28/05/2024
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Investissement dans la transition énergétique: L’entrave du FMI

Alors que l’Algérie s’apprête à accueillir le 7e Sommet du Forum des pays exportateurs du gaz (GECF), qui se tiendra à Alger, du 29 février au 2 mars, le gaz est devenu la pierre angulaire et la clé de voute du processus de transition énergétique. Avec une part en constante progression en termes de consommation dans le monde, le gaz naturel est plébiscité à l’échelle mondiale comme étant une ressource au rôle clé dans la transition énergétique, affichant désormais une croissance plus rapide que celle du pétrole, pour atteindre 26% de la demande en énergie à l’horizon 2050. C’est du moins l’espérance des membres de ce forum, sauf que des ministres africains des finances, ont appelé à un FMI « adapté au XXIe siècle ».

Par essence la transition énergétique oblige à de lourds investissements, donc recours à des prêts. Et c’est là où le bât blesse, et le FMI est la principale source. Aussi, ces ministres des finances réclament un renforcement du modèle opérationnel, des instruments de prêt et de la structure de gouvernance afin de pouvoir faire face plus efficacement à ce passage obligé qu’est la transition énergétique.

Pour le GECF, il ne fait aucun doute que le gaz naturel s’affirme comme la source d’hydrocarbures la plus propre et donc la moins polluante et a, de ce fait, un rôle vital à jouer dans le sillage de la transition énergétique mondiale vers les énergies vertes, y recourir demande aussi des investissements.

Les agissements de cette institution internationale, ont été aussi décriés par le Patron de TotalEnergies, qui assure que « Les investissements dans les énergies renouvelables en Afrique sont entravés par l’insuffisance des garanties de prêt du gouvernement, alors que le Fonds monétaire international maintient un contrôle strict sur l’endettement des pays ».

Beaucoup d’économistes assurent aussi qu’au moment où la planète se mobilise pour cet objectif, appellent à mettre fin au remboursement des coûts administratifs du PRGT, et vendre une partie des réserves d’or du FMI à moyen terme afin d’accroître la disponibilité des financements. Or les investissements peuvent être la pierre d’achoppement de toute velléité de réussite.

Une raison pour laquelle les ministres africains des finances ont insisté à ce que les institutions internationales bailleuses de fonds réexaminent les limites d’accès au fur et à mesure de la disponibilité des ressources.  Plus précisément, ils ont demandé que la limite d’accès annuelle du PRGT soit portée à 200 % de la quote-part et que la limite d’accès cumulée soit portée à 600 % de la quote-part, conformément aux augmentations des limites d’accès au compte des ressources générales (CRG) qui ont été décidées récemment. Peut-être une raison pour laquelle le patron de TotalEnergies dit que les règles du FMI entrave les projets.  Or le FMI fort de sa position dominante estime, que les Etats ne pourront pas à eux seuls assurer le financement de la transition énergétique. Pour la simple et unique raison que les finances publiques n’y survivraient pas.

Inquiétude des pays très endettés

Le Fonds monétaire international (FMI) est explicite : compter sur la seule dépense publique pour atteindre l’objectif de zéro émission nette d’ici le milieu du siècle afin de limiter le réchauffement climatique augmenterait de 45 à 50 % en moyenne les ratios d’endettement public rapporté au PIB. Le recours à l’emprunt devient donc aussi nécessaire qu’obligatoire. Pour le FMI, donc une telle trajectoire est insoutenable à terme « Un endettement élevé, des taux d’intérêt en hausse et des perspectives de croissance plus faibles rendront encore plus difficile l’équilibre des finances publiques.

Or beaucoup d’analystes, estiment que le FMI et la Banque mondiale sont très attendus sur le climat et l’aide aux pays endettés. Mais que pour cela, ces institutions doivent renforcer l’aide aux pays confrontés à un fort endettement, tout en participant plus activement au financement de la transition énergétique, tel est l’équilibre qu’elles devront trouver.

Plusieurs pays, africains, s’inquiètent de voir le financement de la transition climatique prendre le pas sur l’éradication de la pauvreté et l’aide aux pays confrontés à une crise de la dette. Certes, l’Afrique ne contribue qu’à hauteur de 4% des émissions de gaz à effet de serre pourtant notre continent est la principale victime et subit de plein fouet les effets dévastateurs du changement climatique.

Mais pour beaucoup de pays du continent les préoccupations sont autres, alors que plus d’une vingtaine d’entre eux sont proches ou d’ores et déjà en état de surendettement, et certains états dont l’Égypte, et la Tunisie ont déjà un plan d’aide du FMI, par exemple. Pour le GCEF, le gaz représente une alternative peu chère et rentable avec des investissements pas trop lourds à porter.

Par Réda Hadi

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