11/08/2026
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Intégration économique africaine: L’Algérie, un acteur central

L’Algérie continue de renforcer sa position en tant qu’acteur central dans l’intégration économique africaine. Elle mise sur ses infrastructures pour renforcer les échanges avec le continent et contribuer notamment à l’émergence de corridors économiques africains. À travers une vision pragmatique basée sur le renforcement de la connectivité terrestre, maritime, aérienne et numérique, l’Algérie entend consolider son rôle dans le processus d’intégration économique africaine en plaçant la coopération Sud-Sud comme une priorité.

Une orientation qui s’inscrit parfaitement dans une approche visant à favoriser les échanges entre les pays africains, à rapprocher les économies et à contribuer à une plus grande souveraineté économique du continent, comme l’a souligné à maintes reprises le président de la République, Abdelmadjid Tebboune.

Cette ambition a été mise en lumière dans un film documentaire diffusé dimanche soir par la Télévision algérienne, sous le titre « Algérie – Afrique… les liens de l’avenir ». Le documentaire revient sur plusieurs projets structurants à travers lesquels l’Algérie cherche à renforcer les connexions avec son environnement africain et à faciliter la circulation des personnes, des marchandises et des données.

Des infrastructures au service de l’intégration

La vision algérienne repose notamment sur le développement d’un système intégré de connectivité combinant les réseaux routiers, le transport maritime et aérien ainsi que les infrastructures numériques. L’objectif est de créer de nouveaux corridors économiques permettant de mieux relier les différentes régions du continent et de favoriser une exploitation plus efficace de ses importantes ressources. Dans le domaine des transports, le conseiller du ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports chargé des transports, Abdelkrim Rezzal, a rappelé que l’Algérie avait adopté dès le départ le principe des « solutions africaines aux problèmes africains », considérant les infrastructures de transport et la logistique comme des leviers essentiels du développement continental.

Il a également mis en avant la vision algérienne pionnière, et ce, depuis le lancement du projet de la route Transsaharienne, soulignant l’importance de cette idée née de la volonté des présidents des pays du Sahel de promouvoir le développement dans leurs pays respectifs en renforçant les échanges commerciaux et le développement territorial, de sorte que le projet ne se limite plus à la construction d’une route, mais consiste à la transformer en un corridor économique, capable de stimuler le commerce, les investissements et le développement territorial.

La Transsaharienne appelée à devenir un corridor économique

Pour sa part, le directeur général des infrastructures au ministère des Travaux publics et des Infrastructures de base, Smaïl Rabehi, a souligné que les difficultés liées à la réalisation du projet étaient progressivement surmontées grâce à l’adaptation des moyens aux spécificités de la région.

Dans ce cadre, l’Algérie doit contribuer à l’achèvement de la Transsaharienne au Tchad, à travers la réalisation de deux tronçons d’une longueur respective de 76 et 85 kilomètres. Ces travaux doivent permettre de progresser vers l’achèvement de cet axe stratégique reliant le Nord au cœur du continent africain. Pour Alger, la Transsaharienne constitue ainsi bien davantage qu’une infrastructure de transport. Elle représente un instrument de rapprochement économique entre les pays du Maghreb et ceux du Sahel et un potentiel vecteur de développement des échanges commerciaux Sud-Sud.

Les ports algériens, une porte vers les marchés mondiaux

La stratégie de connectivité s’appuie également sur la façade maritime algérienne. Les ports et le transport maritime constituent un maillon essentiel pour permettre aux pays enclavés du Sahel d’accéder aux marchés internationaux. Le directeur du transport maritime des marchandises au ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Abdelhak Boukherouba, a expliqué que l’Algérie travaillait à la mise en place d’une chaîne logistique reliant les ports aux autoroutes et aux lignes ferroviaires.

Cette organisation doit permettre aux pays du Sahel de bénéficier d’un accès plus direct aux marchés mondiaux à travers les infrastructures algériennes. Selon le responsable, le développement de ce corridor logistique pourrait réduire la durée du transport d’environ 12 jours et les coûts d’environ 30 %.

L’Algérie accompagne cette démarche par un programme de renouvellement de sa flotte maritime, la modernisation de ses infrastructures portuaires et l’acquisition de nouveaux équipements dédiés à la manutention des marchandises.

La modernisation du secteur passe également par une réforme de la gouvernance portuaire, avec notamment la création annoncée d’une autorité nationale des ports, parallèlement à la numérisation progressive des procédures.

Air Algérie veut renforcer sa présence en Afrique

Le transport aérien constitue un autre levier de cette politique d’ouverture vers le continent. Le développement des liaisons aériennes est présenté comme un moyen de soutenir non seulement les échanges commerciaux, mais également les relations institutionnelles, culturelles et humaines entre les différents pays africains.

Siham Kadi, chargée des affaires internationales au sein du groupe Air Algérie, a indiqué que la compagnie nationale était déjà présente en Afrique de l’Ouest et travaillait à renforcer cette présence, notamment à travers le développement de vols long-courriers.

L’objectif affiché est d’élargir progressivement le réseau africain de la compagnie et de conforter sa position parmi les principales compagnies aériennes du continent.

Le numérique, nouveau pilier de l’intégration africaine

Le documentaire est également revenu sur la volonté de l’Algérie de construire des ponts numériques transsahariens, faisant ainsi du flux de données une partie du processus d’intégration économique du continent, mettant en avant le projet de liaison par fibre optique transsaharienne qui regroupe six pays, à savoir l’Algérie, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Nigeria et le Tchad, et qui repose sur un axe principal reliant l’Algérie au Nigeria.

Ainsi, la directrice centrale d’Algérie Télécom, Rachida Bouhabda, a affirmé que l’entrée en service de ce projet, qui vise à créer une infrastructure numérique régionale de télécommunications à très haut débit, renforcera la connectivité géographique de la région du Sahel et favorisera une véritable transformation numérique.

Elle a également mis en avant, à cet égard, les atouts de l’Algérie dans le domaine de la connectivité internationale, notamment à travers les câbles sous-marins, évoquant le projet de réalisation de deux nouveaux câbles sous-marins à l’horizon 2028 et 2029, ainsi que les projets de centres de données. À travers ces différents projets, l’Algérie cherche à tirer parti de sa position géographique, à la croisée de la Méditerranée, du Maghreb et du Sahel, pour devenir un espace de transit et d’échanges entre l’Afrique et les marchés internationaux.

Par Zahir R.

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