L’Algérie accélère sa stratégie d’internationalisation de son industrie pharmaceutique, en misant à la fois sur la mise à niveau de son système de réglementation et sur le renforcement de la coopération avec les organisations internationales en vue d’accéder aux marchés africains notamment.
Deux initiatives ont été engagées ces derniers jours par le ministère de l’Industrie pharmaceutique, traduisant cette orientation à travers l’accompagnement des opérateurs nationaux dans le processus de préqualification de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et la préparation d’un mécanisme régional d’approvisionnement en médicaments essentiels produits en Algérie.

Le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Dr Ouacim Kouidri, a ainsi présidé, samedi à Alger, l’ouverture d’une session de formation consacrée à l’accompagnement des opérateurs économiques spécialisés dans l’industrie pharmaceutique dans le processus de préqualification de l’OMS. Animée par des experts algériens issus de la communauté nationale établie à l’étranger, cette session vise à permettre aux établissements pharmaceutiques de mieux maîtriser les exigences techniques et réglementaires requises au niveau international.
Cette démarche s’inscrit dans la volonté des pouvoirs publics de renforcer le système national de réglementation pharmaceutique et d’aligner les pratiques de l’industrie nationale sur les normes et standards internationaux. L’objectif est notamment d’améliorer la compétitivité du médicament produit localement et de faciliter son accès aux marchés extérieurs, avec une attention particulière portée au continent africain, a précisé le ministère dans un communiqué.
Pour le ministre, la souveraineté sanitaire ne doit pas se limiter à la couverture des besoins du marché national. Elle doit également se traduire par la capacité de l’industrie pharmaceutique algérienne à s’imposer à l’extérieur, à travers la transformation des capacités de production nationales en une présence effective sur les marchés internationaux et en promouvant les exportations pharmaceutiques, en tant que l’un des leviers de l’économie nationale hors hydrocarbures.
Vers un rôle de fournisseur régional
Cette ambition prend une dimension particulière dans le cadre du projet de création d’un centre régional d’approvisionnement en médicaments essentiels produits en Algérie. Une réunion technique consacrée à ce projet s’est tenue jeudi dernier à Alger, en présence de représentants de l’UNICEF, de l’OMS et de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI), ainsi que des cadres du ministère et des représentants des organismes et entreprises concernés.
La rencontre intervient dans le prolongement de la mission technique effectuée en juillet dernier par le ministre auprès de la Division de l’approvisionnement de l’UNICEF à Copenhague. Les discussions avaient porté sur les modalités de mise en place de ce centre régional, appelé à contribuer à l’approvisionnement des marchés africains en médicaments essentiels fabriqués en Algérie.
Les travaux s’inscrivent également dans le prolongement de la Conférence ministérielle africaine sur la production locale de médicaments et de technologies de santé, organisée à Alger en novembre 2025 et ayant abouti à l’adoption de la « Déclaration d’Alger ». Celle-ci prévoit notamment des initiatives destinées à renforcer la coopération et l’intégration entre les pays africains dans le domaine de la production locale de médicaments.
Dans cette perspective, les participants à la réunion technique ont insisté sur l’élaboration d’une feuille de route commune comprenant des mesures concrètes à court et moyen termes, ainsi que sur la mise en place d’un programme d’action pour la période 2026-2027. Ce cadre doit notamment préparer le lancement de l’approvisionnement des marchés africains en médicaments essentiels fabriqués en Algérie.
La qualité comme condition d’accès
La préqualification de l’OMS constitue, dans ce dispositif, un enjeu majeur pour les opérateurs pharmaceutiques nationaux. La formation organisée au ministère doit leur permettre de mieux appréhender les procédures et les exigences internationales, en s’appuyant sur l’expertise d’Algériens établis à l’étranger disposant d’une expérience dans ce domaine.
Les experts présentent ainsi les meilleures pratiques et les procédures techniques et réglementaires que les établissements pharmaceutiques doivent adopter afin de satisfaire aux standards reconnus à l’échelle internationale. Le ministère et l’Agence nationale des produits pharmaceutiques sont appelés, de leur côté, à assurer l’accompagnement technique et réglementaire nécessaire aux opérateurs engagés dans cette démarche. En somme, ces efforts du ministère visent en effet à inscrire l’industrie pharmaceutique algérienne dans une logique d’intégration régionale. L’objectif consiste à passer d’une industrie principalement orientée vers la satisfaction de la demande intérieure à un secteur capable de contribuer à la sécurité sanitaire du continent africain.
Par Zahir R.



