Ligne ferroviaire minière Gara Djebilet–Tindouf–Béchar: Une réalisation stratégique et historique

La concrétisation de la ligne ferroviaire minière Gara Djebilet–Tindouf–Béchar constitue une étape majeure dans la stratégie nationale de développement et de valorisation des ressources minières de l’Algérie. Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a salué cet exploit national, réalisé dans un délai record grâce à la conjugaison de la compétence, de la volonté et du savoir-faire algériens.
Par Selma Rachid
Dans son allocution prononcée à l’occasion de la mise en service de cette infrastructure stratégique, le chef de l’État a d’emblée inscrit cette réalisation dans une continuité historique et symbolique forte. Il a notamment souligné que « le message éternel des martyrs constitue un héritage qui permet de remporter la bataille du développement », établissant ainsi un lien direct entre la mémoire nationale et les grands chantiers économiques contemporains. Pour lui, ce projet illustre la capacité du pays à transformer des ambitions de longue date en réalités tangibles. Le président Tebboune a d’ailleurs rappelé que cette ligne, longtemps considérée comme un projet difficilement réalisable, est désormais opérationnelle. « Nous assistons aujourd’hui à une des étapes de la concrétisation d’une réalisation nationale stratégique et historique, longtemps évoquée comme un rêve lointain », a-t-il déclaré, mettant en avant l’esprit de mobilisation nationale qui a rendu ce succès possible.
L’un des aspects les plus remarquables de ce chantier demeure son rythme d’exécution. La ligne a été achevée en seulement vingt mois, un délai que le président a qualifié d’exceptionnel en précisant qu’« une telle durée suffit à peine à la construction d’un lycée, qui parfois nécessite trois ans ». Cette comparaison souligne la performance organisationnelle et technique enregistrée sur ce chantier d’envergure. Par ailleurs, le chef de l’État a insisté sur la dimension souveraine de l’œuvre. Selon lui, la ligne a été bâtie grâce à « une volonté algérienne, un financement algérien et des cadres algériens, avec les amis chinois ». Cette formule met en exergue un pilotage national souverain, tout en valorisant la place centrale des compétences locales et l’apport d’une coopération internationale ciblée.
Sur le plan technique, le président a évoqué l’ampleur impressionnante des infrastructures, citant notamment des ponts totalisant vingt kilomètres le long du tracé. Il a estimé que ces ouvrages « pourraient figurer dans le Guinness des records », y voyant « un véritable exploit accompli par des hommes qui ont cru en leur patrie et se sont sacrifiés pour elle ». Au-delà de l’infrastructure physique, la ligne Gara Djebilet–Tindouf–Béchar s’intègre dans une vision économique globale. Elle constitue la première phase d’un projet national structurant destiné à transformer le Grand Sud à court terme. Elle soutiendra l’exploitation du gisement de fer de Gara Djebilet, tout en accompagnant d’autres projets majeurs tels que la mine de zinc-plomb d’Oued Amizour à Béjaïa et le développement des liaisons liées à la mine de Bled El Hadba ainsi qu’au quai minier d’Annaba.
Le discours présidentiel réaffirme l’objectif de diversification de l’économie et de réduction de la dépendance aux hydrocarbures. La valorisation des ressources minières et le déploiement d’infrastructures lourdes dans le Sud s’imposent désormais comme des leviers centraux de cette réorientation stratégique. « Tous les moyens ont été mobilisés pour atteindre les objectifs escomptés », a affirmé le président, tout en exprimant sa profonde reconnaissance aux ingénieurs, cadres et ouvriers ayant œuvré dans des conditions climatiques extrêmes. En remerciant « toutes les compétences chargées de la gestion du projet » et les partenaires chinois, Abdelmadjid Tebboune a qualifié cette inauguration de moment historique, ancrant l’image d’une Algérie capable de relever les plus grands défis industriels par son propre génie national.
S. R.
