01/03/2024
AUTOMOBILE

PEUGEOT 3008 HYBRID VS RENAULT AUSTRAL MILD HYBRID

Avant d’entamer une retraite bien méritée après une carrière époustouflante, le Peugeot 3008 – deuxième du nom – remonte une dernière fois sur le ring pour affronter le Renault Austral, le SUV en forme du moment. Le combat de trop ?

Sur un ring, il y a deux sortes de boxeurs : ceux qui, comme moi, se couchent avant l’uppercut définitif et ceux qui, le visage tuméfié et les côtes cassées, se relèvent et tentent de défendre leur titre jusqu’à ce qu’on les sorte de l’enceinte.

Le Peugeot 3008 fait bien évidemment partie de cette dernière catégorie. Après avoir régné sans partage sur le monde des SUV poids moyens, le voici en fin de carrière, dans l’obligation d’accepter la défaite.

Le vieux Lion aurait pu attendre l’arrivée de son remplaçant – dévoilé le 12 septembre, il fera certainement la une de notre numéro 1142 – pour mettre sur la route son nouveau moteur mild hybrid 136 e-DCS6.

Mais le 3008 ne se chauffe pas de ce bois-là ! Avec ses vieux habits, il repart au combat, sachant sans doute que celui-ci est perdu d’avance.

Sur la route

Et pourquoi donc ? Il est vrai que décider du vainqueur avant même d’avoir parcouru le premier kilomètre est pour le moins présomptueux. D’autant que le SUV Peugeot peut encore se permettre de donner une belle leçon au jeune Austral.

Son comportement reste encore très alerte, bien plus que celui du Renault lorsqu’il est dépourvu des roues arrière directrices, et le petit volant de l’i-Cockpit accentue nettement le sentiment d’agilité.

Surtout, grâce à son 3 cylindres PureTech qui a troqué sa courroie de transmission contre une chaîne et qui reçoit, outre un turbo à géométrie variable, l’appui d’un moteur électrique (logé dans la boîte robotisée) de 12 ch (28 ch en crête), il profite d’une courbe de couple bien remplie.

Ainsi, les relances sont étonnamment dynamiques pour une puissance d’environ 130 ch. L’Austral, qui bénéficie lui aussi d’un système mild hybrid par le biais d’un alternodémarreur et d’un réseau 12 V, ne fait pas franchement mieux, malgré ses 160 ch.

Le SUV du Losange doit vraiment pousser le compte-tours en limite de zone rouge pour gagner la partie de quelques dixièmes en accélération. Plus souple et dépourvu de vibrations, le moteur Renault, exclusivement associé à une boîte de vitesses à variation continue, offre toutefois davantage d’agrément et de douceur à bas régime.

L’attelage mild hybrid du 3008, plus complexe dans son fonctionnement, engendre quelques menus à-coups. Cela se produit lorsque le 3 cylindres s’active ou quand la boîte doit tomber un rapport.

Une situation qui a tendance à se répéter car, si le 3008 peut évoluer sur une courte distance en mode 100% électrique, ce n’est qu’à la condition de caresser la pédale d’accélérateur. La petite batterie de 0,432 kWh net se décharge aussi vite qu’elle se recharge, générant plus ou moins de frein moteur au lâcher d’accélérateur.

Au maximum, la récupération atteint 1,2 m/s², ce qui correspond peu ou prou à la position B sur une voiture électrique ou hybride. En ville, la sensation est plutôt agréable et la régénération repousse l’utilisation du freinage mécanique. Sur route, dès que la batterie est pleine, le frein moteur disparaît.

Si l’Austral possède dans sa gamme une version full hybrid dont le fonctionnement s’avère tout aussi complexe, sa déclinaison mild hybrid de 160 ch propose une conduite comparable à ce que l’on ressent à bord d’un pur SUV thermique.

Aucun à-coup, des relances linéaires et plaisantes et  une boîte à variation continue d’une grande discrétion. Cela au prix d’une consommation certes plus importante, comme nous le verrons un peu plus loin.

Sans atteindre le niveau de précision de celle d’un 3008, la direction de l’Austral reste très correcte, son comportement, sain à défaut d’être franchement amusant, et son freinage, très rassurant.

Est-ce dû aux pneumatiques, à la gestion des deux types de freinage, mécanique ou électrique, mais le 3008 achoppe clairement au moment de stopper net. À partir de 130 km/h, il réclame 68 m quand l’Austral se contente, pour sa part, de 64 m !

