Dessalement, transferts et réutilisation: L’offensive hydraulique s’intensifie
Le ministre de l’Hydraulique, Lounès Bouzegza, a présidé lundi une réunion de travail consacrée à l’examen des projets de raccordement à partir des nouvelles stations de dessalement de l’eau de mer ainsi qu’à plusieurs projets structurants du secteur.
La réunion, qui a regroupé des cadres de l’administration centrale, des directeurs généraux et des responsables chargés de la gestion des établissements sous tutelle, intervient après une série de déplacements effectués ces dernières semaines par le ministre dans plusieurs wilayas. Ces visites ont permis d’évaluer directement l’état des infrastructures, d’identifier les difficultés rencontrées et surtout de donner des instructions pour accélérer la mise en œuvre des projets ayant un impact direct sur l’alimentation des populations. Au cœur de la réunion de lundi figurait le programme de raccordement des nouvelles stations de dessalement aux réseaux des wilayas de l’intérieur.
Les projets examinés portent sur la réalisation d’un ensemble de conduites de transfert s’étendant sur plus de 250 kilomètres, à partir des stations de dessalement de Tlemcen, Mostaganem et Chlef. Le dispositif doit permettre d’étendre les bénéfices du dessalement au-delà des zones côtières et de sécuriser l’approvisionnement de plusieurs wilayas de l’intérieur.
Ainsi, la station de dessalement de Tlemcen doit contribuer à l’alimentation en eau potable de Tlemcen, Sidi Bel Abbès, Saïda et Naâma. À partir de Mostaganem, le système de transfert doit desservir Mostaganem, Relizane, Tiaret et Tissemsilt. La station de Chlef doit, pour sa part, contribuer à l’alimentation de Chlef, Aïn Defla, Médéa ainsi que de la partie orientale de Tissemsilt. Ce maillage s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer l’interconnexion des systèmes hydrauliques et à diversifier les sources d’approvisionnement.
En juillet, le ministre avait notamment souligné à Djelfa l’ambition d’aller vers une interconnexion des différents systèmes hydrauliques à l’échelle nationale afin d’assurer une gestion plus durable de la ressource. Le projet Fouka 2 occupe une place particulière dans cette stratégie. Lors de sa visite à Blida, le 3 août, Lounès Bouzegza avait inspecté plusieurs projets destinés à renforcer l’alimentation en eau potable de la wilaya à partir de la station de dessalement de Fouka 2, située dans la wilaya de Tipasa.
Koudiet Eddraouch, Koudiet Asserdoune et Tin Zaouatine
Outre le dessalement, plusieurs grands projets structurants ont fait l’objet d’un suivi lors de la réunion de lundi. Pour le projet Koudiet Eddraouch, les opérations de lavage et de désinfection des conduites se poursuivent en préparation de la mise en service progressive de l’infrastructure, une fois les derniers travaux techniques achevés. Concernant le système Koudiat Acerdoune – Cap Djinet, la procédure d’appel d’offres pour les travaux de raccordement a été lancée.
Le projet doit contribuer à renforcer l’alimentation en eau potable des wilayas de Bouira, Tizi Ouzou, M’Sila et Médéa. Dans l’extrême Sud, le projet de Tin Zaouatine prévoit l’alimentation de la région en eau potable à partir de la nappe de Tanezrouft. Il doit répondre aux besoins d’une population estimée à 32 815 habitants à l’horizon 2050. À Sétif, un projet prévoit par ailleurs l’alimentation en eau potable d’El Eulma et des communes du nord-est de la wilaya à partir du barrage de Draâ Diss.
Le système hydraulique reliant Mila et Jijel doit, quant à lui, renforcer l’alimentation de six communes de Mila et de deux communes de Jijel à partir du barrage de Tabellout. La stratégie du secteur ne se limite pas à la mobilisation de nouvelles ressources. Le ministère accorde également une attention croissante à l’assainissement et à la valorisation des eaux usées traitées. Plusieurs projets de stations et de systèmes d’assainissement sont ainsi suivis dans les wilayas de Blida, Bouinan, Tissemsilt et Mila.
Le ministre a insisté sur l’importance de recourir au traitement tertiaire, permettant de réutiliser les eaux épurées, notamment pour les besoins de l’agriculture et de l’industrie. À travers cette série de réunions et de visites de terrain, le ministère cherche désormais à passer d’une logique de lancement des projets à une logique d’accélération et de mise en service effective. Lounès Bouzegza a ainsi appelé les responsables concernés à accélérer les procédures, à respecter les délais contractuels et à rattraper les retards enregistrés.
Synthèse S R.
