17/06/2024
ACTUALITENATIONAL

Processus de numérisation: L’indispensable accélération

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune a ordonné, lors de la réunion du Conseil des ministres qu’il a présidée avant-hier dimanche, l’accélération de la cadence du travail pour entamer la deuxième phase du processus de numérisation, indique un communiqué du Conseil des ministres. Si le Président a pris cette décision, c’est que selon des spécialistes, des réticences accrues sont constatées pour en empêcher l’exécution.

La numérisation est décisive dans le développement de notre pays, et les pouvoirs publics ont affirmé que le processus de numérisation devrait s’accélérer au cours des prochains mois au regard du plan d’action quinquennal mis en place.

A ce sujet, ces dernières années, l’accélération du processus de numérisation a été placée au sommet des priorités de l’Etat. Les premières retombées des projets mis en œuvre sont déjà perceptibles dans plusieurs secteurs clés du pays. En effet, indéniablement l’Algérie avance vers la dématérialisation totale des services publics. Et tous les membres du gouvernement activent en ce sens.

Aussi, un plan d’action a été établi. Ce plan d’action 2024-2029, en cours de concrétisation a pour objectif d’ «asseoir un nouveau modèle de gestion de l’administration et des instances publiques permettant d’améliorer la relation entre l’administration et le citoyen et de simplifier les procédures administratives en assurant des prestations rapides et de qualité ».

Le président de l’Observatoire national de la société civile, Noureddine Benbrahem, avait mis l’accent sur l’importance de ces plateformes numériques pour développer le mécanisme de partenariat et consacrer la culture numérique dans la société.

Si les pouvoirs publics affichent leurs déterminations, la numération tarde à réellement à se concrétiser, de par les lourdeurs administratives et parfois d’incompréhension ou de mauvaises interprétations des textes.

Ces réticences ont interpellé le Directeur de l’Ensi (Ecole nationale supérieure de l’informatique), pour qui, « il faudra lutter contre les résistances au processus de numérisation».

Pour ce responsable, « la numérisation est le bon chemin à prendre, car les pays qui ont réussi ont placé cette action au plus haut niveau de l’Etat ». Dans une déclaration à la radio, il a souligné que «tous les secteurs du pays sont concernés et tout le monde devra travailler, de manière coordonnée, dans le même sens pour réussir ce challenge »

A la question de savoir comment accélérer cette cadence et rattraper le retard accusé dans la numérisation de l’ensemble des secteurs, il a expliqué qu’« il ne s’agit pas d’une industrialisation où nous avons besoin de gros matériels. Le retard est rattrapable. Il faudra de la volonté, une feuille de route, une stratégie et laisser travailler ceux qui sont engagés dans ce processus».

Il faudra des personnes qui prennent à bras-le-corps ce genre de projet avec une ressource humaine qualifiée, car c’est la clé du succès. S’il y a un domaine qui devra être plus agile dans cette mutation, c’est bien la formation.

Aujourd’hui, il faut former pour les besoins du pays certes, mais faudra-t-il aussi former aux standards internationaux auxquels on est appelés à s’inscrire. Après, il faut un dialogue entre tous les partenaires de tous les secteurs pour identifier leurs besoins en formation et créer justement une synergie.

« Lutter contre la résistance »

Abordant la résistance qui risque de freiner le processus de numérisation en Algérie, ce responsable  estimé qu’«il faudra imposer une stratégie et une feuille de route. C’est très important, sinon chaque entité ira dans son sens. Du coup, il faut un chef d’orchestre qui mène le projet et coordonne les efforts (…) Je ne crois pas trop au choc générationnel, moi-même je suis âgé et je crois au numérique ! ».

La résistance au processus de numérisation est humaine et il faut lutter contre cette fermeté à vouloir travailler avec des méthodes révolues. Il faut convaincre et imposer de nouvelles méthodes.

Pour rappel, en Algérie, l’année 2023 a connu une accélération du processus de numérisation. Sous les ordres du chef de l’Etat, plusieurs secteurs clés ont été modernisés, notamment le domaine national, les impôts, les douanes, la santé, l’identité numérique.

En ce qui concerne l’éducation, plus de 46 plateformes numériques destinées à la formation et à la recherche ont été lancées par le ministère chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Dans le secteur du travail, de l’emploi et de la sécurité sociale, de nombreuses plateformes ont également été lancées avec pour objectif de réduire les délais de prise en charge des préoccupations des citoyens et de leur éviter les déplacements vers ces structures.

Pour veiller à l’exécution de tous ces projets, le chef de l’Etat a mis sur pied, en septembre, un Haut-commissariat à la numérisation  L’institution est chargée de concevoir la stratégie nationale de la numérisation et d’en assurer le suivi et la mise en œuvre.

Par Reda Hadi

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