Vie à bord

Grâce à l’ambiance qui règne à bord et à son niveau de finition, l’Austral compte bien mettre K.-O. le 3008 avant même le dernier round. Il est vrai que le combat aurait dû tourner court à la simple comparaison des écrans de bord.

Si l’instrumentation au-dessus de l’i-cockpit sur le 3008 donne encore le change à défaut d’être adaptée à l’ensemble des morphologies, l’écran multimédia et les fonctions qui l’accompagnent sont totalement dépassés par rapport à ce que le Renault propose.

Dans le premier cas, un petit écran tactile de 10 pouces (soit 25 cm), dans le second, une large dalle verticale de 12 pouces (soit 30 cm), qui regroupe de multiples applications et une navigation connectée d’une grande efficacité. Sur le 3008, les fonctions existent, mais elles sont soit beaucoup moins pratiques, soit difficiles à sélectionner.

Nul doute que la planche de bord du futur modèle devrait remettre les pendules à l’heure. Cette manche tourne bien sûr à l’avantage du Renault, qui se montre plus habitable et dispose d’une banquette coulissante permettant d’aménager un coffre capable d’accueillir jusqu’à 650 dm3 de bagages.

Avec 547 dm3, celui du Peugeot reste très logeable mais, globalement, les rangements demeurent un sérieux point faible par rapport au SUV Renault qui regorge d’astuces à bord. Toutefois, le match ne vire nullement à l’humiliation.

En matière de présentation, de qualité des matériaux et d’assemblage, le Peugeot – il est vrai en finition GT – fait mieux que se défendre face à un Austral soigné mais qui néglige un peu les plastiques en partie basse. Les deux modèles optent pour un amortissement relativement ferme.

Mais, à ce jeu-là, c’est encore le 3008 qui offre le meilleur compromis. Celui-ci est sans doute aidé par une maîtrise supérieure de sa masse. Très vite cependant, la tendance s’inverse. Sur route et autoroute, l’Austral se révèle plus discret.

Sa mécanique se fait totalement oublier, les bruits de roulement sont peu présents, et si le flux aérodynamique demeure sensible, il ne génère qu’un lointain ronronnement qui ne gêne nullement la conversation entre les passagers des différentes rangées.

La sellerie est aussi plus confortable même si elle ne peut pas être revêtue, comme sur le 3008, d’un très beau cuir nappa rouge. Dans l’Austral, c’est végan sinon rien! Changement d’époque…

Budget

Comme prévu, c’est au chapitre budgétaire que 3008 et Austral vont devoir se départager. Grâce à son système mild hybrid 48 V qui se situe à la frontière d’un véritable attelage hybride, le 3008 promet un gain de consommation d’environ 1 litre par rapport à l’ancienne version PureTech 130 EAT8.

Vérification faite, le pari est tenu. À la pompe, sujet ô combien sensible, le SUV du Lion ne fait qu’une bouchée d’un Austral plus lourd et moins soutenu par l’électrification. Sur route, quand le 3008 se satisfait de 6,1 l/100 km, l’Austral réclame 7,3 l/100 km.

En moyenne, le SUV Renault avale un  litre de  plus  que son rival tous les 100  km, soit 7,6  contre 6,6  l/100  km. Afin d’enfoncer le clou, sachez qu’il est envisageable de descendre sous la barre des 6 l/100 km au volant du Peugeot, notamment en ville, en adoptant quelques gestes simples d’éco-conduite : relevé  de pied précoce pour recharger plus rapidement la batterie, accélération modérée en  relance afin  de  favoriser l’utilisation du couple du moteur électrique…

Hélas, cette technologie n’est pas bradée et le 3008, qui ne s’est jamais pris pour un autre, devient carrément hors de prix. En finition GT, certes le niveau le plus haut de la gamme, il s’affiche à 43 770  €.

Même s’il est moins exposé que son challenger au malus écologique, il exige tout de même plus de 47 000 € lorsqu’il est doté comme notre modèle d’essai. En face, l’Austral, même tout équipé et malgré son malus de 540 €, dépasse tout juste la barre des 42 000 €.

Il est cependant possible d’abaisser la facture du 3008 en optant pour une livrée inférieure. Mais, dans ce cas, l’équipement de série est beaucoup plus pauvre, et les rares options proposées ne permettent pas de le remettre au niveau du SUV Renault.

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