Nouvelle feuille de route pour les Travaux publics
Dans une démarche stratégique de redynamisation du secteur des Travaux publics et des Infrastructures de base, le ministre Abdelkader Djellaoui a présidé une importante rencontre nationale réunissant les directeurs des Travaux publics des 58 wilayas, les cadres de l’administration centrale ainsi que les responsables des organismes sous tutelle. Cette s’est achevée sur une série de décisions structurantes. Ces mesures traduisent la volonté des pouvoirs publics de moderniser le secteur, d’améliorer la gouvernance et d’instaurer une culture de proximité avec le citoyen.

Au terme des échanges et des interventions, le rapporteur du comité chargé de la synthèse des recommandations a présenté une liste d’instructions concrètes, destinées à relancer la dynamique des chantiers, renforcer la gestion et accélérer la transformation numérique du ministère.
La première orientation majeure concerne le renforcement des mécanismes d’écoute et de communication. Une cellule d’écoute et d’orientation sera créée au niveau de l’Algérienne des Autoroutes (ADA) et des directions des travaux publics (DTP), avec pour mission d’interagir directement avec les citoyens à travers les réseaux sociaux.
Cette cellule aura pour objectif de recueillir les doléances, signaler les dysfonctionnements et suivre en temps réel les interventions sur le terrain. Cette mesure vise à instaurer un service public réactif, transparent et proche des usagers, en plaçant la communication au cœur de la gestion quotidienne des infrastructures routières.
Le ministère a également décidé de relancer les projets autoroutiers en retard, notamment dans les sections Est et Ouest du pays. Les directions locales ont reçu pour instruction de présenter des rapports périodiques sur l’état d’avancement des travaux et d’engager sans délai des opérations de maintenance urgente sur les axes stratégiques, en coordination avec les entreprises concernées.

Ces interventions seront financées ultérieurement, mais leur exécution immédiate permettra de garantir la fluidité du trafic et la sécurité des usagers, tout en améliorant la qualité du réseau national. La rencontre a également mis en avant la nécessité de former en continu les cadres et techniciens du secteur. Des programmes de formation renforcés seront élaborés en partenariat avec le Centre National d’Études (CNED) et le Contrôle Technique des Travaux Publics (CTTP).
Le ministère souhaite ainsi valoriser les compétences déjà formées, favoriser le transfert de savoir-faire et garantir une gestion professionnelle et durable. Les directions des travaux publics devront, pour leur part, exprimer clairement leurs besoins en formation, afin d’assurer un encadrement technique adapté aux nouveaux défis. L’amélioration de la gouvernance et de la gestion des projets constitue l’un des piliers de la nouvelle feuille de route. Chaque direction des travaux publics devra identifier les projets en difficulté, proposer des mesures correctives et élaborer un plan d’action pour 2026.
Le ministère encourage également la mutualisation des expériences entre institutions, notamment à travers la collaboration avec l’Agence Nationale d’Études et de Suivi de la Réalisation des Investissements Ferroviaires (ANESRIF). Les commissions de wilayas seront désormais plus impliquées dans la levée des obstacles administratifs et techniques, afin d’assurer la bonne exécution des investissements publics. Dans la continuité des réformes en cours, le ministère s’engage à accélérer la digitalisation du secteur. L’utilisation des systèmes numériques d’aide à la gestion et à la maintenance des routes sera généralisée à l’ensemble des structures locales.
Développées par le centre technique des travaux publics, ces plateformes permettront une gestion centralisée et transparente des projets, une meilleure planification des travaux et une supervision en temps réel des chantiers. De plus, toutes les données relatives aux marchés publics seront intégrées dans une base de données nationale, garantissant ainsi plus de transparence et de traçabilité dans la gestion administrative. De plus, une attention particulière sera portée aux wilayas du Sud, où plusieurs projets structurants connaissent des retards. Le ministère a insisté sur la nécessité de suivre de près le projet « Baledna » et d’en assurer la livraison dans les délais.
Les responsables du groupe GITRA seront convoqués pour expliquer les lenteurs constatées dans les projets de Timimoun et Bordj Badji Mokhtar, tandis que les contrats en retard à In Salah, Tindouf et Bordj Badji Mokhtar seront résiliés. Les autorités locales de Béchar sont également invitées à lancer des projets de protection contre les aléas climatiques, afin d’anticiper les risques liés aux conditions environnementales. En clôturant la rencontre, le ministre Abdelkader Djellaoui a appelé à une mobilisation collective autour des grandes priorités du secteur, à savoir l’amélioration de la gouvernance, l’efficacité opérationnelle, la transformation numérique et la valorisation du capital humain et rapprochement des citoyens de l’administration.
« La réussite de nos objectifs dépend de la présence sur le terrain, de la rigueur dans la gestion et de l’écoute permanente des citoyens», a conclu le ministre.
Par Réda Hadi
