01/03/2024
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Chronique éco: L’Autre face de la guerre, l’économie israélienne s’écroule

Israël croule économiquement sous le poids de la guerre imposée par la résistance palestinienne. L’effort de guerre devient un fardeau pour l’économie sioniste au double plan : budgétaire et de la production. En effet, l’effort budgétaire de l’Etat sioniste se chiffre, selon certains estimations à plus de 350 millions de $/jour. Au plan de l’activité économie, le ralentissement, voire même l’arrêt de certaines activités, est réel. En effet, le rappel de 360.000 réservistes, tous en activité dans les différents secteurs de l’économie, a entrainé une baisse drastique de l’activité économique. C’est la première fois qu’Israël mobilise l’ensemble ou l’intégralité de sa réserve de son histoire. Cette mobilisation ne s’est pas passée sans heurts ni accrocs avec une logistique qui ne suivait pas et un manque de munitions causé par une corruption généralisée.Le secteur de la haute technologie, très développé en Israël, et dont sa contribution au PIB est de l’ordre de 15 à 18%, a vu ses effectifs chuté significativement. Selon la banque centrale israélienne le taux de croissance estimé, pour 2023, à 3% a été revu autour de 2.5% dans une première hypothèse.

Cette situation risque de se dégradé davantage, sinon, comment expliquer l’intervention massive des USA dans le domaine militaire et dans l’économie. Dans ce dernier, le soutien de 14 Mds de $ immédiatement après l’attaque ambitieuse et courage des éléments de Hamas. Au plan militaire, l’implication militaire américaine est encore plus prononcée si l’on en juge par l’impressionnante flotte de guerre déployée en face de Ghaza ; trois porte-avions, deux destroyers, trois cuirassiers, dont un nucléaire.

Certains analystes considèrent que le constat fait par les américains suite à l’attaque surprise de Hamas, laisse penser que l’armée israélienne a été lourdement déstructurée dans sa chaine de commandement et sur le plan psychologique de la troupe. C’est pourquoi, les USA ont pris la décision d’être aux premières loges dans cette guerre. « Jamais Washington n’est allé aussi loin dans le contrôle des processus d’élaboration et de prise de décision d’un gouvernement d’un autre pays. Jamais une armée régulière ne s’est retrouvée confrontée à une telle transition de statut : d’une des meilleures armées du monde à celui de réserves dépendant de l’apport logistique US et surtout du Pentagone »

L’envoi d’une véritable armada américaine pour venir en aide à Israël a été interprété par de nombreux observateurs comme une reconnaissance de fait de l’extrême mauvaise posture stratégique israélienne et son extrême vulnérabilité.

Le contribuable américain, malgré la forte charge sentimentale à l’égard d’Israël et la puissance du lobby juif dans les rouages de la décision économique et politique, ne restera pas passif. Le sentiment d’injustice à l’égard du peuple palestinien commence à se former dans l’opinion américaine, à travers les mouvements de révoltes chez certains intellectuels, y compris juifs, chez les universitaires (prise de position des étudiants et des professeurs de la plus prestigieuse université américaine, Harvard) qui a conduit à une menace de la part des donateurs (grandes entreprises et fondations) à cesser les dons à celle-ci.

Une seule journée (6 heures de combat, 7 octobre) de lutte pour mettre à genou et l’armée et l’économie israéliennes, certainement aussi la société dans son ensemble. En face, à Ghaza, l’économie souterraine résiste comme à son habitude. Elle est rôdée pour s’adapter, s’organiser, se déployer en fonction des évènements, elle a toujours fonctionné comme une économie de guerre, avec son lot de pénurie, de rationnement et même de famine. Elle n’a rien à perdre, mais plutôt tout à « gagner» en résilience, en solidarité et surtout dans l’opinion publique mondiale qui est en train de faire sa mue. .
Les soutiens financiers et logistiques de certaines monarchies arabes sont actés pour l’histoire ; leur aliénation totale à un Etat en déroute traduit aussi leur propre déroute. 

« La crise profonde d’Israël en tant que projet sans nouvelles perspectives d’avenir et dont l’idéologie sur laquelle il s’est construit, le sionisme, est parvenue à un cul-de-sac dont le seul échappatoire est la radicalisation et l’extrémisme. Cette crise s’inscrit dans le sillage d’un déclin universel affectant la plupart des États anciens et modernes. Cependant dans le cas d’Israël, il semble que les facteurs historiques sous-jacents et inhérents à sa création mouvementée de toutes pièces et son rejet dans un environnement géopolitique et stratégique dans lequel il s’incrustait en tant que corps étranger aient joué un rôle non négligeable dans cette ultime aliénation et la destruction d’un de ses mythes fondateurs»(Strategika51, 21 10 2023).Peut-être, la fin du mythe de l’invincibilité, entrainera la fin même de l’Etat d’Israël. Pour le moment, nous sommes dans l’hypothèse et l’analyse spéculative ; toutefois rien ne sera comme avant. 

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