17/06/2024
ACTUALITEANALYSE

Abderrahmane Hadef: «Le gouvernement doit accélérer la diversification de l’économie nationale»

Dans cet entretien, le consultant et expert en géoéconomie, Abderrahmane Hadef, a évoqué les dossiers économiques que le gouvernement devrait traiter d’une manière urgente et rapide au courant de 2024. Une année qui devrait celle de la concrétisation des réformes sur le terrain dans le but d’accélérer la diversification de l’économie nationale.

Des efforts ont été consentis en 2023 pour la dynamisation et relance de l’économie nationale. Des avancées certes ont été enregistrées dans plusieurs domaines, mais un grand travail reste encore à faire. Selon vous qui sont les dossiers économiques prioritaires pour le gouvernement en 2024 ?   

Le premier volet consiste en l’accélération de la diversification de notre économie. A ce sujet là, il est important aujourd’hui de disposer de tous les éléments et avoir une démarche d’intelligence économique pour pouvoir tracer et mettre en place les politiques sectorielles qu’il faut pour booster des secteurs qui doivent être la locomotive de cette diversification économique, je citerai bien évidement l’industrie qui le levier de la croissance et de diversification par excellence, l’agriculture, le secteur minier. Et bien évidement tous ce qui est économie numérique. Donc, il est à, mon sens il est plus important aujourd’hui d’avoir cette démarche d’intelligence économique pour pouvoir accélérer cette transformation économique dans notre pays.

Aussi, il y a un certains nombre de réformes à poursuivre et surtout à traduire afin d’avoir l’impact escompté dans le monde économique. Et là je parle sur la nécessité d’aller plus vite encore par rapport à toute la réforme du système bancaire et monétaire. Aussi, il est important de traduire également les nouvelles dispositions de loi monétaire et bancaire surtout en ce qui concerne la gouvernance de la banque d’Algérie et la généralisation des technologies numériques que se soit dans la gouvernance des banques avec les nouveaux services tels que les banques numériques et les prestataires de servies de paiement et de technologies financières (FINTECH).

Une nouvelle loi sur l’investissement est en vigueur depuis fin 2022. Depuis sa promulgation, plusieurs dossiers et projets sont enregistrés au niveau de l’AAPI. Ils sont en attente de concrétisation. Faute de non publication des textes d’application de la loi régissant le foncier économique. Selon vous, comment faire bouger les choses ? 

Dans le domaine de la ré-industrilisation et diversification par le levier industriel, il est plus important l’environnement de l’investissement va dans ce sens là. Il est important aujourd’hui de trouver la bonne solution pour tous ce qui est : promotion de l’investissement parce que aujourd’hui on parle de promotion de l’investissement comme nouvelle mission de l’Agence AAPI et ça devrait aller dans le sens de la facilitation, de l’accompagnement et aussi dans la promotion de l’image de l’économie et du pays en général. Il faut trouver une solution objectif à la problématique du foncier, donc il faut mettre les mécanismes qu’il faut au-delà de la gouvernance de ce foncier là, i faut mettre une nouvelle approche pour la création de zones industrielles et parcs industriels selon la vision de l’aménagement du territoire, surtout selon une vision de la création de pôles technologiques. Il faut que l’investissement joue son rôle comme moteur de relance économique. Donc, il est très important qu’on est cette démarche.

Depuis son arrivé au Palais d’El-Mouradia, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune a pris des mesures importantes pour lutter contre la bureaucratie, en ordonnant l’introduction de la  numérisation dans les différents secteurs. La réforme de l’Administration est-elle nécessaire ?  

C’est un dossier que le gouvernement doit s’attaquer en urgence. Et là, il est urgent de trouver les mécanismes et stratégies d’une réforme efficace du système administratif algérien pour qu’il soit un élément favorable à la relance et au projet de transfoirmation économique de l’Algérie.

A ce sujet, il est important de mettre en œuvre et en place de la stratégie de transfoirmation numérique qui est en chantier au niveau de haut Commissariat de la numérisation, mais aussi la mettre en œuvre pour essayer d’encadre et d’accélérer le processus de transformation numérique qui va, sans nul doute, apporter de l’efficacité, de la transparence et de la qualité dans le service public et ce qui est demandé aujourd’hui pour répondre et combattre le phénomène de la bureaucratie et essayer de moderniser notre administration.

Des efforts ont été également déployés sur le plan d’intégration et de coopération internationale et régionale. Quelle approche doit-on adopter pour préserver les intérêts de notre pays ?

Sur le plan de la coopération internationale et intégration de chaine de valeur mondiale et régionale, il devient plus qu’urgent de travailler sur une nouvelle approche surtout par rapport à des pôles économiques comme l’union européenne. Il est important de concevoir une nouvelle relation basée sur des concepts de coproduction. L’UE est plein ré-industrialisation, donc il est plus important de travailler avec eux pour essayer de définir des chaines de valeur communes et de travailler en co-localisation. Un élément très important pour la diversification de l’économie nationale, bien évidement avec une réorganisation et recomposition de la coopération avec l’UE.

Il est important d’aller de façon plus importante dans l’élan où sur la dimension africaine. Il est très important de travailler avec tous les acteurs concernés au niveau national et continental pour une réelle mise en œuvre de l’accord de zones de libre échange. Il est plus important de travailler avec les opérateurs économiques concernés par l’acte d’export pour une meilleure maitrise des dispositions de cet accord de libre échange et aussi mettre encore plus de mécanismes qui peuvent accompagner nos opérateurs, notamment dans les filières comme pharmaceutiques, l’électroniques, l’électroménagers, l’agroalimentaires. C’est des filières qui sont à mon sens près pour aller vers l’export. Aussi les services tous ce qui est ingénierie service numérique. Tout cela peut être exporté et participer et contribuer à l’amélioration des échanges intra-africains. Il est très important aujourd’hui d’avoir des démarches vers l’Union africaine mais avec des mécanismes bien précis et objectifs bien définis.

Propos recueillis Zahir R. 

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