Réforme de l’Inspection du travail: Priorité au conseil et à l’accompagnement des entreprises
Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Abdelhak Saihi, a annoncé dimanchel’ouverture, à partir du mois de septembre prochain, d’importants chantiers de réforme au profit du corps de l’Inspection du travail, destinés à adapter son fonctionnement aux mutations économiques que connaît le pays et à renforcer son rôle dans l’accompagnement des entreprises.
S’exprimant à l’ouverture de la rencontre nationale d’évaluation des services de l’Inspection générale du travail, organisée à Ben Aknoun en présence des cadres du secteur, des inspecteurs régionaux et des inspecteurs de wilaya, le ministre a présenté les grandes orientations de la réforme tout en dressant un bilan positif de l’activité de l’Inspection.

« L’inspecteur du travail n’est pas uniquement un organe de contrôle ou de répression, mais un véritable partenaire de l’entreprise », a insisté Abdelhak Saihi. Selon lui, la mission de l’Inspection doit désormais reposer davantage sur l’accompagnement, l’orientation et le conseil afin d’aider les entreprises à mieux appliquer la législation sociale, dans un climat de confiance et de bonne foi.
Le ministre a souligné que la dynamique économique enregistrée par l’Algérie, notamment dans les secteurs de l’agriculture, des travaux publics et de l’industrie, impose une nouvelle approche conciliant protection des droits des travailleurs et accompagnement des opérateurs économiques. Dans cette perspective, il a annoncé l’ouverture de plusieurs chantiers de réforme dès septembre prochain. Ils porteront notamment sur la révision du cadre réglementaire des inspecteurs régionaux du travail afin de consacrer les principes d’équité et d’égalité des chances, ainsi que sur l’actualisation du statut particulier des inspecteurs pour répondre aux nouvelles exigences du marché du travail et améliorer la qualité du service public. Dans son allocution, Saihi a mis également l’accent sur la nécessité de poursuivre la modernisation de l’Inspection du travail à travers la généralisation de la numérisation, le renforcement des moyens matériels et logistiques ainsi que la mise en œuvre d’un programme permanent de formation continue axé sur les aspects pratiques.
Le ministre a plaidé pour une gestion moderne des performances, appelant à l’élaboration de tableaux de bord et d’indicateurs précis permettant d’évaluer l’efficacité des inspecteurs et de mesurer les résultats des actions menées sur le terrain.
Autre axe majeur évoqué par le ministre : la santé et la sécurité au travail, qu’il considère comme la priorité stratégique de l’Inspection. Il a estimé que près de 80 % de l’activité des inspecteurs devrait être consacrée à la prévention, à la sensibilisation et à l’accompagnement des entreprises avant tout recours aux sanctions, afin de développer une véritable culture de prévention et de réduire les accidents du travail.
Sur le plan de la coopération internationale, Abdelhak Saihi a annoncé le lancement, à compter du 15 septembre 2026, d’un programme de formation destiné aux inspecteurs du travail du Nigeria. Cette initiative vise à valoriser l’expertise algérienne dans ce domaine tout en renforçant les échanges de compétences avec les pays partenaires.
Le ministre a, par ailleurs, salué les résultats enregistrés par les services de l’Inspection du travail. En 2025, ceux-ci ont effectué 231 296 visites de contrôle, couvrant plus de 4 millions de travailleurs. Au premier semestre 2026, 125 839 visites ont été réalisées au profit de plus de 1,9 million de travailleurs. Selon les chiffres présentés lors de cette rencontre, les opérations de contrôle menées au cours des six premiers mois de l’année ont permis d’établir 23 366 procès-verbaux d’infraction, de notifier 70 195 mises en demeure et de formuler 19 214 observations écrites. Le ministre a relevé que ces résultats traduisent une amélioration du niveau de conformité des entreprises à la législation du travail et une baisse des infractions constatées, signe, selon lui, de l’efficacité croissante de l’approche fondée sur l’accompagnement et la prévention. Enfin, le ministre a réaffirmé la volonté de son département de poursuivre la modernisation de l’Inspection du travail afin d’en faire un acteur majeur de l’amélioration des conditions de travail, de la prévention des risques professionnels et de l’accompagnement du développement économique.
Par Z R.
