21/04/2024
INDUSTRIE

Association des céramistes algériens (ACA): «Nous tablons sur l’exportation de 60 millions d’euros en 2023 »

La filière céramique qui compte une cinquantaine d’usines réparties sur l’ensemble du territoire national, avec une production importante et de qualité atteignant en quantité les 700 millions m², a réalisé un chiffre d’affaires de 30 millions d’euros à l’export en 2022.

C’est ce que le président de l’Association des céramistes Algériens (ACA), Moncef Bouderba a déclaré, en indiquant que l’objectif pour 2023, c’est de doubler ce montant, réalisé l’année précédente, et d’atteindre les 60 millions d’euros. Pour cela, les céramistes algériens sont à la recherche de nouveaux débouchés à l’international, notamment en Afrique.  En effet, après avoir gagner la bataille de l’autosuffisance sur le marché local, les céramistes algériens partent à la conquête des marchés en Afrique. « Aujourd’hui, nous avons fait de très belles percées dans le marché africain», affirme-t-il, en soulignant que la céramique algérienne a déjà pénétré le marché mauritanien, sénégalais et de la Côte d’ivoire et se prépare également à conquérir le marché éthiopien.

 « Nous avons atteints les exigences requises sur le plan international. Maitrise total de la qualité, nos équipements sont de dernières générations. Nous pouvons exporter jusqu’à 300 millions m² de céramique facilement. Il suffit juste de mettre les conditions nécessaires», dira-t-il.

Dans ce cadre, l’intervenant a précisé que l’exportateur algérien à besoin d’un accompagnement adéquat de la part des pouvoirs publics, notamment en matière de la logistique et surtout par un soutien financier et bancaire.

Des décisions politiques ont été prises par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, afin d’y remédier à cette situation, en procédant à l’ouverture de deux banques en Afrique au courant de 2023 (Sénégal et Mauritanie) et également l’ouverture d’une ligne maritime direct reliant l’Algérie les deux derniers pays. En clair, les choses s’accélère et l’Algérie est appelé à jouer un rôle important dans la carte industrielle africain.

 Sur ce point, le président de l’association des céramistes a indiqué qu’il « il ya une volonté politique du gouvernement pour l’accompagnement de toutes les industries et opérateurs pour la conquête du marché africain. Mais, les choses ne se misent pas sur le terrain rapidement!»

Pour Bouderba, « nous devons impérativement accélérer la cadence des réformes financière et bancaire pour s’imposer sur le marché. Nous avons en face des concurrents solides, à savoir les chinois et Turcs. Certes, nous sommes arrivé un peu en retard par rapport à ces deux pays qui possèdent un réseau bancaire et un réseau du transport dense, mais nous sommes concurrents et on doit s’inspirer de leur expérience».

Et de préciser : « On ne pourra jamais avoir notre place sur le marché africain sans un réseau bancaire. Nous devons profiter de l’expérience de nos concurrents pour bien faire».

Affirmant que le produit de la céramique est trop demandé sur le marché africain, le même intervenant a appelé l’accélération de l’opération d’ouverture de banques à l’étranger qui sont un gage supplémentaire pour la réussite de l’exportation. « Vendre en Afrique c’est difficile, puisque le risque du non paiement est élevé. C’est pour cela, nous en tant qu’opérateurs  insistons sur l’obligation d’avoir un réseau bancaire propre à nous», souligne-t-il.

Dans le domaine de la logistique, le président de l’ACA a estimé que l’Algérie est appelé à lancer un vaste programme de modernisation de son outil du transport. En effet, le développement du fret maritime et aérien s’impose pour la promotion de nos exportations, dira-t-il, en affirmant que le transport terreste n’est pas adéquat pour l’exportation de la céramique. « Il y a un effort à faire en matière de la logistique. Je lance un appel aux pouvoirs publics afin d’investir dans le transport maritime et aérien. Il faut mettre le paquet pour la création d’entreprises spécialisées. L’ouverture de l’investissement au privé dans le fret maritime et aérien est une bonne chose et répercuta positivement sur l’opération d’exportation en matière de prix et délais», conclut-il.

Par Sirine R

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