17/08/2026
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Médicaments anticancéreux et vaccins: Deux projets stratégiques à concrétiser avant fin 2027

Le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, a donné de nouvelles instructions pour accélérer la réalisation de deux projets considérés comme prioritaires : l’un consacré à la production de médicaments anticancéreux à Constantine et l’autre dédié à la fabrication de vaccins à Annaba.

Réunis dimanche à Alger au siège du ministère, des cadres de Saidal ainsi que des représentants des sociétés étrangères impliquées dans ces opérations ont présenté des exposés techniques sur l’état d’avancement des différents chantiers. Le ministre a insisté sur la nécessité de lever rapidement les éventuelles contraintes techniques et administratives et de veiller au strict respect du calendrier de réalisation. L’objectif fixé est clair : permettre l’entrée en exploitation des deux projets avant la fin du quatrième trimestre 2027. Pour le département de l’Industrie pharmaceutique, ces investissements doivent contribuer à élargir significativement l’offre locale, particulièrement dans des segments stratégiques où l’Algérie cherche à réduire sa dépendance aux importations.

Le projet de Constantine consacré aux médicaments anticancéreux constitue ainsi un maillon important de la stratégie de développement de l’oncologie pharmaceutique. Le groupe Saidal dispose déjà d’une expérience dans ce domaine et participe au renforcement du tissu industriel national. En mai dernier, le ministère avait indiqué que 15 établissements pharmaceutiques étaient agréés pour produire des médicaments destinés au traitement du cancer, dont 11 étaient déjà en exploitation, avec 172 médicaments produits localement pour cette thérapeutique.

À Annaba, le projet de production de vaccins, lancé dans la zone industrielle d’El-Bouni, vise notamment les vaccins inscrits au programme national de vaccination. Sa réalisation doit permettre de réduire progressivement les importations et de consolider la sécurité sanitaire. Selon les estimations communiquées lors du lancement du projet, l’ensemble des nouvelles capacités de production de vaccins pourrait contribuer à réduire la facture d’importation d’au moins 150 millions de dollars par an, avec un potentiel pouvant atteindre 200 millions de dollars à mesure de l’extension des capacités.

Ces deux chantiers s’inscrivent dans un programme plus large de modernisation et de diversification de Saidal. Le groupe poursuit notamment le développement de son Centre de recherche, de développement et d’innovation, dont les laboratoires doivent soutenir la mise au point de nouveaux produits. Le centre de recherche et développement de Sidi Abdallah est actuellement en cours d’équipement.

Le volet vaccinal est également appelé à s’appuyer sur un projet de centre national spécialisé dans la recherche en virologie. Annoncé à Mostaganem, ce centre doit contribuer au développement de la recherche et de la fabrication de vaccins, tandis que Saidal est appelé à assurer la production des médicaments et produits issus de cette activité.

Parallèlement, le groupe multiplie les partenariats technologiques. Un accord conclu en avril 2026 avec les sociétés indiennes Oncosimis et Fabtech Technologies prévoit ainsi un transfert de technologie destiné à produire en Algérie des vaccins innovants. Saidal a également signé, en février, un protocole avec Sanofi pour le développement et la production de vaccins à usage humain.

Dans le domaine de l’oncologie, un projet de production de matières premières destinées aux médicaments anticancéreux est également en cours à Sétif. Cette unité, conçue pour produire jusqu’à 5.000 kg de matières premières par an, doit contribuer à renforcer l’intégration industrielle de la filière.

À cela s’ajoutent les investissements dans les produits vétérinaires à Mostaganem, avec une unité annoncée pour une capacité de 175 tonnes par an, ainsi que le développement de nouvelles capacités dans les diagnostics et les réactifs biochimiques.

À travers l’ensemble de ces projets, Saidal entend donc dépasser progressivement son rôle traditionnel de producteur de médicaments génériques pour se positionner sur des segments à forte valeur ajoutée : oncologie, vaccins, biotechnologies, matières premières, diagnostics et produits innovants. Pour le ministère, l’enjeu dépasse la seule augmentation des capacités industrielles. Il s’agit de construire une base pharmaceutique davantage intégrée, capable de sécuriser l’approvisionnement du marché national, de réduire la facture d’importation et, à terme, de soutenir le développement des exportations pharmaceutiques algériennes.

Par Réda Hadi

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