Énergie: L’Algérie, sixième fournisseur de l’UE en GNL
Le marché européen du gaz naturel liquéfié (GNL) connaît, en ce début d’année 2026, une recomposition rapide, marquée par une intensification de la concurrence entre fournisseurs. Dans ce nouvel échiquier énergétique, l’Algérie occupe désormais la sixième place parmi les exportateurs vers l’Union européenne.
Les exportations algériennes de GNL à destination de l’Europe se sont établies à 0,88 million de tonnes au premier trimestre 2026, selon les données de la plateforme spécialisée Attaqa.net. Dans le même temps, les importations de GNL de l’Union européenne ont progressé de 12 % sur un an, pour atteindre 28,28 millions de tonnes sur la période, soutenues par un hiver rigoureux et par la nécessité de sécuriser les approvisionnements dans un contexte géopolitique tendu.
Cette dynamique de la demande n’a cependant pas bénéficié de manière homogène à l’ensemble des fournisseurs. Les États-Unis dominent largement le marché européen avec 16,34 millions de tonnes exportées, en hausse de 27 %, consolidant leur statut de premier fournisseur. La Russie se maintient en deuxième position malgré un recul de ses livraisons, tandis que le Qatar, en net repli, voit sa place contestée par le Nigeria. Dans ce paysage en mutation, la Norvège se distingue par une progression significative de 47 % de ses exportations.
Les tensions géopolitiques ont, par ailleurs, joué un rôle déterminant. La fermeture partielle du détroit d’Ormuz, consécutive au conflit au Moyen-Orient, a perturbé les flux en provenance du Golfe, notamment ceux du Qatar et des Émirats arabes unis. Si cette situation aurait pu constituer, une opportunité pour des fournisseurs alternatifs, elle a surtout provoqué une redirection des flux mondiaux et une intensification de la concurrence entre acheteurs européens et asiatiques sur le marché spot.
Dans les premiers jours de la crise, les prix du gaz en Europe ont ainsi bondi de près de 70 %, sous l’effet de ces tensions sur l’offre, avant de se stabiliser à la faveur d’une trêve temporaire. Cette forte volatilité a favorisé les acteurs disposant de capacités flexibles et d’une présence affirmée sur le marché spot, au détriment de fournisseurs plus contraints.
Par ailleurs, les évolutions réglementaires en Europe redessinent les perspectives à moyen terme. L’Union européenne s’apprête à renforcer progressivement ses restrictions sur les importations de gaz russe, avec des interdictions visant d’abord les contrats de court terme dès avril 2026, puis les engagements à long terme à l’horizon 2027. Ces décisions ouvrent potentiellement des marges de manœuvre pour d’autres fournisseurs, dont l’Algérie. Toutefois, la capacité du pays à tirer parti de ces opportunités dépendra de son aptitude à accroître ses volumes exportables et à améliorer sa compétitivité.
Par Z R.
