20/04/2026
ACTUALITENATIONAL

Commerce intérieur: Un nouveau marché de gros en préparation

Le projet de réalisation d’un nouveau marché de gros des produits alimentaires à Alger franchit une nouvelle étape, dans un contexte marqué par la volonté des pouvoirs publics de moderniser les circuits de distribution et de renforcer la régulation du marché national. La ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national, Amel Abdellatif, a confirmé, jeudi, que son département poursuivait activement les démarches nécessaires pour concrétiser cette infrastructure stratégique dans les meilleurs délais.

S’exprimant lors d’une séance plénière du Conseil de la nation consacrée aux questions orales, présidée par le vice-président de l’institution, Omar Khemayas, en présence de la ministre des Relations avec le Parlement, Nadjiba Djilali, la responsable du secteur a mis en avant une approche participative mobilisant l’ensemble des acteurs concernés. L’objectif est de parvenir à une solution à la fois foncière et technique permettant de lancer effectivement ce projet attendu de longue date. Selon la ministre, la création de ce nouveau marché de gros s’inscrit dans une vision globale de réorganisation des circuits commerciaux.

Il ne s’agit pas seulement d’un projet d’infrastructure, mais d’un levier stratégique visant à structurer durablement le système national de distribution. En ce sens, le futur espace devra répondre aux normes juridiques, techniques, sanitaires et sécuritaires en vigueur, tout en intégrant des mécanismes modernes de facturation et de suivi financier.

Dans cette perspective, une assiette foncière a été identifiée dans la commune de Birtouta, au sud d’Alger. Toutefois, le lancement du projet reste conditionné par le règlement d’un obstacle administratif majeur, lié au déclassement du terrain de sa vocation agricole. Ce point constitue actuellement un frein à l’avancement du dossier, malgré les efforts engagés pour accélérer les procédures. Au-delà de la question foncière, la ministre a insisté sur la dimension stratégique de l’organisation des marchés de gros, considérée comme un pilier de la réforme du commerce intérieur.

Une telle infrastructure est appelée à jouer un rôle déterminant dans la lutte contre l’économie informelle, phénomène persistant qui perturbe les mécanismes de régulation des prix et de traçabilité des produits. Elle contribuera également à renforcer la sécurité alimentaire, en assurant une meilleure circulation des denrées et une transparence accrue dans les transactions.

Par ailleurs, la question des coûts de transport vers les wilayas du Sud a été abordée lors de cette séance parlementaire. Sur ce point, Amel Abdellatif a indiqué que son département travaillait à l’élaboration d’un nouveau système de compensation, basé sur une approche réformatrice intégrée. Cette démarche vise à concilier efficacité économique et transparence dans la gestion des ressources publiques. La nouvelle formule envisagée repose sur une étude technique approfondie prenant en compte plusieurs paramètres, notamment les distances réelles, les contraintes liées aux infrastructures et les coûts effectifs du transport. Une telle révision devrait permettre d’optimiser les mécanismes de soutien et d’assurer une meilleure équité entre les différentes régions du pays, en particulier les zones éloignées.

Concernant l’approvisionnement des marchés, la ministre s’est voulue rassurante. Elle a affirmé que les wilayas du Sud connaissent actuellement une stabilité notable en matière de disponibilité des produits de base. Cette situation est le résultat des dispositifs de suivi mis en place par les directions locales du commerce, qui veillent à anticiper les besoins et à prévenir toute perturbation.

Dans le même sillage, la protection du consommateur demeure une priorité pour le secteur. Amel Abdellatif a souligné que des efforts soutenus sont déployés pour moderniser le système de contrôle, en s’appuyant sur des compétences scientifiques et une meilleure coordination institutionnelle. L’objectif est de garantir la qualité des produits mis sur le marché et de préserver la sécurité sanitaire des citoyens.

Ce dispositif de contrôle est appelé à évoluer pour s’adapter aux transformations du commerce, notamment avec l’essor du numérique. La ministre a ainsi mis en lumière la nécessité d’étendre les mécanismes de surveillance aux transactions électroniques et aux plateformes de vente en ligne. Le secteur s’oriente vers une intensification du contrôle dans l’espace virtuel, afin de détecter les pratiques frauduleuses et d’assurer le respect des règles commerciales.

En définitive, le projet de nouveau marché de gros à Alger apparaît comme une pièce maîtresse dans la stratégie de modernisation du commerce intérieur. En conjuguant infrastructures adaptées, régulation renforcée et outils numériques, les autorités ambitionnent de poser les bases d’un marché plus transparent, plus structuré et mieux à même de répondre aux défis économiques actuels.

Par Réda Hadi

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