Ligne ferroviaire Alger-Tamanrasset: Plus de 6 000 hectares déclarés d’utilité publique
Le projet de réalisation de la ligne ferroviaire Alger-Tamanrasset entre dans une nouvelle étape réglementaire. Le décret exécutif n° 26-273 du 1er août 2026, publié au Journal officiel n°57, déclare d’utilité publique l’opération portant sur les tronçons El Meniaâ-In Salah et In Salah-Tamanrasset, confirmant le caractère stratégique de cette infrastructure pour le développement et le désenclavement du Grand Sud.
D’une longueur cumulée de 1.086 kilomètres, les deux tronçons concernés constituent un maillon majeur de la future ligne ferroviaire Alger-Tamanrasset. Le premier, reliant El Meniaâ à In Salah, s’étend sur 410 km, tandis que le second, entre In Salah et Tamanrasset, affiche une longueur de 676 km. Le décret souligne le caractère d’intérêt général, national et stratégique de cette opération.
La déclaration d’utilité publique porte sur une superficie totale de 6.055 hectares, 63 ares et 25 centiares, répartie entre les wilayas d’El Meniaâ, In Salah et Tamanrasset.
Dans le détail, 1.046 hectares sont concernés dans la commune de Hassi Gara, dans la wilaya d’El Meniaâ, 2.436 hectares dans la commune d’In Salah, tandis que 2.572 hectares sont situés dans les communes d’In Amguel, Abalessa et Tamanrasset. Cette déclaration d’utilité publique permet notamment d’engager les procédures foncières nécessaires à la réalisation de l’infrastructure, conformément à la législation relative à l’expropriation pour cause d’utilité publique.
Une ligne conçue pour les voyageurs et le fret
Le premier tronçon, El Meniaâ-In Salah, sera réalisé sur 410 km avec une vitesse maximale prévue de 220 km/h pour les trains de voyageurs et de 100 km/h pour les trains de marchandises.
Les travaux de terrassement nécessiteront notamment 5,1 millions de m³ de déblais et 8,2 millions de m³ de remblais. Le tronçon comprendra également 7 tunnels, 13 viaducs, 10 ouvrages ferroviaires, 28 ouvrages routiers et 420 ouvrages hydrauliques. Sur le plan des infrastructures voyageurs, le projet prévoit une gare mixte à In Salah ainsi que 11 gares de croisement. La ligne sera équipée du système de signalisation ERTMS-ETCS niveau 1 et d’un système de télécommunications GSM-R sur support fibre optique.
Le deuxième tronçon, In Salah-Tamanrasset, représente à lui seul 676 km. Il sera également conçu pour une vitesse maximale de 220 km/h pour les voyageurs et de 100 km/h pour le transport de marchandises. L’ampleur des travaux sera particulièrement importante, avec près de 8,09 millions de m³ de déblais et 38,97 millions de m³ de remblais.
Cette partie de la ligne nécessitera la réalisation de 26 viaducs, 23 ouvrages ferroviaires, 23 ouvrages routiers et 285 ouvrages hydrauliques.
Le tracé comprendra sept gares, notamment au PK ferroviaire n°151, à Arak, Moulay Lahcen, In Amguel, Tit, Outoul et une gare mixte à Tamanrasset. À cela s’ajouteront 12 gares de croisement. Comme pour le premier tronçon, le système de signalisation retenu est l’ERTMS-ETCS niveau 1, tandis que les télécommunications seront assurées par le GSM-R sur fibre optique.
Un projet structurant pour le Grand Sud
Par ailleurs, la future liaison Alger-Tamanrasset est appelée à jouer un rôle important dans l’amélioration de la connectivité des territoires du Sud, en facilitant la circulation des personnes et le transport des marchandises.
La possibilité d’assurer à la fois le transport de voyageurs et de fret devrait également renforcer les échanges entre les différentes régions traversées et contribuer à une meilleure intégration économique des territoires du Grand Sud. Le choix d’une vitesse maximale de 220 km/h pour les voyageurs et l’intégration de systèmes modernes de signalisation et de télécommunications témoignent par ailleurs de la volonté d’inscrire cette infrastructure dans un réseau ferroviaire répondant à des standards technologiques modernes.
Le texte prévoit également les dispositions financières liées aux opérations d’expropriation. Les crédits nécessaires au versement des indemnités dues aux personnes concernées par l’expropriation de biens et droits réels immobiliers devront être disponibles et consignés auprès du Trésor public.
Par Zahir R.
