Transformation économique: Le rôle stratégique des grands groupes publics
Dans un contexte de recomposition profonde de l’économie nationale, les grands groupes publics s’imposent de plus en plus comme des acteurs centraux de la transformation économique engagée par l’Algérie. Longtemps cantonnés à un rôle d’exécution, ces ensembles industriels sont aujourd’hui investis d’une mission plus large, celle de structurer durablement l’économie nationale, de soutenir l’industrialisation et de renforcer la souveraineté économique du pays à travers la réalisation des grands projets stratégiques.
Cette mutation s’inscrit dans une vision portée par l’État, qui fait des entreprises publiques des leviers majeurs de mise en œuvre des projets structurants. Le secteur du BTPH et des infrastructures occupe, à cet égard, une place déterminante, tant par son effet d’entraînement sur l’activité économique que par son rôle dans l’aménagement du territoire.
Des groupes comme Cosider incarnent pleinement cette orientation, en mobilisant leur savoir-faire, leurs capacités techniques et leur ancrage national au service de projets à forte portée économique et stratégique. Cette dynamique se traduit concrètement sur le terrain par l’implication directe de Cosider dans plusieurs chantiers d’envergure nationale. Le groupe s’est ainsi vu confier la réalisation de la ligne ferroviaire Béni Mansour–Béjaïa, inscrite dans le cadre du projet du gisement de zinc et de plomb d’Amizour, un projet appelé à renforcer la base industrielle du pays.
Selon Makhlouf Alenda, directeur central à Cosider Travaux Publics, cette réalisation s’inscrit dans une logique de respect des délais et de montée en puissance des capacités nationales. Invité du Forum de la radio nationale, il a souligné que « l’Algérie vit aujourd’hui une dynamique de développement global et durable, et notre entreprise contribue à la création de richesse à travers sa participation à ces projets économiques, sociaux et stratégiques, avec des compétences et des moyens algériens ».
Au-delà d’Amizour, Cosider est également présente sur l’ensemble du corridor minier de l’Est, ainsi que sur le mégaprojet de Gara Djebilet, considéré comme l’un des plus importants chantiers ferroviaires du continent. Ce projet, qui traverse trois wilayas et s’étend sur plus de 950 kilomètres, a été réalisé en un temps record de 24 mois, bien avant les délais contractuels.
Il constitue aujourd’hui un axe stratégique pour le transport des minerais, mais aussi pour le désenclavement des régions et le renforcement de la logistique nationale. « Nous travaillons à assurer le transport des matières premières, des produits semi-finis et manufacturés vers les ports, afin d’intégrer pleinement ces projets dans la chaîne de valeur nationale », a expliqué Makhlouf Alenda.
Pour Badreddine Nouioua, chef de projet de pose de voie ferrée au sein de la branche travaux publics de Cosider, cette évolution marque un changement profond dans la gouvernance économique. Il a souligné que « les groupes publics ne sont plus appelés uniquement à exécuter des chantiers, mais à structurer des filières entières, à développer des compétences locales et à contribuer directement à la souveraineté économique ».
À ce titre, il a mis en avant l’engagement du groupe dans la réalisation du tronçon Annaba–Bouchegouf, long de 54 kilomètres, ainsi que dans le segment reliant Tébessa au gisement d’Oued El Hedba, dans le cadre du projet du phosphate intégré. Toutes les contraintes ayant été levées, l’objectif est désormais d’achever ces travaux avant les délais fixés, dès la fin du mois d’avril.
La réalisation de la ligne ferroviaire Béni Mansour–Béjaïa confié à Consider
Cette montée en puissance des groupes publics s’accompagne également d’un effort soutenu en matière de qualité, de sécurité et de respect des normes internationales. Cosider dispose aujourd’hui de l’ensemble des certifications mondiales relatives à la qualité, à la protection de l’environnement ainsi qu’à la santé et à la sécurité des travailleurs, des standards identiques à ceux des grandes entreprises internationales. Un atout qui permet au groupe de se positionner non seulement sur les projets nationaux, mais aussi sur les marchés et appels d’offres internationaux.
Au-delà de la dimension technique, l’impact social et territorial de ces projets est considérable. La réalisation des infrastructures ferroviaires et portuaires génère des milliers d’emplois directs et indirects, stimule la sous-traitance nationale et favorise le transfert de savoir-faire au profit des jeunes et des régions concernées. Dans cette dynamique, l’État accompagne ces entreprises à travers des programmes d’investissement ambitieux et des réformes de gouvernance visant à améliorer leur efficacité et leur performance.
L’objectif est clair : faire émerger des champions publics capables de porter l’industrialisation du pays, d’assurer la réussite des projets stratégiques et de positionner l’Algérie comme un acteur compétitif à l’échelle régionale et africaine. Comme l’a résumé Badreddine Nouioua, « la transformation économique ne peut se concrétiser sans entreprises publiques fortes, structurées et pleinement intégrées dans la stratégie nationale de développement ».
Par S R.
