Transport collectif: Le retrait des bus plus de 30 ans de services s’accélère
Le programme de renouvellement du parc national de transport collectif de voyageurs commence à prendre une forme concrète sur le terrain. Plusieurs wilayas ont engagé les premières démarches destinées au retrait des autobus les plus anciens et à leur remplacement par des véhicules neufs et modernes. Une opération qui concerne, dans une première phase, les véhicules âgés de 30 ans ou plus, notamment ceux immatriculés en 1996 ou avant, et qui vise à améliorer durablement les conditions de transport, la sécurité des voyageurs et la qualité du service.
À Chlef, la Direction des transports a lancé l’opération en invitant les opérateurs de transport collectif de voyageurs concernés à se rapprocher de ses services afin de déposer leurs dossiers et d’entamer les procédures de remplacement de leurs anciens autobus. Les propriétaires des véhicules concernés sont appelés à présenter une demande de remplacement, la décision originale d’exploitation, la fiche horaire ou la fiche des itinéraires originale, ainsi que le certificat d’immatriculation original de l’ancien autobus.
Le même processus est engagé dans d’autres wilayas. À Constantine et El Oued, les Directions des transports ont entamé les préparatifs nécessaires à la mise en œuvre de cette opération. Les opérateurs exploitant des autobus âgés de 30 ans ou plus ont été invités à se rapprocher de leurs services à compter du 8 août 2026 pour commencer les démarches administratives liées au retrait et au remplacement des véhicules.
À Alger, où les enjeux liés au transport collectif sont particulièrement importants en raison du volume quotidien de voyageurs, la Direction des transports a renouvelé son appel aux opérateurs disposant d’autobus âgés de 30 ans ou plus. Cette première phase concerne notamment les véhicules immatriculés jusqu’en 1996, dans le cadre des instructions visant à accélérer le renouvellement du parc de transport public de voyageurs.
Les services de la Direction des transports d’Alger ont précisé que le dépôt des dossiers est assuré quotidiennement, du dimanche au jeudi. Le dossier doit comporter la demande de remplacement de l’ancien autobus par un nouveau véhicule, la décision originale d’exploitation, la fiche horaire ou la fiche des itinéraires originale et le certificat d’immatriculation du véhicule, communément appelé « carte grise ».
Un dispositif d’accompagnement a également été prévu pour faciliter le processus. Lors du dépôt du dossier, l’opérateur reçoit une première attestation lui permettant de déposer son ancien autobus auprès de l’une des unités de l’entreprise nationale de récupération. Une fois présenté le document officiel attestant la récupération du véhicule, une seconde attestation lui est délivrée afin de lui permettre de poursuivre les démarches d’acquisition du nouvel autobus, notamment à travers le financement bancaire auprès d’un opérateur agréé.
L’opération ne repose donc pas uniquement sur le retrait des véhicules vétustes. Elle vise également à faciliter leur remplacement effectif et à réduire les contraintes administratives susceptibles de ralentir le renouvellement du parc. Des avantages spécifiques sur le prix d’acquisition des nouveaux autobus sont par ailleurs prévus pour encourager les opérateurs à engager rapidement cette transition.
Au-delà de la modernisation matérielle, les autorités entendent ainsi agir sur plusieurs facteurs qui influent directement sur la qualité du transport collectif. Le remplacement des véhicules les plus anciens doit contribuer à renforcer la sécurité, améliorer le confort des voyageurs, réduire les risques liés à l’exploitation d’autobus vieillissants et offrir des conditions de déplacement davantage adaptées aux besoins des citoyens.
Cette démarche s’accompagne d’un renforcement des opérations de contrôle sur le terrain. À Alger, les services de la Direction des transports poursuivent leurs campagnes d’inspection à travers les différents axes et itinéraires de la capitale. Ces contrôles portent notamment sur l’état des véhicules, leur conformité et leur aptitude à l’exploitation, mais également sur le respect des itinéraires, des horaires et des différentes règles régissant le transport public de voyageurs.
L’objectif est de mettre en place une approche globale combinant renouvellement du parc et amélioration de la discipline dans l’exploitation. Les véhicules ne répondant plus aux exigences réglementaires sont ainsi appelés à disparaître progressivement de la circulation, tandis que les opérateurs doivent veiller au respect des conditions d’exploitation et des normes applicables. La première phase du programme, rappelle-t-on, cible les véhicules les plus anciens, avant une extension progressive aux autres autobus concernés par le dispositif. À terme, les pouvoirs publics ambitionnent de disposer d’un parc plus jeune, plus sûr et mieux adapté aux exigences du transport collectif moderne.
Par Réda Hadi
