que le contexte impose d’aller vers de nouveaux choix stratégiques pour l’industrie mécanique en remplacement des industries de montage de véhicules sans réelle valeur ajoutée.  Il s’agit d’une industrie technologique par excellence. A cet effet, recommande-t-il, il serait beaucoup plus intéressant et économiquement plus bénéfique de réfléchir à lancer des projets investissements orientés vers  la fabrication de batteries électriques nouvelle génération, des systèmes embraqués. Pour lui, «le paradigme de véhicule est entrain de changer radicalement, d’un moyen de transport vers un ordinateur à quatre roues. Après restera le défi de s’intégrer dans la chaîne de valeurs mondiales à travers des alliances stratégiques gagnantes».

Concernant l’activité de concessionnaire, le responsable au ministère de l’Industrie  a révélé que 41 agréments ont été attribués à des opérateurs. «Depuis le début de l’opération en avril 2023 jusqu’au 11 janvier 2024, nous avons recensé 127 dossiers recevables. Parmi ces dossiers 80 ont reçu d’autorisation préalable pour l’importation de véhicules tous types confondus, soit 60% du total des dossiers», détaille-t-il, en précisant que  41 agréments ont été attribués pour 12 marques automobiles (utilitaire et touristique). Selon les précisions de l’intervenant, les chinois taillent la part du lion, avec 7 marques et une marque japonaise «Suzuki». Quant aux marques européennes, elles ne représentent que 25%, ajoute-t-il, en précisant que son département ne fait pas de différence entre les nationalités des marques automobiles. « Tous les opérateurs sont les bienvenus y compris les françaises», dira-t-il, en notant que Citroën et KIA ont eu leur agrément pour entamer les opérations d’importation. Il est à noter que jusqu’au 30 octobre 2023, 24 opérateurs ont eu l’autorisation d’importation d’un quota de 180 000 voitures de tout type confondu pour un montant de 1,9 milliard de dollars. Concernant l’année 2024, Mokdad Aggoune a indiqué que les quotas ne sont encore attribués et seront fixés selon les capacités financières du pays. « Le comité en charge de ce dossier sous la tutelle du ministère du Commerce n’a pas encore réuni. C’est à lui de définir les quotas nécessaires pour réguler le marché», précise-t-il, en faisant savoir que la demande du marché national est estimée à 800 000 véhicules/an.

Par Zahir R

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