06/08/2026
ACTUALITENATIONAL

Intelligence artificielle: L’Algérie lance sa feuille de route

Le gouvernement passe à la phase opérationnelle de la Stratégie nationale de l’intelligence artificielle. Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, a présidé, hier, la première réunion de coordination regroupant les représentants de plusieurs départements ministériels afin de définir les mécanismes de mise en œuvre de cette feuille de route, qui vise à renforcer la souveraineté technologique du pays et à accélérer l’intégration de l’intelligence artificielle dans les services publics.

Lors de cette réunion, la première du genre, les participants ont procédé à la définition des objectifs stratégiques et à l’élaboration des grandes lignes d’un plan d’action commun visant à renforcer la souveraineté technologique et à élargir le recours à l’intelligence artificielle au sein des services publics, à l’instar des expériences internationales les plus avancées.

Selon un communiqué du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, cette rencontre a permis de définir les objectifs stratégiques et les principaux axes d’une feuille de route commune destinée à accélérer le déploiement de l’intelligence artificielle dans les différents secteurs d’activité, tout en consolidant la souveraineté technologique nationale.

Le ministère souligne que cette démarche s’inscrit dans une vision globale visant à généraliser l’utilisation de l’intelligence artificielle au sein des services publics, en s’inspirant des expériences internationales les plus avancées, tout en développant un écosystème national capable de concevoir et d’exploiter ses propres solutions technologiques.

Une feuille de route a ainsi été arrêtée. Elle est axée sur le développement de modèles gouvernementaux souverains d’intelligence artificielle, en open source, destinés aux administrations publiques. L’objectif est de doter les institutions nationales d’outils numériques conçus localement, capables de répondre aux besoins spécifiques des différents secteurs tout en garantissant une meilleure maîtrise des technologies stratégiques.

La stratégie met également l’accent sur la nécessité de renforcer les infrastructures numériques du pays à travers la mise à disposition de capacités de calcul à haute performance. Ces plateformes devront permettre aux centres de recherche, aux universités ainsi qu’aux start-up de développer et d’entraîner localement des modèles d’intelligence artificielle, favorisant ainsi l’émergence d’un écosystème national de l’innovation.

Former les compétences de demain

Le développement du capital humain constitue un autre pilier de cette stratégie. Selon le ministère, des programmes de formation intensifs et innovants seront lancés en partenariat avec les universités et les établissements de recherche afin de former les compétences nationales dans les domaines de l’analyse des données, de l’intelligence artificielle générative et des technologies émergentes.

Cette démarche vise à répondre à la demande croissante en profils spécialisés et à accompagner la transformation numérique des administrations et des entreprises. La feuille de route prévoit également la création d’un centre de recherche scientifique dédié à l’intelligence artificielle, ainsi que de plusieurs unités de recherche spécialisées. Ces nouvelles structures auront pour mission de rapprocher davantage la recherche académique des besoins industriels en facilitant le transfert des résultats scientifiques vers les applications économiques et technologiques.

Le ministère considère que ce rapprochement entre les universités, les centres de recherche et le tissu économique constitue un facteur essentiel pour stimuler l’innovation et renforcer la compétitivité nationale.

Sécuriser les données publiques

La stratégie nationale accorde également une place centrale à la gouvernance des données. Le communiqué prévoit le traitement et le stockage des données administratives et publiques au sein de centres de données nationaux sécurisés, garantissant leur souveraineté et leur protection.

Le ministère insiste, par ailleurs, sur la nécessité d’assurer un usage éthique, responsable et fiable des technologies d’intelligence artificielle, conformément aux standards internationaux en matière de confiance numérique.

Afin d’assurer la concrétisation des différents projets, la première réunion de coordination s’est achevée par la création d’un comité conjoint de suivi. Cette instance sera chargée de superviser la mise en œuvre des différentes étapes de la feuille de route selon un calendrier précis, d’évaluer l’état d’avancement des projets et de veiller au respect des objectifs fixés.

À travers cette démarche, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique entend accélérer la transition vers une administration publique moderne, intelligente et fortement numérisée, tout en faisant de l’intelligence artificielle un moteur de développement économique, scientifique et technologique pour l’Algérie.

Par Selma R.

Publicité

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *