17/06/2024
ACTUALITEAGRICULTURE/PÊCHE

L’Algérie veut augmenter sa production halieutique: Cap sur la pêche en haute mer

Contrairement à la surpêche dans les zones côtières, la ressource halieutique en haute mer est sous-exploitée. Ce qui a induit un déficit majeur dans notre production halieutique et ce malgré le doublement du nombre de navires de pêche en vingt ans, passant de 2 550 en 2000 à 6 200 en 2020, alors que la production n’a pas connu d’augmentation significative, n’excédant pas les 100 000 tonnes/an.

Pour M Farid Harouadi, Secrétaire général au ministère de la Pêche et de la Production Halieutique, la production halieutique nationale est figée depuis les années 90.  S’exprimant chez nos confrères de la radio nationale, M Harouadi, ce responsable explique que cette contradiction déconcertante est le fait que l’activité de pêche en Algérie s’est limitée aux seules zones côtières, où la biomasse «pêchable » est estimée à 187 000 tonnes, tandis que les professionnels ne sont pas équipés pour exploiter les zones en haute mer, qui regorgent de poissons.

C’est pourquoi l’Algérie, a poursuivi M. Harouadi, mise sur la prospection et l’exploitation de nouvelles zones en haute mer en introduisant des navires adaptés et équipés pour la grande pêche.

Il a cité, à ce propos, « l’instruction du président de la République d’importer des navires de plus de 40 mètres capables de naviguer de 15 à 30 jours au large des côtes algériennes. Ce qui nous permettra d’augmenter la production nationale de 50% à l’horizon 2026 ».

Selon lui, le ministère de la Pêche envisage également de renforcer la production aquacole marine pour répondre à la demande nationale croissante. « Actuellement, la production aquacole marine est estimée à moins de 7 000 tonnes, alors que le potentiel est de 120 000 tonnes », a-t-il dit.

La pêche au large serait-elle la panacée ?

Selon des spécialistes, la stratégie des pouvoirs publics pour répondre à la demande des consommateurs repose sur deux axes majeurs que sont la promotion de l’activité de l’aquaculture et l’autorisation de la pêche en haute mer.

Le secteur de la pêche et de l’aquaculture fait face au double défi d’augmenter la production sans pour autant menacer la ressource halieutique d’extinction et encore moins pénaliser les différents acteurs impliqués dans la chaîne de valeur.

Avec une production annuelle évaluée en moyenne à 100 000 tonnes par an, le secteur peine à répondre toutefois à la demande de plus en plus croissante des consommateurs algériens. Les prix des différentes variétés de poisson demeurent très élevés même pour les produits qui jadis étaient à la portée de tous, à l’instar de la sardine.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le secteur connaît une surexploitation de la ressource notamment sur les côtes.  De 1990 à 2019, l’Algérie est passée d’un niveau de surexploitation des stocks de 19% à 35%. On est passé d’une pêche artisanale à l’exploitation commerciale avec ce que cela implique comme enjeux environnementaux.

Ces dernières s’effectuent beaucoup plus dans les zones côtières ce qui met la pression sur la ressource existante en bord de mer alors que les ressources en haute mer ne sont que faiblement exploitées.

Ces mêmes experts expliquent aussi que le stock est exploité à 60 ou 70% du total de la biomasse, d’où la nécessité de faire un travail sur la manière d’exploiter la ressource halieutique en Algérie en permettant à certains pêcheurs d’aller au large et exploiter cette ressource et augmenter la production nationale, ce qui fera baisser la pression sur les côtes.

Aussi, l’acquisition de bateaux de plus gros tonnage permettraient, selon M Harouadi outre l’exploitation de la ressource dans les eaux algériennes, et devraient également permettre aux armateurs algériens d’aller pêcher dans les eaux internationales dans le cadre d’accord avec des pays voisins, à l’instar de celui signé avec la Mauritanie. La loi de finances 2024 a accordé l’autorisation d’importation de navires de moins de cinq ans d’âge pour renforcer la flottille de pêche.

Selon lui, le ministère de la Pêche envisage également de renforcer la production aquacole marine pour répondre à la demande nationale croissante. « Actuellement, la production aquacole marine est estimée à moins de 7 000 tonnes, alors que le potentiel est de 120 000 tonnes », a-t-il dit.

Et de révéler que 187 projets aquacoles sont enregistrés et que 70 autres projets sont en cours de réalisation, ce qui devrait permettre de porter la production à 10 000 tonnes d’ici la fin de l’année et à 100 000 tonnes d’ici 2030.

Par Réda Hadi

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