21/02/2024
ACTUINTERNATIONAL

La production mondiale de blé sera plus faible en 2023

Le ministère américain de l’Agriculture (USDA) a revu à la baisse son estimation de production mondiale de blé pour la campagne en cours, à 783,4 millions de tonnes, selon ses derniers chiffres publiés jeudi. La faute à des épisodes de sécheresse dans de nombreux pays producteurs. Cependant, la consommation devrait elle aussi ralentir.

L’année sera moins bonne que prévue pour les récoltes de céréales. Le ministère américain de l’Agriculture (USDA) a, en effet, annoncé une saison 2023-2024 avec une production de 783,4 millions de tonnes de blé, selon son dernier rapport dit « Wasde », publié jeudi. Ce serait moins que pour la campagne 2022-2023, à 790 millions de tonnes, mais légèrement mieux qu’il y a deux ans. « Ce n’est pas une grande surprise », a commenté Gautier Le Molgat, du cabinet Agritel. « Les stocks sont dans la fourchette qu’on attendait. » Dans l’ensemble les évolutions des prévisions « sont plutôt neutres ».

Ces nouvelles estimations pour l’année en cours sont moins bonnes que celles publiées précédemment. En juin, L’USDA voyait l’offre mondiale de blé augmenter de 10,8 millions de tonnes sur un an pour atteindre 800,19 millions de tonnes après les récoltes de 2023. Mais la sécheresse dans de nombreux pays aura eu raison des rendements. L’organisme avait déjà révisé son estimation à la baisse, à 787,3 millions, en août.

La sécheresse en cause

Cette révision à la baisse est principalement due à une moindre production en Australie (-1,5 million de tonnes), au Kazakhstan (-2 millions) et au Brésil (-0,5 millions), tous trois affectés par la sécheresse.

Le département australien de l’Agriculture a indiqué, début septembre, s’attendre à une « chute » de la production des cultures d’hiver, dont fait partie le blé. L’Etat du Queensland (nord-est), ainsi que le nord de la Nouvelle-Galles du Sud (sud-est) et le sud de l’Australie-Occidentale (sud-ouest) ont été affectés par des conditions sèches, attribuables au phénomène météorologique El Nino. « Ce n’est pas une énorme surprise », a commenté Gautier Le Molgat, du cabinet Agritel. « Cela faisait longtemps qu’on voyait l’Australie trop élevée. »

La sécheresse a également frappé l’ouest du Canada, grande région de production du blé, en particulier la province d’Alberta, poussant l’USDA à amputer son estimation de récolte de deux millions de tonnes. Manque de précipitations aussi en Argentine, où les volumes ont été diminués d’un million de tonnes, ainsi qu’au sein de l’Union européenne. La réduction a cependant été partiellement compensée par une hausse de la récolte américaine (+2,1 millions de tonnes).

Reste que ces moins bons chiffres ont donné de l’élan aux cours, déprimés depuis plusieurs semaines. Vers 20 heures, heure de Paris, le cours du contrat de référence sur le boisseau (environ 27 kg) de blé de variété SRW (Soft Red Winter Wheat) prenait 2,69%, à 5,71 dollars.

Une baisse de la consommation mondiale

Mais la baisse de la consommation attendue cette année devrait faire contrepoids sur les prix de ses denrées. L’USDA anticipe notamment une baisse de la consommation de blé de 3 millions de tonnes, certes moins importante que la baisse de la production, ce qui devrait, tout de même, entraîner un léger repli des stocks de fin de période.

La demande mondiale risque encore de s’affaiblir au vu du ralentissement économique mondial. Le Fonds monétaire international (FMI) s’attend à une croissance mondiale de 3% pour 2023 et une croissance un peu plus faible en 2024, à 2,9%, selon ses données publiées le 10 octobre. « Nous avons une économie mondiale qui continue à récupérer de la pandémie et la guerre en Ukraine, et dans le même temps une croissance qui reste faible en comparaison historique. Nous observons également des divergences grandissantes », a déclaré lors d’un point presse en ligne le chef économiste du Fonds, Pierre-Olivier Gourinchas.

La situation est en effet contrastée, tant parmi les économies avancées qu’entre les principaux pays émergents, certains voyant leurs prévisions s’améliorer très sensiblement quand d’autres, principalement en Europe, tournent au ralenti, voire connaissent une légère récession. En cause, la persistance de certains chocs, en particulier l’invasion russe en Ukraine. L’inflation met du temps à ralentir, poussant les banques centrales à poursuivre leur politique monétaire restrictive avec des taux d’intérêt élevés.

Synthèse R E.

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