Campagne labours-semailles des céréales: Les préparatifs déjà engagés pour la nouvelle saison
Alors que la campagne de moisson-battage 2025-2026 entre dans sa dernière phase, l’Algérie a déjà lancé les préparatifs de la prochaine saison céréalière. L’objectif est de capitaliser sur les performances enregistrées cette année, marquées par des niveaux de production qualifiés d’historiques dans plusieurs régions, tout en anticipant l’approvisionnement en semences et en engrais, le financement des exploitations et les opérations de labours et de semailles.
Cette démarche repose sur une meilleure anticipation du cycle agricole. Selon Boumediène Amrani, directeur central à l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC), un « guichet unique » a été mis en place dès le mois de juillet afin d’accompagner les agriculteurs dans la préparation de la campagne d’automne.
« L’objectif est d’anticiper la prochaine campagne et de permettre aux agriculteurs de disposer, dans les délais, des moyens nécessaires », a expliqué le responsable lors de son intervention à la télévision algérienne, soulignant l’importance de faciliter l’accès aux semences, aux engrais et au financement. Dans ce cadre, le crédit R’fig, un financement sans intérêts, est mobilisé pour soutenir l’acquisition des intrants. Les banques, les assurances et les coopératives agricoles participent également à ce dispositif.
Cette préparation intervient alors que les opérations de collecte se poursuivent. Dans les régions du Sud, notamment à Adrar et El Meniaa, la moisson avait débuté dès la fin du mois d’avril. L’extension des superficies agricoles a nécessité une importante mobilisation de moyens, avec le déploiement de moissonneuses-batteuses, de camions et de main-d’œuvre. Dans le Nord, les conditions climatiques ont particulièrement favorisé la campagne.
Une pluviométrie importante et bien répartie a permis aux agriculteurs de respecter les différentes étapes de l’itinéraire technique, depuis les labours jusqu’à la fertilisation et aux traitements. « Nous avons enregistré des niveaux de production historiques, qui n’avaient pas été atteints depuis l’indépendance », a indiqué Boumediène Amrani, mettant en avant l’impact des conditions climatiques et des efforts consentis par les agriculteurs.
Cette hausse de la production a également rendu nécessaire l’adaptation du dispositif de collecte. L’OAIC a ainsi prolongé jusqu’au 30 septembre la période de réception des récoltes afin de permettre aux producteurs d’acheminer leur production dans de bonnes conditions. Vingt nouveaux centres de stockage de proximité ont également été mis en service dans le Sud, notamment à Adrar et Timimoun. « Ces centres permettent de rapprocher les capacités de stockage des agriculteurs et de réduire les distances de transport », a précisé le responsable de l’OAIC. Le programme prévoit la réalisation de 350 centres de proximité à l’échelle nationale, auxquels s’ajouteront, à l’horizon 2027, de grandes infrastructures de stockage dont les capacités dépasseront un million de quintaux.
La préparation de la prochaine campagne passe également par la modernisation des moyens de production. Une nouvelle société relevant du groupe Agrodiv doit contribuer au renforcement des capacités de mécanisation aux côtés de l’OAIC. Parallèlement, l’acquisition de 20 stations de purification et de traitement des semences dotées de technologies de tri optique est en cours. Ces équipements doivent améliorer la qualité des semences et contribuer à l’augmentation des rendements. La numérisation constitue un autre levier de modernisation.
Depuis 2020, l’OAIC dispose d’un système d’information centralisé permettant notamment d’assurer le suivi des agriculteurs, des semences et de la cartographie des récoltes. L’Office entend également s’appuyer davantage sur les solutions développées par les startups pour améliorer le suivi de la filière. L’un des principaux acquis mis en avant pour la prochaine campagne concerne enfin les semences. Selon Boumediène Amrani, l’Algérie a atteint l’autosuffisance pour les semences de blé dur, de blé tendre et d’orge, permettant ainsi de mettre fin aux importations dans ces catégories.
Cette évolution devrait faciliter l’approvisionnement des agriculteurs au moment du lancement de la prochaine campagne. « Nous disposons aujourd’hui des capacités nécessaires pour assurer l’approvisionnement en semences des principales cultures céréalières », a souligné le responsable.
Par Selma R.
