01/03/2024
ACTUALITENATIONAL

Réutilisation des eaux usées traitées dans l’agriculture et l’industrie

40 milliards de DA mobilisés par le gouvernement

Face aux changements climatiques et au recul drastique de la pluviométrie,  la réutilisation des eaux usées épurées devient une nécessité. D’ailleurs, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avait fixé l’objectif d’augmenter la récupération de ces eaux à hauteur de 60% d’ici 2030.

À cet effet, une stratégie opérationnelle vient d’être lancée par le ministère de l’Hydraulique. Intervenant à l’ouverture d’un séminaire placé sous le thème : « La valorisation de l’utilisation des eaux usées traités en agriculture et industrie : expérience et perspectives», le ministre Taha Derbal a dévoilé les grandes lignes de la nouvelle stratégie, en faisant savoir que « face aux changements climatiques ayant affecté fortement les taux de précipitations, le ministère de l’Hydraulique explore diverses solutions pour fournir des quantités d’eau nécessaires pour chaque secteur».

Il a assuré que son département s’emploie à développer la réutilisation des eaux usées par les stations d’épuration grâce à des technologies modernes, en soulignant que l’augmentation des capacités de récupération des eaux usées traités est un objectif stratégique fixé par le président de la République. Il a relevé qu’une enveloppe financière de 40 milliards de DA a été mobilisée pour la concrétisation de la stratégie nationale concernant le recyclage des eaux. Cette dernière consiste, dira-t-il, à l’exploitation optimale des stations d’épuration, élargissement de certaines striations, la réhabilitation, la réalisation de nouvelles stations et la généralisation du système du traitement tertiaire des eaux usées.

Cette nouvelle technique permettra aux agriculteurs une utilisation des eaux usées traités sans aucune restriction. Le ministre a rappelé, dans ce contexte, que le champ d’utilisation de ces eaux étaient destinées uniquement pour la céréaliculture et les plantes.

Le ministre qui a animé une conférence de presse en marge de cette rencontre, a précisé que son département a finalisé l’élaboration de fiches techniques et les études nécessaires pour le lancement de la stratégie nationale dans les prochains jours selon un calendrier bien défini.  

Des mesures qui permettront, selon le même responsable, de fournir environ 1,2 milliard m3 d’eau d’ici 2030. « L’objectif d’assurer des ressources hydriques supplémentaires au profit du secteur agricole, réduisant ainsi la pression sur les eaux souterraines et les eaux de surface, impactées par la faible pluviométrie», a-t-il expliqué, en soulignant l’importance des eaux traitées, classées comme la quatrième ressource hydrique après les eaux souterraines, de surface et l’eau de mer dessalée. Néanmoins, en dépit des investissements consentis dans le secteur de l’assainissement, le ministre a déploré une faible utilisation des eaux traitées. Selon le ministre, les 213 systèmes de traitement réalisés ayant une capacité théorique de traitement d’1 milliard de mètres cubes par an, ne produisent actuellement que 442 millions de mètres cubes par an, soit 44%.

Le ministre a souligné que  «la solution permanente et durable pour assurer l’approvisionnement en eau d’irrigation passe par l’utilisation de sources non conventionnelles, notamment les eaux usées traitées, qui représentent une ressource significative en eau, classée comme la quatrième source après les eaux souterraines, de surface et les eaux dessalées». Dans ce contexte, rappelle-t-il, le secteur de l’Hydraulique a déployé d’importants efforts ces dernières années pour augmenter la mobilisation des ressources en eau non conventionnelles, en particulier les eaux usées traitées, à travers des projets d’investissement inscrits dans le programme d’assainissement en tant qu’axe central de la stratégie nationale visant à améliorer le niveau de vie des citoyens, à accompagner le développement économique et à contribuer à la réalisation de la sécurité hydrique et alimentaire du pays.

Pour sa part, la directrice de l’Office national de l’Assainissement (ONA), Noura Ziani, a indiqué que 18 stations ont été déjà sélectionnées pour la réutilisation des eaux traitées dans les domaines de l’agriculture et industrie. Elle a annoncé que les eaux produites par les 6 de ces stations sélectionnés seront utilisées dans l’arrosage du barrage vert   et une autre station à usage industriel. «Une station d’épuration à Annaba sera utilisée pour l’alimentation du complexe Sider El-Hadjar en eau épurée», annonce-t-elle, en marge de cette rencontre. Il est à noter qu’un accord cadre a été signé, en marge de ce Séminaire, entre l’Office national de l’Assainissement et l’Office national de l’irrigation et du drainage (ONID) sur «la réutilisation des eaux usées traitées», dans le but de valoriser les eaux usées traitées dans le domaine de l’irrigation.

Le ministre a annoncé, par ailleurs, que le projet d’aménagement et d’assainissement d’Oued El-Harrach sera réceptionné au cours du premier trimestre de l’année prochaine 2024. « le projet est actuellement à son terme, et nous nous le suivons en coordination avec le ministère de l’Environnement et des Énergies renouvelables », affirme-t-il. Interpelé sur l’Oued Mazafran, le ministre a affirmé que « cet oued est pollué et nécessite une opération d’assainissement et de désinfection, à l’instar de tous les oueds d’Algérie », soulignant que cette dernière nécessite une étude. «Certes, la wilaya d’Alger dispose d’installations suffisant pour épurer l’eau mais l’Oued Mazafran reçoit de l’eau déversée par Tipaza, Blida et même une partie de la wilaya de Médéa», relève le ministre.

Par Zahir R

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