06/08/2026
ACTUALITEINDUSTRIE

Mise en service d’une usine de plaquettes de frein à Réghaïa: Vers une couverture de 50 % des besoins nationaux

Le gouvernement poursuit la remise en exploitation des unités industrielles récupérées par l’État. Chargé par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a procédé, mercredi, à l’inauguration de l’usine de fabrication de plaquettes de frein et de leurs accessoires de Réghaïa (Alger), une unité appelée à jouer un rôle important dans le développement de l’industrie nationale des pièces de rechange et dans le renforcement du taux d’intégration locale.

Cette remise en service s’inscrit dans le cadre du programme de réhabilitation des biens industriels confisqués par décision de justice et réaffectés au secteur productif. « Nous sommes réunis aujourd’hui pour inaugurer la remise en service de cette unité, dans le cadre de la concrétisation des engagements du président de la République visant à relancer les unités industrielles récupérées », a déclaré le Premier ministre.

Relevant de la Société de maintenance de l’Est (SME), filiale du groupe GICA, l’usine a été remise en exploitation en moins de deux mois grâce aux efforts des équipes techniques. Pour Sifi Ghrieb, cette rapidité d’exécution illustre la capacité des entreprises publiques à redonner vie à des infrastructures stratégiques au service de l’économie nationale. Le Premier ministre a rappelé que la fabrication des plaquettes de frein représente un segment particulièrement sensible de l’industrie automobile en raison de son lien direct avec la sécurité des véhicules. « Notre priorité est que la qualité soit la marque de fabrique de cette usine », a-t-il insisté, appelant les responsables à respecter les normes techniques les plus exigeantes.

Couvrir jusqu’à la moitié du marché

L’usine dispose d’une capacité annuelle de production de près de 1,5 million de plaquettes de frein et fabrique 153 références, dont 126 destinées aux véhicules légers et 27 aux poids lourds, en plus de modèles pour les tracteurs et plusieurs équipements industriels.

Selon les responsables du projet, cette capacité permettra de couvrir entre 40 % et 50 % des besoins du marché national, réduisant ainsi les importations de pièces de rechange tout en renforçant l’intégration industrielle.

Saïfi Ghrieb a précisé que la production concernera, dans un premier temps, 25 modèles de véhicules particuliers de marques internationales, dont Mercedes-Benz et Nissan, ainsi que six modèles de poids lourds, avec un élargissement progressif de la gamme à d’autres constructeurs. Au-delà de son impact sur le marché national, cette unité contribuera à développer la sous-traitance industrielle et à soutenir la stratégie nationale d’intégration dans la filière automobile. Profitant de cette inauguration, le Premier ministre a lancé un appel aux opérateurs économiques pour investir dans la fabrication nationale de pièces de rechange. « Tous les projets portant sur la fabrication de pièces de rechange bénéficieront d’un traitement prioritaire », a-t-il affirmé, précisant que des instructions ont été données aux services du Premier ministère, à l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI) ainsi qu’au guichet unique afin de faciliter les procédures et d’accompagner les investisseurs.

Il a souligné que le développement d’une industrie nationale de la pièce de rechange constitue aujourd’hui un levier essentiel pour réduire les importations, accroître le contenu local des véhicules assemblés en Algérie et renforcer la compétitivité du tissu industriel. Le Premier ministre a également invité les anciens employés de cette unité à reprendre leur activité, assurant que toutes les conditions étaient réunies pour garantir une exploitation conforme aux standards internationaux de qualité et de sécurité.

La dynamique de relance se poursuit

Au cours de son intervention, Sifi Ghrieb est revenu sur le programme national de remise en exploitation des unités industrielles récupérées. Après les opérations menées à Adrar, M’Sila et Batna, il a assuré que d’autres unités seront progressivement remises en activité. « La volonté du président de la République sera pleinement mise en œuvre par le gouvernement », a-t-il déclaré, annonçant de nouvelles inaugurations dans les prochaines semaines. Le Premier ministre a également souligné que l’Exécutif privilégiait « les réalisations concrètes plutôt que les annonces », affirmant que « le travail accompli dans la discrétion produit aujourd’hui des résultats visibles », à l’image de l’usine de Réghaïa.

La cérémonie a été marquée, par ailleurs, par la signature de deux conventions de partenariat entre la Société de maintenance de l’Est et, respectivement, Stellantis Algérie et Idenet Algérie. Ces accords visent à renforcer la sous-traitance nationale, développer les synergies entre industriels et favoriser l’intégration des composants fabriqués localement dans la production automobile. Avec cette nouvelle unité, les pouvoirs publics franchissent une étape supplémentaire dans leur stratégie de reconstruction du tissu industriel national.

L’objectif est de bâtir une industrie des composants automobiles performante, capable de répondre aux besoins du marché intérieur, de soutenir les constructeurs implantés en Algérie et, à terme, de conquérir des débouchés à l’exportation.

Par Réda Hadi

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