01/03/2024
ACTUALITEFINANCE

Le développement du e-paiement et de l’épargne s’impose

En dépit des efforts consentis, jusque-là, dans le secteur bancaire notamment en matière de modernisation et digitalisation, beaucoup reste à faire pour réduire le phénomène de thésaurisation de l’argent en domicile et le recours au «cash» dans les différentes transactions. Ce dernier est toujours prédominant et les Algériens sont accrus aux paiements des transactions en espèce. Les détenteurs de Cartes bancaires et Edahabia, au nombre de près de 15 millions, se contentent jusqu’à présent au retrait automatique de l’argent auprès des GAB (guichets automatiques bancaires) et peu d’entre eux recourent au e-paiement.

Selon les derniers chiffres de la Banque d’Algérie (BA), la circulation fiduciaire hors banques est évaluée à 7 393 milliards de DA. Un taux qui reste comme même élevé. Il est quantifié à 32% de la masse monétaire mesurée par M2 (26,7% du PIB), indique l’expert financier international, Rachid Sekak dans son analyse au marché bancaire en Algérie à la fin de 2022. «On observe un  phénomène bien connu : salaire vire sur un compte bancaire ou auprès  d’Algérie Poste le 24 du mois au matin et retrait de la totalité de la somme  le 24 l’après midi ou le 25. Nous sommes largement en face d’un souci de fuite vers le cash», déplore-t-il.

Pour cet expert, il est plus que nécessaire de travailler sur deux axes d’efforts, à savoir le développement des paiements électroniques et les produits d’incitation à l’épargne.

Concernant le développement des paiements électroniques, Rachid Sekak a fait savoir que près de 14 millions de cartes bancaires sont en circulation et près de 50 000 TPE ont déjà été déployés. Les cartes CIB sont largement sous et mal utilisées. Les chiffres sont à l’appui : « 1 /3 des  cartes sont utilises et en gros 95 % des transactions portent sur des retraits de cash». La matière est bien la : comment inciter à une meilleure utilisation ? s’interroge-t-il.

La réponse est simple: Il faut trouver un moyen pour gagner la confiance des Algériens.  Il y a deux soucis à prendre en charge, à savoir le souci fiscal et la transparence. De nombreux de ménages et commerçants surtout  sont peur de poursuite des services de fisc.  Donc, préconise l’expert financier, il faut prévoir des incitations fiscales pour les petits commerces de proximité afin de se doter en moyen de paiement électronique. Pour illustrer ses propos, l’expert a cité l’exemple des stations Naftal qui peuvent jouer un rôle important dans le développement du paiement électronique, d’autant plus que le parc automobile est estimé à 7 millions de véhicules. Certainement, si l’Etat impose le e-paiement aux automobilistes, le recours au cash sera réduit significativement.

Concernant les produits d’incitation à l’épargne, l’expert a noté que l’intervention annuelle de l’Etat sur concours budgétaires dans le financement du logement a été de 600 à 650 milliards de DA au cours des 10 dernières années. C’est un investissement colossal est difficile à maintenir surtout avec la fluctuation des prix de pétrole. Donc c’est un financement qui n’est pas pérenne dans la durée.

Pour lui, la réduction de cette dépendance budgétaire passe par le rétablissement d’un lien entre effort préalable d’épargne et accès au logement avec le développement de produits de collectes attractives, équitables et crédibles. Une telle démarche présenterait un double avantage, dira-t-il: « un effet positif sur les finances publiques en réduisant le financement par le Trésor. Un ralentissement  du phénomène de  des inclusion financière par une incitation à l’épargne». Il est à noter que le Président Tebboune avait ordonné l’Exécutif pour le lancement d’un vaste chantier de réforme dans le secteur bancaire en 2024.  D’ailleurs, il est prévu l’ouverture du capital de deux banques publiques (le CPA et la BDL) à hauteur de 30%. C’est une démarche qui vise à dynamiser le marché financier et surtout boursier, dont le but est de bancariser l’argent circulant dans le circuit hors banques.

Par Zahir R.

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