15/04/2026
ACTUENERGIE

Nouveaux accords énergétiques et retour de BP: L’Algérie renforce ses alliances énergétiques

L’Algérie accélère son repositionnement sur le marché mondial de l’énergie en multipliant les partenariats stratégiques et en relançant ses activités d’exploration. Entre rapprochement avec la Jordanie, ouverture technologique vers la Corée du Sud et retour de la major BP, le pays confirme ses ambitions dans un contexte international marqué par de fortes tensions sur l’approvisionnement.

Ces évolutions interviennent alors que les marchés énergétiques mondiaux restent sous pression, notamment en raison des perturbations dans le détroit d’Ormuz et des tensions géopolitiques impliquant l’Iran, ravivant l’intérêt pour des fournisseurs jugés fiables comme l’Algérie.

Dans ce cadre, le ministre de l’Énergie, Mohamed Arkab, a récemment échangé avec son homologue jordanien afin d’explorer de nouvelles perspectives de coopération. Les discussions ont porté sur le développement des exportations algériennes de pétrole brut, de GPL et de GNL vers le marché jordanien, ainsi que sur des projets liés au stockage et à la distribution des produits pétroliers.

Parallèlement, Sonatrach a intensifié ses échanges avec des partenaires sud-coréens, notamment autour de contrats de commercialisation à moyen et long terme portant sur le pétrole brut et des produits dérivés comme le naphta. Un accord a d’ailleurs été signé récemment avec la société S-Oil. Les discussions portent également sur l’intégration de technologies avancées dans l’amont pétrolier et gazier, illustrant la volonté d’ouvrir davantage le secteur à l’expertise internationale.

Cette dynamique s’accompagne d’une performance notable des exportations, notamment en gaz naturel liquéfié, qui ont atteint 938 000 tonnes en mars, en hausse de 41 % sur un mois. L’Algérie dispose aujourd’hui d’une capacité d’exportation de plus de 40 milliards de mètres cubes de gaz par an et ambitionne de porter sa production à 200 milliards de mètres cubes d’ici 2027.

Sur le plan de l’exploration, l’Algérie a accordé une nouvelle licence à BP dans le bassin oriental, marquant le retour opérationnel de la major britannique. Cette autorisation porte sur des études géologiques et techniques visant à évaluer le potentiel en hydrocarbures, sans inclure, à ce stade, des opérations de forage.

Selon l’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (ALNAFT), cette décision s’inscrit dans une stratégie globale visant à renforcer l’attractivité du domaine minier national, qui s’étend sur plus de 1,7 million de km² et recèle encore d’importantes ressources inexploitées.

Le retour de BP s’inscrit dans une tendance plus large de regain d’intérêt des grandes compagnies internationales, à l’image de Chevron et ExxonMobil, qui ont récemment manifesté leur intérêt pour de nouveaux projets en Algérie.

Dans cette optique, le pays s’apprête à lancer, le 19 avril courant, un nouveau cycle d’appels d’offres (« Bid Round Algeria 2026 ») portant sur sept zones d’exploration, avec pour objectif d’attirer davantage d’investissements, d’accroître les réserves prouvées et de renforcer les partenariats technologiques.

Cette initiative vise à accroître les réserves prouvées, attirer des investissements directs étrangers, renforcer les partenariats technologiques et soutenir la production à moyen et long terme, dans un contexte de demande mondiale croissante en énergie.

Les résultats du précédent cycle, marqué par la signature de contrats avec des groupes tels que TotalEnergies, QatarEnergy et ENI, témoignent déjà de l’intérêt croissant des investisseurs internationaux pour le potentiel énergétique algérien. Le volume minimal d’investissements dans ce cycle a atteint environ 936 millions de dollars, répartis entre 533 millions de dollars pour les activités d’exploration et 403 millions de dollars pour les opérations de développement, illustrant l’ampleur de l’intérêt international pour les opportunités offertes par le marché algérien. Les estimations ont également révélé des réserves prometteuses dans les zones concernées, comprenant environ 330 milliards de mètres cubes de gaz naturel, 349 milliards de mètres cubes de gaz associé, ainsi que plus de 560 millions de barils de pétrole.

Par Z. R.

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